Le mois d’AVRIL de Reporterre

Chaque mois, POUR vous présente une sélection d’articles du magazine écologiste en ligne français Reporterre.net.
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 ARTICLE 1 

« C’est une aberration » : pour les besoins de l’IA, les data centers veulent tourner au gaz fossile

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Les constructeurs des centres de données géants, nécessaires au développement de l’intelligence artificielle, demandent à être raccordés au réseau de gaz français. « Aberrant », selon GRDF. Et écologiquement catastrophique.

Des centres de données branchés sur le réseau de gaz ? En France, ce scénario pourrait paraître absurde : l’électricité y est disponible en abondance. Pourtant, des entreprises portant ces projets de data centers, des usines abritant des serveurs informatiques nécessaires au fonctionnement de l’intelligence artificielle, envisagent bel et bien de se tourner vers cette énergie fossile pour gagner du temps. Et émettre au passage des millions de tonnes de CO₂ dans l’atmosphère.

C’est la directrice du réseau français de distribution de gaz (GRDF), Laurence Poirier-Dietz, qui l’a partagé à une poignée de journalistes le 1ᵉʳ avril. « Nous sommes régulièrement sollicités par des opérateurs de data centers. Ils viennent vers nous pour explorer des solutions de raccordement au réseau gazier. Parce que les délais annoncés sur le réseau électrique — parfois cinq à sept ans — ne sont pas compatibles avec leurs calendriers. Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. »

La responsable ne parle pas ici d’une alimentation ponctuelle, pour faire du gaz une énergie de secours en cas de coupure d’électricité, comme c’est envisagé par de nombreux centres de données, mais bel et bien d’un fonctionnement en continu grâce au gaz. Une gabegie climatique et une absurdité énergétique, quand on sait que les centres de données nouvelle génération ont une consommation électrique équivalente à celle de grandes métropoles.

 

 ARTICLE 2 

Canal Seine-Nord : pourquoi le projet ne tient plus qu’à un fil

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Le creusement d’un gigantesque canal dans le nord de la France pourrait être prochainement abandonné en raison de son coût et d’une utilité contestable. Il ne tient plus qu’à l’acharnement d’une poignée d’élus nordistes.

Aussi gigantesque qu’inutile, le canal Seine-Nord ? Ces dernières semaines, le projet fluvial pharaonique, qui doit remuer 74 millions de m3 de terre dans le nord de la France, essuie un feu nourri de critiques menaçant à moyen terme sa survie. Que ce soient les fonctionnaires de la Cour des comptes, jeudi 9 avril, le très sérieux Conseil d’orientation des infrastructures (COI), le 8 avril, l’Autorité environnementale et le Secrétariat général pour l’investissement un peu plus tôt : quatre institutions viennent d’émettre coup sur coup, à mots certes feutrés, de sévères réserves sur ce nouveau canal de 107 kilomètres, qui doit être creusé en parallèle de l’actuel canal du Nord.

Les experts de ces différents organismes voient deux principaux problèmes : la « dérive des coûts » du projet, selon les mots de la Cour des comptes, et des gros doutes sur son utilité. Ils vont ainsi dans le sens des opposants, qui tentent de faire grossir la mobilisation contre le « mégacanal » depuis 2023 et les premiers mouvements des tractopelles au nord de Compiègne (Oise).

Aucun rapport ne réclame explicitement l’abandon du projet, mais tous soulignent un hiatus de plus en plus criant entre les moyens financiers colossaux qui lui seraient consacrés et le manque de crédits publics pour sauver les lignes ferroviaires et le réseau fluvial existant.

Publication partielle autorisée par Reporterre.net.