Turquie : un an après l’arrestation d’İmamoğlu, où en est la lutte pour la démocratie ?

Un an après l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, où en sont l’opposition et la lutte contre l’autoritarisme d’Erdoğan en Turquie ? Ont-elles été durablement vaincues ou peut-on espérer une relance prochaine des luttes démocratiques et populaires ?

Ce 19 mars 2026 marque le premier anniversaire de l’arrestation d’Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et figure centrale du champ politique d’opposition en Turquie. Cette année a été une épreuve pour les oppositions politiques et civiles en Turquie puisque cette séquence temporelle s’inscrit une phase de glissement autoritaire que certains chercheurs nomment comme le passage d’un « autoritarisme compétitif » vers un « autoritarisme hégémonique »[1].

À partir d’une analyse des modes d’action de répression du gouvernement central gouverné par le Parti de la justice et du développement (AKP) et répertoires d’action de l’opposition politique et civile[2] depuis le 19 mars 2025, l’enjeu est ici de questionner si ce basculement autoritaire a conduit à une neutralisation durable des forces d’opposition ou s’il a généré de nouvelles formes de résistance.

19 mars : vers une reconfiguration de l’espace politique par le démantèlement de l’opposition

Le processus de démantèlement de l’opposition – entendu ici comme une stratégie gouvernementale visant à évider l’espace politique de toute alternative électorale crédible – s’est cristallisé autour d’une offensive ciblée contre Ekrem İmamoğlu. Cette séquence s’est articulée en deux temps : d’abord, une disqualification administrative le 18 mars, par l’annulation de son diplôme de licence par l’Université d’Istanbul, rendant caduque sa capacité juridique à briguer la présidence.

Ensuite, une phase de neutralisation judiciaire le 19 mars, marquée par son arrestation et celle de nombreux cadres de la Municipalité métropolitaine d’Istanbul ainsi que d’élus d’arrondissements affiliés au Parti républicain du peuple (CHP – social-démocrate, kémaliste). Cet usage du système judiciaire à des fins politiques (lawfare)[3] a rapidement dépassé le cadre stambouliote pour prendre une dimension nationale, se traduisant par une vague d’arrestations et de mises sous tutelle par la révocation des maires élus de ce parti visant l’ancrage territorial du principal parti d’opposition.

Le ciblage de l’administration İmamoğlu ne relève pas d’une simple contingence politique ; il visait à démanteler un modèle de gouvernance municipal alternatif.  Ce dernier, fondé sur des politiques sociales redistributives et des mécanismes de démocratie participative, entrait en contradiction directe avec le paradigme néolibéral, conservateur et descendante de l’AKP. En outre, İmamoğlu avait structuré une stratégie de mobilisation électorale transpartisane, capable de neutraliser les clivages partisans à l’échelle locale[4].

Pour briser cette dynamique, l’exécutif a eu recours à l’institution du kayyum (administrateur public nommé par l’État). Cette pratique d’exception, systématisée dès 2015 dans les municipalités administrées par le parti pro-kurde (Parti démocratique des peuples – HDP) dans le Sud-Est du pays, a ainsi été étendue aux municipalités CHP, majoritairement à l’ouest du pays. En réponse à cette menace d’éviction institutionnelle, les rassemblements sur la place Saraçhane  initialement impulsés par les organisations étudiantes et les structures du CHP, ont muté en un mouvement social multidimensionnel, trouvant des résonances immédiates dans les espaces publics physiques, numériques et au sein de la communauté internationale.

En dépit du durcissement répressif, les acteurs de la contestation ont fait preuve d’une plasticité remarquable en hybridant des modes d’action conventionnels ou traditionnels et des registres plus innovants. En dépit du durcissement répressif, les acteurs de la contestation ont fait preuve d’une plasticité remarquable en hybridant des modes d’action conventionnels et des registres plus innovants. Ce renouvellement du répertoire d’action s’est manifesté, lors des mobilisations du 19 mars, par le recours à la performance artistique et au registre de la dérision comme vecteurs de désacralisation du pouvoir.

