La décision de la CIJ et l’avenir du droit de grève

Enquêtes ouvrières – 52

Le 21 mai 2026, la Cour internationale de Justice — la plus haute instance judiciaire des Nations Unies — a rendu un avis consultatif sur la question de savoir si la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale protège le droit de grève. La réponse de la Cour a été sans ambiguïté : oui, elle le protège.

Cette décision a été précédée d’un long différend au sein de l’OIT entre les groupes des travailleurs et des employeurs. Depuis les années 1990, les deux parties étaient en désaccord sur la manière dont le droit de grève devait être interprété par les mécanismes de contrôle de l’OIT — en particulier la Commission d’experts et la Commission de la liberté syndicale — et, en 2012, une action perturbatrice menée par le groupe des employeurs a effectivement paralysé une partie de ce travail de contrôle. À titre de compromis, il a été convenu dès 2015 que le droit de grève ne serait pas soumis au Comité de l’application des normes lors de la Conférence internationale du travail. Bien que la Constitution de l’OIT ait dès le départ autorisé le recours à la Cour internationale de justice pour obtenir une interprétation faisant autorité, le groupe des employeurs a bloqué toute initiative en ce sens au sein du Conseil d’administration pendant de nombreuses années. Ce n’est qu’en novembre 2023 que le groupe des travailleurs, avec le soutien d’une majorité de gouvernements, a pu obtenir une demande d’avis de la Cour.