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Lors des élections de 2025 (dans un contexte de polarisation entre conservateurs et libéraux, où le parti conservateur mais également le parti libéral dans une moindre mesure ont soit radicalisé pour les conservateurs soit développé pour les libéraux, avec des nuances diverses, un discours antiimmigration, et où ces partis ont adopté des approches communicationnellesplus populistes), certaines bases du NPD (soit pour éviter l’arrivée au pouvoir du parti conservateur soit autant voter pour l’original que pour la copie), ont glissé vers le parti libéral, des mouvements étant également observés vers le parti conservateur dans des quartiers populaires et ouvriers. Les motifs invoqués pour expliquer les pertes de voix du NPD sont une campagne trop centrée sur le président du NPD et sa personnalité (celui-ci n’ayant pas été réélu dans sa circonscription), une communication trop moralisatrice ou trop académique échouant à prendre en considération les questions de l’accessibilité et les besoins de sécurité économiques des classes moyennes et populaires, une campagne centrée sur la défense des bastions urbains du NPD (lors des élections fédérales du 28 avril 2025, le NPD a par ailleurs perdu ses bastions urbains de l’Ontario, avec un score divisé par 3 par rapport à 2021et un score moindre que lors des élections provinciales de février 2025 en Ontario, et de l’Ouest canadien au profit des partis libéral et conservateur, notamment la perte de 10 sièges sur 13 en Colombie Britannique), la perte des appuis dans les bases traditionnelles, les progressistes urbains ayant migré vers les libéraux et certains secteurs ouvriers vers les conservateurs. Depuis de nombreuses années, le NPD n’est plus considéré que comme un parti anglophone (dans un pays où les électeurs francophones représentent 6,4 millions d’électeurs inscrits sur 28,5 millions d’électeurs), par ailleurs malgré son discours officiel, parfois désinvesti partiellement ces dernières années des luttes des mouvements sociaux et des luttes syndicales et absents de ces luttes au Québec, développant un tournant centriste de plus en plus appuyé et une stratégie politique fédérale essentiellement parlementaire et fondée sur un “bon” programme et une “bonne” stratégie de communication avec un “bon” porte parole, les liens s’étant distendus avec certaines de ses bases électorales. Le NPD dirige 2 provinces anglophones (Colombie Britannique, la porte pacifique du Canada, et Manitoba), constitue l’opposition officielle, dans 5 provinces anglophones (Alberta, Ontario, Yukon, Nouvelle Ecosse et Saskatchewan), est faiblement présent dans une province (2 représentants sur 40, Terre Neuve et Labrador) et est absent des conseils provinciaux dans 3 provinces (Québec, Nouveau Brunswick, Prince Edouard), les prochaines élections provinciales ayant lieu en 2026 (Québec), 2027 et 2028 (provinces anglophones). Aucune force politique organisée “à gauche” n’existe au Canada, le parti vert canadien (1 seul siège fédéral) captant aux dernières élections fédérales de 2025 environ 239000 voix et ayant perdu également la moitié de son électorat.
■A l’occasion des élections pour le nouveau porte parole et président du NPD la période de vote s’étendant du 9 mars au 29 mars 2026 (5 candidats anglophones se présentant dont 2 représentant les sensibilités de gauche et un candidat agriculteur et écologiste), POUR Press vous offre A LIRE, en pleine page ou en plein écran, une interview de Ian Mac Kay, historien canadien, spécialiste des gauches canadiennes, sur le potentiel radical du NPD, devenu inexploré et inutilisé notamment depuis son tournant centriste.
■En lien,
● Tout d’abord, 2 articles sur l’évolution centriste du NPD et ses conséquences, articles provenant de la sphère politique anglophone du Canada.
● Ensuite, les interviews des 2 candidats représentant l’aile gauche du NPD et critiques par rapport au tournant centriste de la direction démissionnaire, Avi Lewis par Luke Savage (journaliste, publie sur Jacobin, Washington Post, Toronto Star et New Statesman et anime un blog sur Substack) et Rob Ashton par David Moscrop (commentateur politique et animateur du podcast politique canadien Open to Debate), et sur les lignes et propositions qu’ils entendent développer.
■POUR Press remercie The Breach Média, Canadian Dimension, Jacobin USA et Presse-toi à Gauche ! (Canada), qui fête ce 7 mars 2026 ses 20 ans sous forme d’un site web sans édition papier, pour leurs articles et traductions. Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 28 février 2026.
L’historien Ian McKay discute du défi du NPD face au libéralisme canadien et à sa propre dérive centriste, et de ce qu’il pourrait faire pour saisir son potentiel transformateur
5 septembre 2025 | tiré du site The Breach media
La course à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) a officiellement été lancée cette semaine. Après avoir subi une défaite écrasante aux élections d’avril, le NPD a perdu son statut de parti et a été réduit à seulement sept député·e·s, son chef Jagmeet Singh démissionnant immédiatement.
Quelle est la prochaine étape pour le parti ? Quelles leçons son histoire offre-t-elle ? Sa dérive centriste des dernières décennies est-elle irréversible ? Ou bien possède-t-il, comme l’avance l’historien Ian McKay, une « possibilité radicale » encore non réalisée ?
D’ici la fin mars 2026, lorsque la course à la direction se conclura, nous aurons peut-être quelques réponses.
McKay, professeur émérite à l’Université McMaster, est l’un des historiens de gauche les plus incisifs du Canada. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Rebels, Reds, Radicals : Rethinking Canada’s Left History, Radical Ambition : The New Left in Toronto, et Warrior Nation : Rebranding Canada in an Age of Anxiety.
Martin Lukacs s’est entretenu avec McKay pour The Breach Show, et l’entrevue a été complétée par une correspondance par courriel.