Parallèlement, une stratégie de pression économique s’est structurée : d’une part, par un boycott général impulsé par les organisations étudiantes s’inspirant des mobilisations serbes en janvier 2025 – et, d’autre part, par un boycott sélectif orchestré par le CHP visant les conglomérats médiatiques pro-gouvernementaux (ex : Turkuvaz, Albayrak, Demirören, Dogus, Agence Anadolu). Sur le plan institutionnel, l’organisation des urnes populaires (dayanışma sandıkları) ouvert à tous les citoyens lors des primaires présidentielles du CHP a permis de réaffirmer une légitimité démocratique à Ekrem İmamoğlu face à l’arbitraire judiciaire.

Enfin, la lutte s’est déplacée sur le terrain technologique : l’usage de l’intelligence artificielle est devenu un outil de contournement de la censure numérique dans le cadre d’une logique de contrôle algorithmique des voix dissidentes, notamment sur la plateforme X, lequel est propriété d’Elon Musk qui a une proximité affichée avec les courants de la droite radicale mondiale[5].

Modes d’action répressives du pouvoir : Instrumentalisation de l’appareil judiciaire et stratégies de cooptation

L’action du gouvernement repose sur une double logique. En premier lieu, elle procède d’une instrumentalisation systématique du pouvoir judiciaire, structurée par un régime de gratifications pour les magistrats s’alignant sur les impératifs du pouvoir. La promotion d’Akın Gürlek – procureur pivot dans les procédures visant les gouvernements locaux de l’opposition à Istanbul – au poste de vice-ministre de la Justice le 11 février 2026, illustre cette logique de récompense symbolique et fonctionnelle.

Cette ingénierie institutionnelle s’avère opérationnelle : on dénombre, depuis janvier 2025, l’ouverture de sept procédures judiciaires distinctes visant directement Ekrem İmamoğlu.  Cette tactique semble à fonctionner car depuis janvier 2025, sept procès judiciaires contre ce dernier. La pluralité des procédures engagées contre Ekrem İmamoğlu entre janvier et octobre 2025 témoigne d’une stratégie de harcèlement juridique couvrant l’ensemble du spectre pénal. Les chefs d’accusation se répartissent en trois axes principaux :

  • atteintes à l’ordre public et sûreté de l’État (aide délibérée à une organisation terroriste, menace et ciblage d’agents de la lutte antiterroriste et espionnage politique ou militaire) ;
  • immixtion dans le champ judiciaire et administratif (tentative d’influence sur les fonctions judiciaires, injure à fonctionnaire et falsification de documents officiels),
  • criminalisation de la gestion municipale (abus de pouvoir, corruption, entrave à la passation de marchés publics et inexécution d’obligations administratives).

Parallèlement à la judiciarisation, le gouvernement déploie une stratégie de coercition visant à neutraliser la représentation politique de l’opposition et à pallier l’érosion constante du soutien électoral de l’AKP depuis une décennie. Cette dynamique se manifeste par des transferts de députés et d’élus locaux vers le parti au pouvoir, souvent obtenus sous la menace de poursuites judiciaires. Entre 2023 et janvier 2025, l’AKP est parvenu à transférer 14 députés issus de formations nationales-conservatrices tels que le Bon Parti (IYIP), le Parti de la démocratie et du progrès (DEVA) et le Parti du Futur[6], le Nouveau parti de la prospérité (YRP) et du CHP.

À l’échelle locale, cette stratégie vise à enrayer le « désancrage » territorial de l’AKP, devenu manifeste lors des élections municipales de 2024 où le parti a, pour la première fois, été relégué au second rang national. Depuis ce scrutin, seize maires et des dizaines d’élus locaux ont démissionné du CHP ; parmi eux, quatorze maires ont rejoint les rangs de l’AKP. La dimension coercitive de ces ralliements est documentée par des cas de menaces explicites : ainsi, un élu de l’arrondissement de Bayrampaşa a dénoncé avoir reçu, en guise d’intimidation, un message téléphonique comprenant une lettre de démission pré-remplie, des menaces de mort et une photographie de menottes[7]. Si le CHP tente de freiner cette hémorragie en intégrant à son tour 14 députés issus de petites formations d’opposition, il peine à stabiliser son socle d’élus locaux face à la pression de l’appareil étatique.

