Livreurs des plateformes : une enquête inédite lève le voile sur leur extrême précarité

Enquêtes ouvrières – 48

Une étude inédite menée auprès de plus de 1 000 livreurs de plateformes décrit les conditions de travail indignes de cette population sur laquelle les données manquaient. Ces travailleurs sont sur le pont plus de 63 heures par semaine, de six à sept jours sur sept, pour un revenu très inférieur au seuil de pauvreté. Une enquête éclairante à l’heure où la directive européenne sur les travailleurs des plateformes numériques, qui vise à leur apporter davantage de protection, doit être transposée dans le droit français.

Si la silhouette des livreurs à vélo ou en scooter est devenue familière du paysage urbain et si beaucoup de citadins font appel à eux pour déposer leurs repas à domicile, ces travailleurs précaires demeurent en grande partie invisibles dans les enquêtes et les statistiques publiques.

Pourtant, la disponibilité de données de qualité sur les livreurs des plateformes numériques de travail constitue un enjeu majeur. Sur le plan juridique, la transposition en droit français de la directive européenne (UE) 2024/2831 sur l’encadrement juridique du travail de plateforme (qui vise à mieux protéger les travailleurs des plateformes), attendue avant le 2 décembre 2026, rend indispensable une meilleure connaissance de cette population pour éclairer les choix de régulation.

Sur le plan sanitaire, un rapport de l’Anses de mars 2025 faisait état d’une situation alarmante, mais soulignait aussi le manque de données permettant d’appréhender l’état de santé de ces travailleurs et de mettre en place des politiques publiques adaptées.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé le projet Santé-Course. Mené par une équipe de recherche interdisciplinaire de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Institut national d’études démographiques (Ined), des acteurs associatifs travaillant auprès des livreurs (Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs, AMAL ; Collectif pour l’insertion et l’émancipation des livreurs, Ciel ; Maison des livreurs de Bordeaux ; Maison des coursiers de Paris ; Médecins du monde) et un groupe de pairs constitué de livreurs ou d’anciens livreurs, ce projet s’est attaché à documenter les conditions de travail ainsi que l’état de santé physique et mentale des livreurs à partir d’une enquête menée auprès de plus de 1 000 d’entre eux à Paris et à Bordeaux.

L’étude se penche également sur l’exposition aux risques professionnels, les contrôles policiers et les discriminations subies. Dans ce qui suit, nous mettons l’accent sur leur profil et leurs conditions de travail, mais l’intégralité des résultats est consultable ici.

 

Le travail de plateforme, de quoi parle-t-on ?

L’essor des plateformes numériques de travail en France remonte à une quinzaine d’années et résulte de la conjonction de deux séries de facteurs : l’adoption de nouvelles normes juridiques (notamment la loi Novelli de 2008 instaurant le statut d’auto-entrepreneur), d’une part, et la généralisation des technologies de l’information et de la communication ainsi que la démocratisation de leur usage, d’autre part. La première a progressivement flexibilisé le marché du travail et ouvert la voie à l’emploi massif de travailleurs indépendants par les plateformes tandis que la seconde a fourni à ces dernières les conditions de leur déploiement à grande échelle.

Dans le secteur de la livraison de repas, les plateformes numériques jouent un rôle d’intermédiaires entre restaurateurs et clients, et entre restaurateurs et livreurs. Leur fonctionnement repose sur des algorithmes de mise en relation, de tarification et de déconnexion qui leur permettent de piloter une vaste main-d’œuvre statutairement indépendante, sans avoir à recourir aux modes de gestion traditionnels des entreprises.

Quant aux livreurs, leur statut d’auto-entrepreneur les place en dehors du cadre réglementaire de la santé et de la sécurité au travail applicable aux salariés. Leur situation s’apparente à un retour du travail à la tâche, entendu comme une contractualisation mission par mission entre des donneurs d’ordre et des exécutants.

De ce fait, l’ensemble des cotisations ouvrant droit à la protection sociale ainsi que les obligations légales liées à la protection des travailleurs sont transférées du donneur d’ordre vers le travailleur indépendant lui-même. Cette organisation place les livreurs dans une situation de forte précarité et de dépendance économique vis-à-vis des plateformes, lesquelles contrôlent l’accès aux courses ainsi que les modalités de rémunération.

 

Une population difficile à saisir dans les enquêtes

Enquêter auprès des livreurs de plateforme se heurte à plusieurs obstacles méthodologiques, dont le principal est d’ordre administratif : aucun des répertoires recensant les entreprises et leurs établissements implantés en France (SireneSirus ou Sine), habituellement utilisés comme bases de sondage pour tirer les échantillons des enquêtes annuelles d’entreprises, ne permet d’identifier de façon fiable et exhaustive les livreurs de plateforme. Il est donc difficile de connaître avec précision leur nombre total et leur répartition géographique en France, ce qui rend impossible toute approche par échantillonnage traditionnel.

