Jean-Claude Garot, un des fondateurs du journal POUR en 1973, est décédé le 1 mai 2026 à l’âge de 85 ans.

POUR Press et le Comité de rédaction du journal POUR présentent leurs condoléances à ses proches, sa compagne et sa fille.
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Si Jean-Claude Garot eut de nombreuses vies, notamment certaines années et à certains moments celles d’un militant de gauche radicale, vies sur lesquelles il ne nous appartient pas de revenir, le journal POUR a également eu de nombreuses vies successives, qu’il nous appartient aujourd’hui par souci de clarté de rappeler et de préciser.
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La première vie du journal POUR commence avec sa fondation en 1973, notamment par Jean-Claude Garot, également d’autres, et avec la fondation, notamment au travers des Collectifs POUR, de  l’organisation de gauche radicale Pour Le Socialisme, dont le journal POUR est présenté officiellement et publiquement à partir de 1979 comme le journal de masse. Après plusieurs mois de débats, pour des motifs de divergences de projets et de stratégies politiques, de projets et de stratégies rédactionnelles et  journalistiques mais également portant sur la gestion financière, la séparation intervient officiellement et publiquement en décembre 1980 entre l’organisation Pour le Socialisme (dont des dirigeants, cadres, militants, adhérents et sympathisants assuraient également, soit par leur travail gratuit le week-end via les travaux d’impression de journaux tiers notamment sportifs ou soit via des prêts, le financement des activités du journal  POUR, organisation Pour le Socialisme qui s’autodissoudra en 1984) et une partie de l’équipe bruxelloise de rédaction du journal POUR, certains non membres de l’organisation Pour le Socialisme, réunie autour de Jean-Claude Garot (ce dernier, un des dirigeants de l’organisation Pour le Socialisme, et également le propriétaire juridique en droit des moyens de production via la société Offpress dont il était actionnaire avec sa mère et sa soeur, dont les rotatives, les autres outils d’impression  et les tables de montage étaient  installées dans les locaux de la rue de la Concorde à Ixelles).
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Commence la seconde vie du journal POUR, Jean-Claude Garot en étant le rédacteur en chef. Cette seconde vie, dont l’ambition était de produire et publier un quotidien de gauche professionnalisé en Belgique francophone, non lié à un parti de gauche ou un courant politique de gauche tels que ceux-ci existaient à cette époque, se clôture en 1982, suite tout d’abord à l’attentat à la bombe et l’incendie criminel des locaux de POUR dans la nuit du 4 au 5 juillet 1981 (qui détruisirent archives, liste des abonnés, matériel de montage et d’impression, les bureaux étant détruits) et ensuite aux difficultés financières.
Suite à l’attentat à la bombe et à l’incendie criminel, une instruction judiciaire fut ouverte à Bruxelles et confiée au juge d’instruction De Biseau d’ Hauteville. L’enquête a permis rapidement d’identifier une implication de militants d’extrême-droite liés au Front de la Jeunesse (FJ, dissous en 1983 après avoir été condamné comme milice privée) et à la milice néo-nazie Westland New Post (WNP, dissous en 1984 après la mort suspecte de son fondateur), qui reprochaient au média ses investigations et ses révélations sur les réseaux d’extrême-droite en Belgique.(ces dernières effectuées pour l’essentiel lorsque POUR était le journal de masse de l’organisation Pour le Socialisme). Le procès pénal s’est tenu en mai et juin 1982 à Bruxelles devant une chambre pénale à juge unique et aboutit aux condamnations de 3 des 4 prévenus, le quatrième étant acquitté au bénéfice du doute. Si les exécutants directs furent démasqués et condamnés, de nombreuses ramifications restèrent inexplorées comme le mirent en évidence divers rapports de commissions  parlementaires, notamment le fait que les commanditaires politiques et financiers n’ont jamais été recherchés, également le rôle éventuel d’un groupe de motards anversois (du VMO, dissous en 1983 après avoir été condamné comme milice privée) soupçonnés d’avoir prêté main forte aux incendiaires.
L’affaire de l’incendie de POUR a, par la suite, été croisée avec les divers dossiers, notamment de grande criminalité mais aussi de grandes fraudes financières et fiscales, des dysfonctionnements de l’Etat belge dans les années 1980 (dysfonctionnements  persistant par ailleurs ultérieurement comme le mirent en évidence d’autres commissions parlementaires et leurs rapports).
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La 3ème vie du journal POUR fut celle d’un long sommeil entre 1982 et 2017.
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La 4ème vie du journal POUR commence par la création début 2017 par Jean-Claude Garot et d’autres coopérateurs de la société coopérative Pour écrire la liberté, autour d’un site internet, POUR,  publiant articles, vidéos et podcasts ainsi que la publication de divers journaux papier POUR sur des thématiques d’intervention, mis en vente en librairie, parfois également distribués.
Internet et l’informatique étant passés par là, il n’est plus besoin, depuis de nombreuses années, de disposer de rotatives pour disposer de l’infrastructure technique pour opérer un (modeste) organe de presse.
Courant  2019, une séparation intervient entre :
– d’un côté la très large majorité des coopérateurs, des administrateurs, des membres du comité de rédaction et des chroniqueurs permanents
– et de l’autre côté, Jean-Claude Garot et une minorité des administrateurs et coopérateurs,
et ce pour des motifs de gestion financière, la SC Pour écrire la liberté étant en pertes financières importantes, et de prélèvements personnels non comptabilisés de Jean-Claude Garot. On peut se référer en la matière aux procès verbaux des assemblées générales de la SC Pour écrire la liberté annexés aux comptes annuels de la société, tels que publiés et publics sur le site de la Banque Centrale des Entreprises.
Une procédure de réorganisation judiciaire s’en suivra, le plan soumis aux créanciers étant approuvé à l’unanimité le 21 mai 2021, le remboursement étalé des dettes réduites se terminant en 2026.
Les statuts de la société coopérative Pour écrire la liberté, par ailleurs publics sur le site de la BCE,  sont revus en 2020, notamment n’accordant à chaque coopérateur qu’une voix quel que soit son nombre de parts, et de nouveaux administrateurs désignés en 2020, y compris pour la gestion quotidienne.
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Sans Jean-Claude Garot, la 5ème vie du journal POUR commence donc en 2021, POUR Press étant associé et partenaire de l’Agence de presse Pressenza, des accords de publication intégrale ou de reprise d’articles étant conclus, quelques nouveaux chroniqueurs rejoignant le journal POUR, au travers d’un site publiant articles et vidéos et au travers des Rencontres de POUR organisées depuis 2021 et publiées sous forme de vidéos sur le site de POUR.
POUR Press édite une lettre mensuelle reprenant articles et vidéos et envoyée à plusieurs milliers de destinataires et publie certains  articles et des extraits de certaines vidéos sur le Facebook POUR Press, lequel compte plus de 200.000 followers.
La coopérative Pour écrire la liberté est une coopérative d’édition ayant pour objectif de contribuer à l’édification d’une société démocratique, libre,  juste, solidaire et durable, le journal POUR étant un journal dont le lectorat francophone se répartit sur tous les continents.
Le journal POUR, les Rencontres et le site sont animés par une équipe de volontaires non rémunérés, POUR Press ne recevant aucun subside si des dons de particuliers sont reçus, n’employant aucun salarié et ne rémunérant aucun chroniqueur.
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Victor Serge,
chroniqueur POUR Press, pour le Comité de Rédaction de POUR, 18 mai 2026.