140 expert.es santé et environnement demandent des mesures fortes pour lutter contre la pollution de l’air à Bruxelles

Carte blanche

A l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé, un appel, initié par l’ASBL Les chercheurs d’air, avec le soutien de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG), est lancé dans « Le Soir ». Signé par plus de cent professionnel.les de la santé et de l’environnement, il demande des mesures fortes de lutte contre la pollution de l’air en Région bruxelloise.

 

Mesdames et Messieurs les candidates et candidats aux élections communales et régionales bruxelloises 2024,

Nous, médecins, scientifiques, organisations de santé et organisations environnementales, vous demandons, si vous êtes élu.es, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour lutter pleinement contre la pollution de l’air en Région de Bruxelles-Capitale.

La capitale belge fait partie des plus polluées d’Europe
La capitale belge fait partie des plus polluées d’Europe. Elle est exposée à des concentrations en particules fines et en dioxyde d’azote (deux polluants émis respectivement à 30 % et à 60 % par le trafic routier) parfois bien au-dessus des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A certains endroits, le seuil de l’OMS est dépassé de 5 fois pour le dioxyde d’azote et de 2 fois pour les particules fines PM2.5.

 

Une haute nocivité

Chaque année, plus de 900 Bruxelloises et Bruxellois meurent prématurément à cause de cette mauvaise qualité de l’air
Chaque année, plus de 900 Bruxelloises et Bruxellois meurent prématurément à cause de cette mauvaise qualité de l’air. Cela représente plus de 2 décès par jour et plus de 10 % de la mortalité dans la capitale, toutes causes confondues.

Les particules fines peuvent se retrouver dans notre sang, en passant par nos poumons, et pénétrer jusqu’à notre cœur ou notre cerveau. Voici une liste, longue et pourtant non exhaustive, des dangers sanitaires qu’implique cette pollution : augmentation des risques de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux, d’accouchements prématurés, de troubles de l’attention chez l’enfant, de risques de démence chez les personnes âgées, de certains types de diabète, ou encore de certains cancers.

De son côté, le dioxyde d’azote, un gaz irritant, peut contribuer au développement de l’asthme, ainsi qu’augmenter le risque d’infections respiratoires et de difficultés pulmonaires chroniques (toux, difficultés à respirer, réduction de l’odorat, bronchites, allergies…).

Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air car leur métabolisme est encore en développement, car ils respirent plus vite et parce que, du fait de leur petite taille, ils sont plus proches des sources de pollution que sont les pots d’échappement. Lutter contre la pollution de l’air permet donc de mieux protéger la santé des plus jeunes.

La pollution de l’air touche plus durement les populations défavorisées
De manière générale, la pollution de l’air touche aussi plus durement les populations défavorisées. En effet, l’accès de ces dernières à des espaces verts, à des activités sportives ou à une alimentation saine est souvent difficile et ne permet pas ou peu de contrebalancer les impacts néfastes des polluants sur leur santé. Elles sont aussi souvent plus exposées à la pollution de l’air intérieure, qui exacerbe alors les effets de la pollution extérieure.

La pollution de l’air est également un gouffre financier. En 2018 elle a coûté 1,6 milliard d’euros à la région bruxelloise, soit 1.400€ en moyenne par Bruxellois.e pour cette seule année.

L’Union européenne est en train de revoir les normes de qualité de l’air afin que ces dernières soient plus strictes et se rapprochent des recommandations de l’OMS. Malheureusement, cela va prendre du temps et les nouvelles limites resteront insuffisantes pour protéger correctement la santé des citadin.es.

 

Les politiques doivent s’engager

Nous, médecins, scientifiques, associations de santé et environnementales, vous demandons donc à vous, candidates et candidats aux élections régionales et communales de 2024, de vous engager clairement et fermement à lutter au niveau local contre la pollution de l’air durant votre mandat si vous veniez à être élu.es.

Ce combat doit passer par :

– Le maintien strict du calendrier de la Zone de Basses-Émissions (LEZ), à savoir une sortie du moteur diesel d’ici 2030 et du moteur thermique d’ici 2035 au plus tard sur tout le territoire de la Région bruxelloise. La LEZ est, à ce jour, l’outil le plus efficace pour lutter contre la pollution de l’air en ville. Elle a permis des réductions de dioxyde d’azote de près de 40 % à certains endroits.

– Le développement des quartiers apaisés, comme celui qui a été mis en place au centre de Bruxelles. La réduction du trafic routier (de 15 à 20 % en un an dans le quartier Pentagone) implique une diminution de la pollution de l’air, mais également du bruit et des risques d’accident. Cela libère aussi de l’espace qui peut alors plus facilement être végétalisé.

La création de rues piétonnes et verdurisées devant les écoles
– La création, partout où c’est possible, de rues piétonnes et verdurisées devant les écoles. Il a été prouvé (voir ici et ) que cet aménagement urbain permet de lutter efficacement contre la pollution de l’air. Les enfants, qui passent une grande partie de leur temps à l’école, sont alors mieux protégés de la pollution.