Une autre dimension de l’offensive gouvernementale repose sur une stratégie de division de la principale force d’opposition. L’exécutif semble instrumentaliser les clivages internes au CHP, en s’appuyant notamment sur les réseaux évincés lors du dernier renouvellement de la direction en 2023, liés à l’ancien président Kemal Kılıçdaroğlu. Cette dynamique s’est traduite par une multiplication de recours juridiques par ces groupes contestant l’irrégularité des instances électorales au sein du CHP, ouvrant ainsi la voie à une immixtion judiciaire inédite.

Même si la possibilité de destitution de la direction centrale du CHP est empêché, un tribunat local d’Istanbul a ordonné la destitution d’Özgür Çelik, président de la fédération stambouliote, et de son bureau et a nommé comme un administrateur provisoire, Gürsel Tekin, ancien président de la fédération locale et proche de l’ancienne direction. Paradoxalement, cette stratégie d’ingérence semble avoir produit un effet de ralliement au profit d’Özgür Özel. Le nouveau président du CHP depuis 2023 a consolidé son leadership lors des 21e et 22e congrès extraordinaires (avril et septembre 2025), où il a été réélu en élargissant significativement sa base de soutien parmi les délégués, transformant ainsi une menace de scission en un plébiscite interne.

Répertoires d’action des forces d’opposition fragmentées

Suite à l’effervescence du 19 mars, la dynamique contestataire a connu un reflux estival, laissant place à une stratégie de mobilisation institutionnalisée par le CHP sous le label de « Rassemblements pour le respect de la volonté nationale ». Ce choix tactique révèle le « piège de la légalité » dans lequel se trouve l’opposition : contrainte de naviguer entre le risque de criminalisation — le pouvoir assimilant tout appel à l’action directe à du « terrorisme » — et le risque d’épuisement du mouvement par la banalisation de la protestation.

L’observation participante de ces rassemblements met en lumière une ritualisation rigide qui s’écarte des formes classiques de la manifestation pour s’apparenter à une mise en scène politique descendante. Le dispositif spatial renforce cette hiérarchie : au sein d’un périmètre urbain sous contrôle policier strict, le public se voit assigner une posture de réception passive face à une scène d’où émanent les discours officiels.

J’ai observé deux rassemblements : l’un à Istanbul, l’autre à Bruxelles. Ces rassemblements sont organisés dans la place centrale sous le contrôle de forces de police. Les fédérations locales après leurs marches de rue et les alliées (souvent des partis de gauche tels que Parti ouvrière de Turquie-TIP, parti de gauche – SOL) font leur entrée au lieu de rassemblement avec les slogans sous applaudissements. Les discours commencent avec la lecture de la lettre d’Ekrem İmamoğlu depuis sa cellule, continue ensuite avec le discours du président du CHP, Özgür Özel axé sur les procès contre le CHP, les injustices et inégalités structurelles, la crise économique.

L’interaction collective se limite à une fonction acclamative (applaudissements, slogans tels que « Erdogan démission », « Droit, Loi, Justice »), à une dimension numérique, où l’unique action intéressant par les participants réside dans la diffusion en direct de l’événement sur les réseaux sociaux par leur téléphone. Cette ritualisation culmine et se termine avec le chant collectif d’une chanson – intitulé Yiğidim, aslanım (tr: mon courageux, mon lion) –  qui est dédié à l’origine à Mustafa Kemal Atatürk (fondateur de la République de Turquie) mais attribué à Ekrem İmamoğlu, ce qui crée un rapport émotionnel entre ce dernier et le public en lui rendant un héros de la lutte qui subit du mal de l’adversaire. Ce format, s’il préserve une visibilité médiatique, semble toutefois neutraliser le potentiel disruptif du mouvement social.

