Réduction des pesticides : une approche systémique est nécessaire

Grand Angle

La réduction des pesticides ne repose pas sur une nouvelle molécule ou une machine « miracle » mais sur la combinaison et l’addition de leviers ajustés à l’échelle de la ferme.

C’est le message d’une note rédigée par @Regenacterre, la @FWA et l’équipe @Sytra – et co-signée par @Canopea et d’autres organisations – et remise ce mercredi à la ministre @Anne-Catherine Dalcq et au ministre @Yves Coppieters.

 

Que rappelle cette note?

Que l’agriculture wallonne reste dépendante des pesticides – en 15 ans, les quantités de pesticides utilisées n’ont pas diminué – alors même que la lutte intégrée est obligatoire depuis 2014.

Qu’il est fondamental de passer d’une approche curative – qui maintient l’agriculture en situation de dépendance vis-à-vis des intrants externes – à une approche préventive – qui va renforcer la biodiversité et les services qu’elle fournit à l’agriculture.

Dans cette approche, l’utilisation des pesticides intervient en dernier recours, après avoir mobilisé une large gamme d’outils déjà disponibles au niveau des exploitations. Cette logique de « gestion intégrée » peut se décomposer en 4 grandes étapes:

1️⃣ Réduire la pression – en augmentant la diversité à tous les niveaux (temporellement, en diversifiant les rotations ; spatialement, en mélangeant les espèces et les variétés au sein des cultures et en développant le maillage écologique – réduction de la taille des parcelles, haies, bandes fleuries…)

2️⃣ Réduire la sensibilité – en augmentant la robustesse (prendre soin du sol au maximum, travailler avec les variétés les plus tolérantes, renforcer les capacités naturelles, renforcer les capacités de défense naturelle des végétaux)

3️⃣ Décider au mieux – à travers l’observation et le suivi (se baser sur l’observation des parcelles plutôt que sur des traitements systématiques, s’appuyer sur les systèmes d’avertissements et les outils d’aides à la décision, renforcer sa prise de décision à travers la formation et le conseil indépendant)

4️⃣ Intervenir (en privilégiant la lutte non chimique ou mixte et, ensuite seulement, la lutte chimique – en veillant à réduire les doses appliquées et à choisir les substances les moins nocives possibles).

Nul doute qu’une telle approche permettrait de réduire considérablement les quantités de pesticides utilisées en Wallonie.

Reste à garantir aux agriculteurs et aux agricultrices qui modifient leurs pratiques :

🔹 Des objectifs et des échéances claires

🔹 Un accompagnement adéquat

🔹 Un engagement des acteurs de l’amont et de l’aval qui puissent sécuriser les débouchés

🔹 Une cohérence des politiques publiques, notamment au niveau des accords commerciaux internationaux.

Liste des co-signataires: @Canopea, @Natagora, @Gembloux Agro-Bio Tech, @Fevia, @FJA, @UAW, @Valbiom, @Cultivaé, @Ardenne&Gaume, @CETA de Thuin, @Terres vivantes, @Permaprojects, @Centre de Michamps

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David Olivier,
22 avril 2026.

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A LIRE, en accès libre sur le site de CANOPEA.
●”Pesticides. Lettre ouverte à Adrien Dolimont, Ministre Président de la Wallonie”, Agathe Defourny, 27 avril 2026.
●David Olivier analyse la part des consommations intermédiaires dans l’agriculture wallone, passée de 20% en 1950 à 40% en 1970 et 50% en 1990 pour atteindre 60% en 2023, reflet d’une industrialisation croissante de l’agriculture devenant de plus en plus un processus industrialisé de transformation d’intrants. Il s’agit d’un choix technique et politique et non pas l’effet d’une dérive, privilégiant l’agriculture industrielle plutôt que l’agroécologie, et qui a trois conséquences concrètes, contraindre le revenu des agriculteurs, développer et mettre en place des externalités négatives envers l’environnement (participant de sa destruction) et développer un système agricole et alimentaire vulnérable vu l’importance des intrants.
“Dépendance aux intrants agricoles : une triple peine”, David Olivier, 16 avril 2026.