– Une incitation forte à utiliser les points relais, plutôt que la livraison à domicile, pour les colis dont la taille et le poids le permettent. Les livraisons, le plus souvent effectuées par des camionnettes diesels, sont une source grandissante de pollution de l’air. Or 60 % des Bruxellois.es habitent à moins de 5 minutes à pied d’un point relais et 98 % à moins de 10 minutes.

– Le développement de l’autopartage pour diminuer le nombre de véhicules en ville. En effet, une voiture partagée remplace plusieurs voitures privées, ce qui aide à lutter contre la pollution de l’air. Cette optimisation des véhicules permet également de libérer des places de parking et, ainsi, de créer des opportunités de végétalisation et/ou d’accroître l’espace dédié à la mobilité active.

L’augmentation du réseau de pistes cyclables séparées du trafic
– L’augmentation du réseau de pistes cyclables séparées du trafic sur les axes à plus fort trafic, en privilégiant dès que possible, la réalisation d’infrastructures rapides à mettre en œuvre et peu coûteuses, afin d’assurer à court terme de bonnes conditions de sécurité (sans attendre la création de projets de grande ampleur).

Nous vous remercions par avance pour votre engagement clair et fort en faveur de la santé de tous les Bruxellois et toutes les Bruxelloises.

*Signataires : Pierre Dornier, Directeur, Les chercheurs d’air ; Marelli Andrea, Infirmier ; Philippe Bastenier, Médecin généraliste ; Amandine Ben Abbou, Médecin ; Fleur Benghiat, Médecin ; Cyril Berthault-Jacquier, Acheteur Opérationnel, Cliniques de l’Europe ; Céline Bertrand, Infirmière pédiatrique, enseignante en santé publique et médecine environnementale, membre de la cellule environnement de la SSMG ; Jessica Beurton, Médecin ; Flora Billiouw, Sage-femme, Wheel of Care ; Jean-Claude Bollaerts, Médecin généraliste ; Catherine Bouland, Professeure de l’Université Libre de Bruxelles, Centre de recherche en santé environnementale et santé au travail ; Marie-Laure Boulangé, Médecin généraliste ; Xavier Brenez, Directeur général, Mutualités Libres ; Antoinette Brouyaux, Coordinatrice, Associations21 ; Marie Bruyneel, Pneumologue ; Wies Callens, Porte-parole, Fietsersbond ; Julie Catala, Médecin généraliste à vélo ; Janet Catherine, Médecin ; Véronique Chalon, Employée, Ribaucare Espace Social Santé Intégré ; Cédric Chevalier, Essayiste ; Clarisse Chomat, Kinésithérapeute ; Sébastien Cleeren, Médecin généraliste, Cellule environnement SSMG ; Patrick Colart, Gynécologue ; Prof. Dr. Bruno Colmant, Membre de l’Académie Royale de Belgique ; Benoit Coppens, Médecin généraliste ; Gaetane Coppens, Chimiste, Enseignante ; Patricia Cornejo Lucaveche, Médecin généraliste ; Mathilde Costantini, Médecin généraliste ; Marie Coulon, Médecin ; Nina Covalski, Assistante sociale Maison Médicale ; Pauline Crespin, Médecin ; Amine Dahmane, Médecin ; Paul De Munck, Médecin généraliste ; Constance De Viron, Médecin ; Caroline De Voecht, Acheteuse junior et sustainability manager, Cliniques de l’Europe ; Aurélie Debande, Médecin ; Elisabeth Defourny, Médecin généraliste ; Isabelle Defrance, Pharmacienne ; Valérie Del Re, Directrice, Greenpeace Belgique ; Anne Delfosse, Médecin généraliste ; Guillaume Delhay, Médecin généraliste ; Juliette Demey, Kinésithérapeute ; Emilie Desbonnez, Médecin généraliste ; Anne Devedeleer, Médecin généraliste ; Florence Devuyst, Médecin généraliste ; Thomas Deweer, Chargé de politique, Fietsersbond ; Valérie Dinh, Médecin généraliste ; Hélène Dispas, Médecin généraliste ; Joachim Docquir, Pédiatre ; Aurélie Dory, Médecin généraliste ; Virginie Dufour, Médecin ; Thomas Duponcheel, Médecin généraliste ; Patrick Dupriez, Président, Etopia ; Romain Dury, Médecin généraliste ; Pauline Dutron, Coordinatrice, Les amis de la Terre ; Fatiha El Hajjami, Médecin généraliste ; Simon Elst, Infirmier, Etudiant en santé environnementale à l’École de Santé Publique, ULB ; Reza Esmaeilzadeh, Expert énergie et Développement Durable, Hôpitaux Iris Sud ; Jean-François Fauconnier, Ingénieur de l’environnement ; Benjamin Fauquert, Médecin généraliste, Enseignant ULB ; Javier Fernandez, Médecin généraliste ; Kim Fernandez, Chercheuse ; Jamie Lee Fossion, Coordinatrice maison médicale / ULB ; Véronique Godding, Pédiatre pneumologue, tabacologue ; Pierre Hallet, Médecin généraliste ; Fanny Hanssens, Médecin généraliste ; Aminatou Haouaou, Médecin généraliste ; Antigone Hatzfeld, Médecin généraliste ; Grégoire Hautain, Responsable du Contrôle de gestion, Chirec ; Jean-Philippe Hauzeur, Médecin Rhumatologue, professeur ULB ; Alexandre Heeren, Professeur UCLouvain & Chercheur Qualifié F.R.S.