Ni courroie ni retrait

Simon Duteil oppose l’autonomie du mouvement social à sa subordination aux partis. Cette alternative laisse échapper l’essentiel. Lorsque les médiations traditionnelles se défont, la campagne devient elle-même un lieu de constitution des sujets politiques.

La tribune de Simon Duteil répond à un collectif qui appelle à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Elle partage l’urgence antifasciste et refuse pourtant de s’y ranger sans réserve. Elle mérite mieux qu’une réponse d’occasion, car elle formule avec clarté un discours qui traverse une large part de la gauche syndicale et du mouvement social, celui de l’autonomie. Ce discours a une histoire, celle de la Charte d’Amiens et des débats que chaque grande mobilisation rouvre depuis plus d’un siècle. Duteil n’en est pas l’inventeur, il en est l’un des porte-parole, et c’est ce qui fait de sa tribune l’occasion d’une mise au point, non avec un homme ou un syndicat, mais avec une position.

Sa crainte est ancienne et légitime, celle de voir les organisations du mouvement social, syndicats, collectifs, associations, réduites au rang de forces d’appoint d’une machine électorale. Elle s’exprime depuis une expérience de l’intérieur, celle du combat des retraites de 2022 et 2023, et en tire une exigence, l’autonomie, comprise comme la capacité des organisations à porter leurs revendications et leur calendrier propres sans que ceux-ci soient dictés par l’agenda d’un parti. Le contre-modèle qu’elle nomme est la vieille CGT vécue comme courroie de transmission du PCF. Elle ajoute que La France insoumise ne fait pas exception, qu’elle a trop souvent cherché à concurrencer ou à vassaliser les luttes, et propose, entre la subordination et le refus de tout travail commun, une troisième voie, des gages, de la confiance, un comité de vigilance indépendant qui pèserait sur l’application d’un programme.

À cette architecture s’ajoute un doute, qui commande le reste. Une victoire de Mélenchon y semble aujourd’hui peu envisageable, et la tribune redoute qu’une candidature de témoignage n’ouvre la porte à l’extrême droite. Elle relève au passage que des jeux de mots visant des personnalités juives brouillent cette candidature, et rappelle que la lutte contre l’antisémitisme est un marqueur antifasciste, non un supplément d’âme. Enfin, même une victoire ne la rassure pas, car sans mobilisation sociale de masse un pouvoir de gauche se heurterait à la force de frappe des capitalistes et ne produirait, comme après 1981 ou 1997, que des changements de méthode et de symboles.

Voilà, restitué au plus près, ce que porte la tribune de Duteil.

 

Deux accords, deux désaccords

Il faut accorder d’abord que l’extrême droite prospère sur les défaites du mouvement social. Là où la dépossession ne trouve aucune médiation qui la politise, elle se retourne en attachement défensif à la nation et à la frontière. Le constat est juste, une gauche qui laisse les luttes s’affaisser prépare le terrain qu’elle prétend disputer. Il faut accorder ensuite que la courroie de transmission est morte et doit le rester. Une politique de composition ne réclame nullement qu’un syndicat remette son calendrier à un état-major. Sur ce point, l’autonomie n’est pas l’adversaire, elle est la condition.

Restent deux désaccords, sur le terrain des faits.

Le premier touche à l’antisémitisme, et il ne faut pas l’aborder de biais. Le brouillage qu’invoque la tribune renvoie pour l’essentiel à un épisode précis, la plaisanterie de Mélenchon, en février dernier à Lyon, sur la prononciation du nom d’Epstein. Or il faut lire ce qui a été dit. Mélenchon a ironisé sur la manière dont les journalistes prononcent ce nom à l’américaine, Epstine, et sur le sous-traitement médiatique de l’affaire, non sur le nom lui-même ni sur quiconque. On tient là un procès d’intention, et le procédé est connu. On convertit une ironie en ambiguïté, l’ambiguïté en brouillage, le brouillage en preuve d’indignité, et l’on obtient au terme un marqueur retourné. Ce qui devait être une exigence antifasciste, la vigilance contre l’antisémitisme, devient l’arme du cordon sanitaire contre la gauche. Le même procédé reparaîtra quelques mois plus tard dans l’interdiction du concert antiraciste de la Fête de la musique, aussitôt levée en référé. Le discours de l’autonomie reprend ce brouillage comme un fait, alors qu’il est un dispositif. Ne rien céder sur l’antisémitisme, jamais. Mais ne rien céder, c’est aussi refuser qu’on en fasse un instrument de disqualification. Car l’accusation portée à tort use l’alerte, et c’est l’antisémitisme réel qu’on finit par armer.

