Le mois de JUIN de Reporterre

Chaque mois, POUR vous présente une sélection d’articles du magazine écologiste en ligne français Reporterre.net.
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 ARTICLE 1 

« Le WWF est né du racisme, du colonialisme et du capitalisme »

 

Le WWF, dont la présidente a été poussée à la démission pour sa présence à une marche antiraciste, a des fondements colonialistes toujours d’actualité, rappelle l’historien Guillaume Blanc. Liens avec des multinationales, « colonialisme vert »… « C’est impossible pour le WWF de s’impliquer dans la lutte antiraciste. »

Un claquement de porte aux lourdes répercussions. Le 28 mai, acculée au départ par son conseil d’administration, Alexandra Palt a annoncé démissionner de la présidence du WWF France, le Fonds mondial pour la nature. En cause ? Sa participation, le 4 avril à Saint-Denis, à une manifestation antiraciste. Une lutte que refuse de porter l’organisation au petit panda.

Historien français, professeur à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, Guillaume Blanc analyse pour Reporterre cette séquence inattendue. Auteur de la bande dessinée Les Sacrifiés du paradis (éd. Delcourt, mars 2026), il enquête depuis dix ans sur les politiques menées en Afrique par différents organismes internationaux, dont le WWF. Une institution « née du racisme, du colonialisme et du capitalisme », défend-il dans cet entretien.

 

Reporterre — La démission d’Alexandra Palt est-elle étonnante ?

Guillaume Blanc — Elle m’a beaucoup surprise parce qu’Alexandra Palt, rappelons-le, vient de L’Oréal. Elle a été à la direction de ce géant des produits cosmétiques. Autrement dit, elle est une figure typique de l’écologisme dominant. Celui des grandes institutions qui travaillent main dans la main avec les firmes multinationales plutôt que de les combattre. Un écologisme où ceux qui détruisent sont aussi ceux qui protègent. Alors oui, j’ai été surpris d’entendre cette dirigeante démissionner au nom de valeurs humanistes.

 

 ARTICLE 2 

IA : « Les entreprises de la tech méprisent la société civile »

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L’emprise croissante de l’intelligence artificielle générative va renforcer l’influence des géants de la tech et aggraver l’usage d’énergies fossiles, préviennent deux voix du numérique éthique, dans un livre en forme d’alerte.

L’essor de l’intelligence artificielle générative risque de renforcer le pouvoir sur nos vies d’une poignée d’entrepreneurs « technofascistes » alertent Lou Welgryn et Théo Alves Da Costa, spécialistes de l’informatique et animateurs de l’association Data for good. Il et elle publient IA : le grand enfumage, qui fait l’état des lieux de ce basculement technologique. Les besoins des gigantesques centres de données, construits pour faire fonctionner ces algorithmes de nouvelle génération, relancent la course aux énergies fossiles, avertissent-ils.

Le duo montre l’importance de faire émerger une résistance coordonnée, citoyenne, syndicale et politique dans le moment d’acculturation mouvant et ambivalent que nous traversons. Plusieurs points de bascule s’opèrent actuellement, dans des sens contraires, observe Théo Alves Da Costa, ingénieur dans l’IA et président de l’association (sa co-autrice, Lou Welgryn, était indisponible pour participer à cet entretien).

Reporterre — Qu’est-ce qui vous a conduit à formuler une critique aussi vive sur l’essor de l’IA ?

Théo Alves Da Costa — Il y a un an et demi, lors du sommet sur l’IA organisé en France, pour lequel nous nous étions investis, nous avons réalisé avec effarement qu’il n’y avait quasiment aucune mobilisation citoyenne sur l’impact environnemental de cette industrie. Nous avons aussi mesuré le mépris des entreprises de la tech envers la société civile. Ce fut un électrochoc pour toutes les associations engagées sur ce thème.

Publication partielle autorisée par Reporterre.net.