Jusqu’au 15 mars 2026, le CHP a orchestré 96 rassemblements, dont la moitié s’est tenue à Istanbul, l’autre dans diverses provinces anatoliennes, complétée par une séquence internationale à Bruxelles. Cette prédominance du meeting marque l’abandon progressif d’autres répertoires d’action, tels que la pétition – malgré le succès symbolique de la campagne pour la libération d’İmamoğlu ayant recueilli 25,1 millions de signatures – ou le boycott économique. La direction du parti semble désormais exclusivement indexée sur la temporalité électorale des scrutins à venir.

Cette mutation est illustrée par l’institutionnalisation précoce de la candidature d’Ekrem İmamoğlu : dès juillet 2025, un bureau de campagne présidentielle a été établi afin de structurer son programme et campagne électorales. Parallèlement, le renouvellement du programme du parti, opéré à la veille de l’année 2026, dessine les contours d’un « renouveau démocratique » fondé sur une citoyenneté active et un renforcement des politiques redistributive et sociale.[8] En l’absence d’un programme électoral qui est en construction, le CHP utilise de plus en plus ses rassemblements pour diffuser des promesses électorales sectorielles.

Parallèlement à son ancrage national, le CHP déploie une stratégie de paradiplomatie active visant à rompre son isolement international. Cette démarche cherche à transformer le soutien « discursif » des gouvernements européens en une coopération politique et institutionnelle concrète avec les sociales-démocrates et libérales du continent. L’organisation de la réunion de l’Internationale socialiste à Istanbul en mai 2025 a constitué un jalon symbolique de cette action, favorisant notamment l’implication du gouvernement espagnol dans la campagne transnationale « Free İmamoğlu ».

Au-delà des instances partisanes, le CHP investit les réseaux de gouvernements locaux européens pour mobiliser des appuis au sein des municipalités démocrates[h1] . Cette stratégie de légitimation par l’extérieur vise à édifier un contre-pouvoir diplomatique capable de faire pression sur le gouvernement turc, tout en élargissant le périmètre de reconnaissance internationale du parti comme alternative crédible de gouvernement.

Au sein de l’espace civil, trois dynamiques d’action collective se sont émergés depuis un an. Premièrement, on observe une prolifération de réseaux de solidarité visant à décloisonner les sphères civile et politique. le « Réseau de solidarité familiale » (Aile Dayanışma Ağı) organise des rassemblements hebdomadaires sur la place Saraçhane, place symbolique des manifestations de 19 mars, associant des figures publiques aux familles de prisonniers politiques pour maintenir une visibilité médiatique sur la question carcérale. Parallèlement, la « Plateforme de solidarité universitaire » (Üniversiteli Dayanışma Platformu) déploie des stratégies de défense face à la judiciarisation de la vie étudiante, ciblant particulièrement l’accompagnement des militants victimes d’expulsions ou de sanctions disciplinaires consécutives aux mobilisations du 19 mars.

Cette dynamique de solidarité s’articule également à une échelle transnationale. Aux États-Unis, la « Plateforme du 19 mars » s’est donné pour mission de documenter et de diffuser les mécanismes de l’autocratisation turque en langues étrangères, s’adressant directement à l’opinion publique internationale. Enfin, le « Mouvement pour une Turquie démocratique » (Demokratik Türkiye Hareketi), fondé dans le sillage des arrestations, structure des actions de soutien symbolique et matériel, à l’image de ses campagnes épistolaires destinées aux responsables politiques, journalistes et avocats incarcérés. Ces initiatives témoignent d’une volonté de maintenir un lien social et politique malgré l’atomisation imposée par le pouvoir central.