Le second concerne le syndicalisme comme rempart. La tribune écrit que le syndicalisme protège de l’extrême droite quand cela fonctionne. Le dernier membre de phrase mérite qu’on s’y arrête, car dans la bataille décisive des dernières années, cela n’a pas fonctionné. L’intersyndicale de 2023 a réalisé une unité et une adhésion populaire remarquables, et il est vrai qu’elle a durablement ancré la question des retraites. Mais elle a choisi la forme des journées d’action espacées, ces grèves saute-mouton qui ont épuisé financièrement et moralement les salariés sans jamais construire la grève reconductible qui seule pouvait bloquer et vaincre. La réforme est passée. Cette défaite n’est pas une défaite de l’autonomie, c’est la défaite d’une stratégie défensive qui a préféré la démonstration répétée à l’épreuve de force et s’est protégée de la déroute en renonçant d’avance à la victoire. L’unité y fut préservée au prix de la combativité, et l’auteur de la tribune siégeait alors dans cette intersyndicale. Celle-ci demandait d’ailleurs à La France insoumise de retirer ses amendements pour permettre le vote de l’article 7, preuve que l’autonomie ne fut jamais réclamée qu’à sens unique. Or cette posture déborde de loin la seule question des retraites. Elle érige la résistance en horizon, laisse l’initiative à l’adversaire et confond l’endurance avec l’action. Le rempart n’a pas cédé faute d’autonomie. Il a cédé faute d’avoir voulu gagner.

 

La campagne est devenue un lieu où se constituent les sujets

Le cœur du débat est ici, dans un présupposé que la tribune laisse intact.

Sa prémisse implicite est claire, et elle n’est vraie qu’à moitié. Les luttes seraient le lieu où se forment les sujets politiques, et la campagne électorale n’en serait que le débouché, au mieux, ou la récupération, au pire. Ce partage était juste tant que le sol tenait. Il supposait un monde où l’organisation matérielle du travail et de la vie stabilisait les positions, où l’atelier, le syndicat, le quartier ouvrier fournissaient la co-présence quotidienne d’où naissait la subjectivation. Ce sol s’est en partie dérobé, et la gauche syndicale le sait mieux que personne, elle qui mesure l’affaissement de l’implantation. C’est le fait décisif, et il change tout. Là où les médiations traditionnelles sont détruites, ce qui les remplace ne se choisit pas. Une part de ce qui se fabriquait dans l’atelier ou l’entreprise se fabrique désormais ailleurs, dans ces moments rares où des existences dispersées se retrouvent et se découvrent comme partageant une même condition. La campagne est l’un de ces moments, non le seul. Non parce qu’elle serait supérieure à la lutte, mais parce que la destruction du sol a déplacé vers elle une fonction qu’elle n’avait pas à assumer tant que ce sol tenait.

Une campagne électorale n’est donc pas nécessairement un marché où des offres rencontrent des électeurs sérialisés qui choisissent depuis leur isolement. Elle peut être un acte collectif qui constitue des sujets en les faisant exister ensemble. Frapper aux portes, tenir une permanence là où la politique n’entre plus, parler à voix haute où régnait le silence sériel, ces gestes défont localement la dispersion. Ils produisent, le temps d’une campagne, ce que l’ordre s’emploie le reste du temps à empêcher, une présence collective qui se tient et qui, en se tenant, se découvre. Opposer alors la campagne au mouvement, comme y invite la tribune, c’est reconduire la vieille partition de l’institutionnel et du social, celle qui a si longtemps condamné la gauche à l’insignifiance, l’un votant, l’autre luttant, aucun ne se tenant.