-FNRS ; David Hercot, Conseiller en santé publique ; Christophe Heylbroeck, Médecin-Directeur Adjoint Mutualités Libres/Onafhankelijke Ziekenfondsen ; Edouard Hosten, Médecin urgentiste ; Vincent Huberland, Médecin généraliste ; Dragos Ifrim, Médecin anesthésiste ; Chloé Joris, Pédiatre pneumo-allergologue ; Elise Kains, Médecin généraliste ; Paul Kelchtermans, Médecin généraliste ; Emilie La, Médecin généraliste ; Gaëtane Ladrier, Médecin généraliste ; Romain Lappeman, Médecin généraliste ; Miguel Lardennois, Infirmier, Conseiller en politique de santé ; Eléonore Lefebvre, Médecin généraliste ; Carole Lekeux, Médecin généraliste, membre de la cellule Santé et Environnement SSMG ; Guillaume Leleu, Médecin généraliste ; Roger Leonard, Médecin généraliste ; Laurence Lewalle, Directrice, GRACQ ; Lauranne Leysen, Médecin généraliste en formation ; Laurent Lievens, Enseignant-Chercheur ; Catherine Luyten, Médecin-Dermatologue ; Denis Mannaerts, Directeur, Cultures et Santé asbl ; Laetitia Marlier, Médecin ; Philippe Marneth, Médecin-Directeur, Mutualités Libres ; Quentin Mary, Médecin généraliste, Président de la SSMG ; Audrey Masset, Infirmière ; Guy Masson, Médecin généraliste ; Sandrine Mathieu, Médecin gériatre ; Jeffrey Matthijs, Directeur, Autodelen.net ; Sylvie Meekers, Directrice Générale, Canopea ; Larissa Mélot, Médecin généraliste ; Ann Morissens, Présidente du groupe de travail intermutualiste sur la santé environnementale ; Tim Nawrot, Professeur en épidémiologie environnementale ; Mathilde Noiset, Médecin généraliste ; Marie Nolet, Médecin ; Catherine Oblin, Médecin généraliste ; Alexia Orban, Médecin généraliste ; Patricia Palacios, Médecin généraliste, membre de la cellule environnement de la SSMG ; Jean Pauluis, Médecin responsable de la « cellule environnement » de la Société Scientifique de Médecine Générale ; Raf Pauly, Coordinateur, BRAL ; Martine Picard, Médecin généraliste ; Stéphanie Richard, Consultante et formatrice infirmière, Care-act-terre ; Caroline Rombeau, Psychologue ; Elisa Rombouts, Médecin ; Perrine Rondelet, Médecin généraliste ; Miguel Rosal Martins, Infirmier, conseiller en politiques de santé ; Maëlle Sallets, Médecin généraliste ; Pauline Scarnière, Médecin généraliste ; Christina Doris Schmidt-Wirth, Médecin ; Catherine Scott, Médecin généraliste ; Maelle Sens, Médecin généraliste ; Jean-Christophe Servotte, Responsable de la recherche, Hénallux ; Vinciane Sizaire, Directrice, FARES ; Nicolas Stocké, Chargé de projets, Partenamut ; Ugo Taddei, Directeur Transport, ClientEarth ; Sarah Tak, Coordinatrice Klimaatzaak – Affaire Climat ; Françoise Tennstedt, Médecin ; Chloé Thiry, Médecin ; Lauriane Tribel, Chargée de projets RSE, CHIREC ; Luc Van Gorp, Président de la Mutualité chrétienne ; Laurence Van Lierde, Médecin généraliste ; Eric Van Poelvoorde, Agent de la fonction publique environnementale bruxelloise ; David Van Reybrouck, Écrivain et Ambassadeur de l’Affaire Climat ; Jean-Pascal van Ypersele, Pr ém. UCLouvain, ex-Vice-Président du GIEC ; Noemie Vanackere, Médecin généraliste ; Maureen Vandenbroucke, Pédiatre ; Cécile Vanheuverzwijn, Médecin généraliste ; Pascale Vanoldeneel, Médecin généraliste praticien hospitalier ; Céline Vanschepdael, Médecin généraliste ; Karin Verbist, Médecin généraliste ; Paul Vollemaere, Médecin généraliste ; Christophe Winkel, Directeur, Provélo ; Halil Yildiz, Médecin interniste, Professeur, Cliniques Universitaires St Luc.