La deuxième dynamique réside dans le mouvement étudiant qui, après avoir agi comme une force motrice lors des mobilisations du 19 mars, semble désormais marquer le pas. Si la résistance opiniâtre des universitaires[9] et étudiants[10] au sein de l’Université de Boğaziçi (Istanbul) contre les pratiques autoritaires du recteur nommé par le président Erdogan, demeure un pôle symbolique majeur, elle illustre également les difficultés du mouvement étudiant à se structurer en une force politique nationale et coordonnée. En février dernier, les étudiants de cette université ont lancé un mouvement en mettant en place des gardes contre la fermeture de leur bureaux associatifs dans le campus du sud.

Toutefois, ces poches de résistance, bien que persistantes, peinent à s’articuler avec d’autres secteurs civils et politiques, restant confinées à des enjeux de défense des libertés académiques, sans parvenir à une montée en généralité politique à l’échelle nationale.

Enfin, une troisième dynamique s’affirme à travers la persistance de vagues de grèves et de débrayages, en dépit d’un cadre néolibéral de plus en plus répressif[11], et d’un taux de syndicalisation contestataire encore limité. Si les grandes centrales syndicales n’avaient pas relayé les appels à la grève générale lors des mobilisations du 19 mars, l’aggravation de la crise économique contraint désormais même les organisations les plus institutionnalisées à l’action. À titre d’exemple, la confédération des syndicats d’ouvrière de Turquie (Türk-İş, plus d’un million d’adhérents) a dû engager des mouvements de grève dans le secteur public en juillet 2025. Parallèlement, la Confédération des syndicats ouvriers révolutionnaires (DİSK, plus de 250 milles adhérents) a organisé, en fin d’année, une marche symbolique d’Istanbul à Ankara pour la revalorisation des salaires.

Un trait marquant de cette conflictualité en 2025 réside dans le rôle moteur des travailleuses, particulièrement au sein des secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de la santé[12]. Cette tendance s’est confirmée en janvier 2026 avec le conflit social dans les entrepôts de l’enseigne Migros. Ce mouvement a essaimé à l’échelle nationale, déclenchant des grèves de solidarité et sur ce même modèle dans les centres logistiques d’autres géants de la distribution réputés proches du pouvoir, tels que BİM ou A101.

Conclusion

Au terme de cette année écoulée depuis le 19 mars 2025 en Turquie, le processus de neutralisation de l’opposition apparaît inachevé. Si le gouvernement central a intensifié ses dispositifs répressifs, les résistances politiques, civiles et syndicales manifestent une résilience notable.

Il me semble qu’un paradoxe semble s’installer : d’un côté, une fragmentation persistante des luttes qui peine à produire une convergence des fronts social et politique ; de l’autre, une érosion de l’hégémonie de l’AKP qui ne parvient plus à élargir sa base électorale malgré son contrôle de l’appareil d’État. Les sondages d’opinion corroborent ce constat de stagnation des blocs politiques malgré le mécontentement populaire croissant envers le gouvernement. Selon un sondage d’opinion en janvier 2025 de l’institut ASAL, une majorité de la société (54 %), se prononce désormais en faveur d’élections anticipées, majorité que l’on retrouve dans plusieurs enquêtes convergentes.

C’est la raison pour laquelle le futur de la Turquie se jouera lors des prochaines échéances électorales, qui reste un mécanisme capable de trancher le dilemme entre l’installation de l’autoritarisme hégémonique et la possibilité d’une restauration démocratique. La longue année de la démocratie turque continuera jusqu’à ces élections.

 

Necati Mert Gumus,
19 mars 2026.

Necati Mert Gumus est doctorant à l’Université Aix-Marseille, affilié à l’Institut francais d’études anatoliennes et à Mésopolis. Il est maître de conférences à Sciences Po Grenoble.
Ses recherches portent notamment sur les politiques publiques, les mouvements sociaux, la participation politique et la politique en Turquie.
Contretemps, Licence Créative Commons.
Article également publié sur le site de Presse-toi à Gauche (Canada).
Presse-toi à Gauche (Canada), autorisation générale de publication intégrale.