Ce n’est pas une abstraction. Le meeting qui a ouvert la campagne, le 7 juin à Saint-Denis, a réuni des dizaines de milliers de personnes, vingt-six mille selon les organisateurs là où dix mille étaient attendues, une foule que rien ne préparait à se trouver là ensemble, mêlée par l’âge, les origines, les conditions. Quinze jours plus tard, le concert antiraciste de la Fête de la musique, place de la République, d’abord interdit par la préfecture puis autorisé en référé, s’est tenu contre la tentative de l’empêcher. Ces rassemblements ne sont pas la vitrine d’une campagne, ils en sont la substance. Ils font exister, le temps d’une soirée, une présence populaire diverse que l’ordre ordinaire maintient dispersée, et qui, en se rassemblant, s’éprouve comme une force.

Un fait le montre, que la tribune évoque elle-même, celui de Saint-Denis. L’élection de Bally Bagayoko a déclenché une panique médiatique qui ne réagissait à aucune décision, à aucun programme, mais à une présence. Bagayoko n’avait alors rien fait. Il existait là où l’ordre implicite des places ne l’attendait pas, et cette existence seule suffisait à révéler la friabilité de cet ordre. La tribune, elle, fait les comptes, et rappelle que derrière l’élection des décisions n’ont pas été prises, que la police municipale garde ses armes létales. Le point est juste, et la vigilance qui l’accompagne aussi, il faut peser sur une municipalité comme sur un pouvoir. Mais elle lit une apparition avec la mesure d’un bilan. Elle compte ce qui a été fait et néglige ce qu’une présence défait par le seul fait de se tenir. La dignité politique ne se mesure pas à ce qu’un pouvoir accorde, elle commence dans l’acte par lequel un sujet refuse la place qui lui était assignée. Ce n’est pas la reconnaissance qui produit la présence, c’est la présence tenue qui produit la dignité comme effet réel.

C’est ici, et seulement ici, que le concept trouve sa place. Ce que l’élection de Bagayoko a rendu visible n’est pas une identité, une communauté, une catégorie. C’est une position, celle que l’ordre existant doit maintenir dans la dépossession pour se reproduire, et que le nom de Nouvelle France cherche à rendre lisible. La tribune relève, en note, que La France insoumise remplacerait la classe par le peuple, et y voit un abandon. C’est l’inverse. Ce peuple n’est pas une coalition de demandes ni un signifiant vide (cf. Ernesto Laclau, La Raison populiste), il n’est pas davantage le peuple ethnique de l’extrême droite. Il nomme une condition commune qui n’existe pas comme socle préalable et n’apparaît qu’à travers les positions différenciées qui en sont les modes.

La femme de ménage racialisée, le manutentionnaire, le paysan étranglé, le précaire diplômé ne sont pas des variantes d’une même place ouvrière. Une même logique de dépossession les traverse, mais elle ne passe par aucun centre. Aucun d’eux n’est la figure dont les autres ne seraient que des déclinaisons. Elle opère par torsion : elle fait tenir ensemble des positions dont aucune ne peut valoir pour le tout. Le commun n’est donc ni une substance cachée derrière leurs différences, ni une identité préalable qu’elles manifesteraient. Il n’existe qu’à travers leur non-coïncidence ; il est ce qui apparaît entre leurs positions sans jamais pouvoir se déposer dans l’une d’elles. Faire du travail, ou de la classe, le terme qui les récapitule tous, comme y incline ce discours, revient à annuler cette torsion en faisant coïncider le commun avec l’une de ses propres figures. Le peuple qui apparaît est plus matérialiste que la classe dont on a la nostalgie, car il nomme une position structurelle là où l’autre dénombre des adhérents et des secteurs.

