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ARTICLE 1
« Nous sommes constamment menacés » : la difficile lutte des activistes écologistes au Pakistan. À Karachi, ville la plus peuplée du Pakistan, le développement économique nuit à la nature environnante. Des citoyens alertent et agissent à leur échelle, malgré les dangers encourus à cause des élites politico-industrielles. Karachi (Pakistan), reportage Un groupe de jeunes descend d’une embarcation en bois et progresse à la file indienne sur une vaste étendue de sable. Chacun porte dans ses bras des plants de mangrove. À leur tête, Almas Kasmani, 23 ans, militante environnementale issue d’une communauté de pêcheurs. Elle et des volontaires sont venus planter des arbres pour freiner l’érosion de l’île de Kaderu, au large de Karachi, mégalopole tentaculaire sur la côte de la mer d’Arabie. L’île était autrefois recouverte de mangroves, ces plantes semi-aquatiques ici propres au delta de l’Indus. Mais les coupes illégales de bois, le pâturage intensif et le passage d’immenses ferrys venus se ravitailler dans la ville portuaire, par laquelle transitent 95 % des échanges du pays, ont accéléré le recul de ces forêts essentielles. Selon l’organisme public Sindh Forest Department et des observations satellitaires, environ 200 hectares de forêts de mangroves ont été perdus le long de la côte de Karachi entre 2010 et 2022, alors même que leur surface à l’échelle nationale a triplé depuis 1986 grâce aux efforts de conservation fournis dans le delta de l’Indus. |
ARTICLE 2
« La sobriété énergétique n’est plus un bon plan de communication politique ». Alors que le monde connait une des plus graves crises énergétiques, la nécessité de la sobriété n’est pas mise en avant par les politiques. La spécialiste énergétique Mathilde Szuba revient sur ce paradoxe lourd de conséquences. Mathilde Szuba est maîtresse de conférences en science politique à Science Po Lille et spécialiste des questions d’économies d’énergie. Dans cet entretien, elle explore les possibilités d’adopter une politique de sobriété, alors que le monde connait un des plus grands chocs énergétiques depuis un demi-siècle, en raison de l’offensive israélo-étasunienne menée en Iran. Mais la sobriété en matière énergétique est oubliée, au profit de l’intervention sur les prix, ce qui conduit selon elle à une situation particulièrement inégalitaire et conflictuelle. . Reporterre — La guerre contre l’Iran déclenchée par Trump et Netanyahou a conduit à une crise énergétique majeure. Et pourtant, on ne parle pas de sobriété. Comment expliquez-vous ce paradoxe ? Mathilde Szuba — Ce n’est pas la première fois qu’on perçoit une crise énergétique comme un accident qui pourra se régler rapidement. Le premier choc pétrolier, en 1973, peu après la guerre du Kippour, a d’abord été perçu sous son aspect diplomatique et militaire. Mais avec les chocs pétroliers de 1973 et 1979, la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie en 2022, et le choc avec l’Iran récemment, cela fait quatre situations dans lesquelles le pétrole et le gaz sont utilisés comme moyens de pression. |
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