Notes

[1] Berk Esen, From Competitive Authoritarian to Hegemonic: Berk Esen on the Decline of Turkish Democracy and the Prospects for Its Revival, Review of Democracy, 13 août 2025, https://revdem.ceu.edu/2025/08/13/competitive-authoritarian-hegemonic/.

[2] Charles Tilly, The Contentious French (Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1986).

[3] Kemal Büyükyüksel, « Turkey’s Brazil-Style Lawfare Means Harder Authoritarianism », Jacobin, 5 janvier 2026, https://jacobin.com/2026/01/turkey-brazil-lawfare-authoritarianism-imamoglu.

[4] Necati Mert Gümüş, « L’arrestation d’Ekrem Imamoglu : quand Erdogan tente d’éliminer toute possibilité d’alternance », The Conversation, 24 avril 2025, http://theconversation.com/larrestation-dekrem-imamoglu-quand-erdogan-tente-deliminer-toute-possibilite-dalternance-254654.

[5] Necati Mert Gümüş et Théo Malçok, « Pikachu, icône inattendue de la contestation en Turquie », The Conversation, 4 juin 2025, http://theconversation.com/pikachu-icone-inattendue-de-la-contestation-en-turquie-257569.

[6] Le parti du futur est fondé par ancien premier ministre Ahmet Davutoglu et et le Parti DEVA par ancien ministre des Affaires étrangères Ali Babacan, écartés lors de l’erdoganisation du parti gouvernemental.

[7] Diken. « CHP’li belediye meclis üyesine kelepçeli tehdit mesajı », 12 juillet 2025. https://www.diken.com.tr/chpli-belediye-meclis-uyesine-kelepceli-tehdit-mesaji/.

[8] Si ce nouveau programme réalise une critique de « l’économie de rente » inhérente au système néolibéral turc, son orientation demeure ancrée dans un paradigme développementaliste classique, sans proposer de rupture systémique radicale.

[9] Tuğçe Yılmaz, « Boğaziçi University Resistance Left Three Years behind: “We Are Standing up for an Ideal” », Bianet, 5 janvier 2024, https://bianet.org/haber/bogazici-university-resistance-left-three-years-behind-we-are-standing-up-for-an-ideal-290174.

[10] Burcu Nur Binbuğa, « Student protests at Boğaziçi University against Turkey’s authoritarian regime », Third World Quarterly 0, no 0 (14 octobre 2024): 1‑18, doi:10.1080/01436597.2024.2407394.

[11] Cemal Burak Tansel, « Authoritarian Neoliberalism and Democratic Backsliding in Turkey: Beyond the Narratives of Progress », South European Society and Politics 23, no 2 (2018): 197‑217.

[12] Cihan ÇELİK. « Grev ve direnişlerle geçen bir yıl ». ekmek ve gül, 8 mars 2026. https://ekmekvegul.net/gundem/grev-ve-direnislerle-gecen-bir-yil.

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A LIRE, en accès libre, sur la RTBF.
●”Turquie : l’ex-chef de l’opposition condamné à de la prison pour des insultes contre Erdogan”, Belga via RTBF, 14 avril 2026 (Condamnation de Kemal Kilicdoroglu, ancien chef du CHP, parti d’opposition).
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A LIRE, en accès libre, sur The Conversation, deux articles de Necati Merz Gumus.
●”L’arrestation d’Ekrem Imagoglu : quand Erdogan tente d’éliminer toute alternance”, 24 avril 2025.
●”Pikachu, icône inattendue de la contestation en Turquie”, 4 juin 2025, avec Theo Malcok, EHESS.
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A LIRE, en accès libre, sur les Blogs de Médiapart.
●”L’implacable rouleau compresseur d’Erdogan pour verrouiller le pouvoir”, Yavuz Baydar, 2 avril 2026.
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A LIRE, en accès libre, sur la RTBF.
●”Ici le monde, Turquie : immorales, grossières et démoniaques, quand le groupe Manifest, le plus populaire du pays, est poursuivi par le régime”, Esmeralda Labye, 5 avril 2026.
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Illustration : By Medyascope TV, CC BY 3.0, Link