 

Pourquoi cette candidature, et pourquoi sans garantie

Reste la question décisive. Pourquoi cette candidature de La France insoumise plutôt qu’une autre ?

Il faut d’abord défaire l’aujourd’hui sur lequel repose le doute. Cet aujourd’hui où la victoire semble peu envisageable est le présent des sondages, et le sondage ne mesure pas un état, il le fige au bénéfice de ce qui est. On dit à une candidature qu’elle ne peut pas gagner, on en conclut qu’il ne faut pas s’y engager, et ce retrait produit l’impossibilité annoncée. Le procédé est circulaire, c’est celui du barrage. La tribune, qui combat le barrage, en reprend ici la prémisse.

Mais la conjoncture vient précisément de trancher une part de la question, et cette part n’est pas affaire de sondage. Le 9 juillet, les adhérents du Parti socialiste ont choisi une primaire fermée, réservée à leur seul espace, et enterré du même coup la primaire unitaire dont l’automne devait être le rendez-vous. Marine Tondelier en a pris acte, les Écologistes cherchent une nouvelle stratégie, Clémentine Autain a retiré sa candidature en refusant d’ajouter, dit-elle, une candidature de plus, François Ruffin annonce qu’il ira seul, Fabien Roussel maintient une candidature communiste autonome. Il ne reste, hors de La France insoumise, que des candidatures sans dynamique, portées par des forces à l’arrêt. Et le mot par lequel celles et ceux qui se retirent justifient leur geste, le rassemblement de la gauche, dit à lui seul pourquoi rien ne s’y passe. Le rassemblement suppose une unité préalable qu’il suffirait de retrouver, et c’est cette unité que la primaire enterrée vient, une fois de plus, de ne pas trouver.

L’argument du témoignage se retourne alors contre celui qui l’avance. Rejoindre ces forces ne serait pas rejoindre un mouvement, ce serait rejoindre un arrêt. La question n’est plus de calcul ni de sondage, elle est d’opportunité politique. Une décision doit s’attacher à quelque chose qui se passe, à l’amorce d’un processus réel, sous peine de rester abstraite. Aujourd’hui, ce qui se passe est du côté de la seule formation qui soit en mouvement.

Reste la forme, et c’est elle qui commande en dernier ressort. Si cette candidature mérite le soutien plutôt qu’une autre, ce n’est pas parce qu’elle aurait le plus de voix, c’est parce qu’elle a la forme d’une composition là où les autres ont la forme d’un rassemblement. Ces deux mots ne sont pas des synonymes savants. Le rassemblement agrège des forces déjà constituées sous un nom qui les unifie, la gauche, le peuple, la classe, et suppose des sujets donnés d’avance qu’il suffirait de réunir. La composition articule des positions qui ne coïncident pas, sans les fondre dans une identité commune, en tenant leurs écarts pour la matière du commun et non pour un obstacle à surmonter. L’une neutralise les différences, l’autre les rend opérantes. Cette candidature en porte les marques. Elle inscrit dans son programme le caractère provisoire de toute délégation, Sixième République, révocabilité des mandats, et refuse la clôture souveraine que restaure l’extrême droite. Elle donne un nom à cette articulation sans fusion, la Nouvelle France, qui est une composition et non une coalition. Elle assume l’activation d’un moment plutôt que la consolidation préalable qu’exigeaient la primaire et l’addition des blocs. Nulle personne ne garantit la composition, aucune ne le peut. Mais cette candidature est la seule dont la forme la rende possible.

Reste le fond, qu’on aurait tort de croire absent. Si les positions dépossédées peuvent composer, c’est qu’un même programme leur répond, partage des richesses, défense des services publics, bifurcation écologique, autant de ruptures qui traduisent en mesures la position commune qu’elles occupent face au capital financiarisé et à l’État qui s’en fait l’agent.

Cette forme a un répondant pratique, sans quoi elle ne serait qu’un mot. Si La France insoumise peut prétendre composer, c’est d’abord parce qu’elle a été présente, aux côtés des mobilisations populaires, bien au-delà des autres forces de gauche. Sur les retraites, contre les violences policières, sur les grands projets écologiques de Sainte-Soline à l’A69, pour la Palestine, elle a soutenu et parfois porté des luttes que d’autres regardaient de loin. C’est ce qui retourne l’accusation de récupération. On ne récupère pas du dehors ce qu’on a contribué à faire tenir du dedans. Une force qui compose n’aspire pas les luttes vers elle, elle se tient dans leur voisinage assez longtemps pour que quelque chose passe.

À cette présence dans les luttes répond une présence dans les institutions, et c’est le même geste. Quand d’autres faisaient de l’Assemblée un lieu de gestion, La France insoumise y a porté la bataille politique, souvent seule contre presque tous, y compris à gauche. Elle a déposé et voté les motions de censure là où il fallait refuser un pouvoir qui gouvernait sans consentement. Cette combativité, on n’a cessé de la lui reprocher comme une outrance. Elle est pourtant le contraire de l’attente. Elle est la manière dont une colère populaire s’exprime au sein même des mécanismes de représentation, au lieu de s’y laisser dissoudre. Une force qui compose ne sépare pas le terrain social du terrain institutionnel, elle refuse la partition qui condamne l’un et l’autre à l’impuissance, et se bat sur les deux.

On mesure alors ce que vaut l’exigence de gages préalables. Ce discours veut que la confiance soit établie avant l’engagement. Mais une composition ne se consolide pas avant le moment décisif, elle produit sa propre consolidation par l’acte qui le saisit. Attendre les gages, c’est les empêcher. Cela ne dispense pas du tissu, un événement sans tissu se dissipe aussitôt surgi, et la vigilance de la tribune garde ici tout son prix. Mais un tissu sans événement entretient une présence qui ne risque rien et ne transforme rien. Il faut les deux, et c’est moins confortable qu’une posture pure.

La France insoumise en est-elle capable, demande la tribune pour finir. Rien ne permet de le garantir. Elle n’est pas la forme achevée d’une politique de composition, elle est traversée d’une tension entre un travail réel d’articulation et une machine centralisée qui vise l’exécutif, et prendre l’un des pôles pour le tout, c’est ce que font ceux qui n’y voient que du césarisme.

Ce qui est ici en cause, c’est une certaine manière de penser l’autonomie. À force de vouloir protéger le mouvement social, cette prudence l’installe dans l’attente et se prend pour de la lucidité. L’autonomie elle-même reste un acquis qu’aucune politique d’émancipation ne songe à défaire. Mais la confiance ne se décrète pas, et elle ne se construira pas davantage dans l’attente.

Elle se construira dans l’acte partagé, ou elle ne se construira pas. Car il n’y a, en cette matière, pas de garantie. Décider sans garantie n’est pas décider à l’aveugle, c’est décider au sens fort, quand la décision ne s’adosse plus à un fondement qui la dispenserait de s’assumer. Que 2027 soit une victoire n’est pas la certitude vers laquelle tendrait le raisonnement. C’est l’hypothèse d’un acte dont la vérité ne se mesurera qu’à ses effets. Ce discours demande qu’on vérifie d’abord. En cette matière, vérifier d’abord, c’est renoncer. Ce qui se vérifie ici ne se vérifie qu’après, et seulement pour qui a sauté.

Pascal Levoyer,
13 juillet 2026.

Article publié sur le blog de l’auteur sur les Blogs de Médiapart.
Autorisation cordiale de publication intégrale donnée par l’auteur.
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Illustration : Capture d’écran du meeting de Jean-Luc Mélenchon aux AMFIS 2026

By Pascal Levoyer

Pascal Levoyer, agrégé de philosophie. Publie un blog sur Les Blogs de Médiapart.