Une autre difficulté est posée par le phénomène de location de compte qui permet à des livreurs d’exercer leur activité sous le compte d’un tiers. Ce phénomène compromet également le recours aux données des plateformes elles-mêmes, lesquelles manquent de transparence (voir le rapport de l’Anses de mars 2025)

Il en résulte que seul un protocole de démarchage direct dans l’espace public ou dans des lieux associatifs est à même de produire des données fiables. C’est le choix fait par l’équipe du projet Santé-Course : aller à la rencontre des livreurs, sur leurs lieux d’attente, à Paris et à Bordeaux.

Ces deux villes ont été retenues parce qu’elles concentrent une part significative de ces travailleurs en France et abritent les structures associatives partenaires du projet. Afin de garantir une bonne représentation de la diversité des situations vécues par les livreurs et, ainsi, d’obtenir des résultats qui reflètent au mieux la réalité de l’ensemble de la population étudiée, un travail préalable de cartographie précise des lieux d’attente et du nombre de livreurs les fréquentant à différents moments de la journée a été effectué par arpentage, qui a ensuite servi de base au déploiement des enquêteurs.

L’enquête a été réalisée au cours du premier semestre 2025, auprès de livreurs de plus de 18 ans, ayant réalisé au moins une livraison via une plateforme numérique au cours du mois précédant l’enquête et en capacité de donner un consentement éclairé. Au total, respectivement 519 et 485 livreurs ont été interrogés à Paris et à Bordeaux.

 

Près d’un livreur sur deux a passé une journée entière sans manger, au cours des douze derniers mois

Les résultats dressent un portrait sociodémographique remarquablement homogène sur plusieurs dimensions. Les livreurs sont quasi exclusivement des hommes (98,9 %), immigrés (97,8 %) et relativement jeunes – leur âge médian est de 30 ans. Leur niveau de diplôme est en revanche hétérogène : si un quart d’entre eux n’a pas dépassé le niveau primaire, près d’un sur cinq a suivi des études supérieures, avec des écarts sensibles entre Paris (28,3 %) et Bordeaux (9,6 %).

La plupart sont arrivés récemment en France (depuis 2020 en médiane) et sont principalement originaires d’Afrique de l’Ouest et d’Asie du Sud à Paris, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord à Bordeaux. Leur situation administrative est extrêmement fragile : près des deux tiers sont sans titre de séjour.

Cette précarité administrative se double d’un dénuement matériel. La majorité ne dispose pas d’un logement personnel : la colocation et l’hébergement chez des connaissances dominent à Paris, tandis que les foyers et logements collectifs sont plus fréquents à Bordeaux.

Plus préoccupant encore, près de 18 % déclarent vivre dans des conditions de logement instables (hébergement d’urgence, squat ou hôtel social). La précarité alimentaire est tout aussi marquée : près d’un livreur sur deux à Paris (48 %) et plus d’un sur trois à Bordeaux (36,7 %) déclarent avoir passé au moins une journée entière sans manger, par manque d’argent, au cours des douze derniers mois.

 

Près de 73,5 % travaillent sous le compte d’un tiers

Les enquêtés exercent leur activité depuis peu : les trois quarts n’avaient jamais travaillé pour une plateforme de livraison avant 2021, et plus d’un tiers des livreurs parisiens ont démarré en 2024 ou en 2025. Deux plateformes, Uber Eats et Deliveroo, dominent très largement le marché, mais le recours simultané des livreurs à plusieurs applications (ou « multi-apping ») demeure très minoritaire, concernant moins de 2 % d’entre eux.

La dépendance économique vis-à-vis de cette activité est massive : 91 % déclarent que la livraison constitue l’essentiel de leurs revenus, et environ 95 % n’exercent d’autre activité rémunérée ni ne suivent une formation en parallèle. La dépendance au travail de livraison apparaît d’ailleurs largement contrainte : neuf livreurs sans titre de séjour sur dix déclarent qu’ils cesseraient ou réduiraient drastiquement cette activité en cas de régularisation.

Enfin, le phénomène de location de compte est massif : les trois quarts des livreurs travaillent sous le compte d’une tierce personne, une proportion atteignant 81 % à Paris. Ce phénomène, qui découle de la précarité administrative des livreurs dont beaucoup sont sans papiers, brouille considérablement la lecture des statistiques produites par les plateformes et souligne la nécessité d’enquêtes menées directement auprès des travailleurs sur le terrain.

 

En moyenne, 63 heures de travail par semaine à 5,83 euros bruts de l’heure

Les livreurs perçoivent en moyenne 1 480 euros bruts par mois, soit 880 euros nets une fois déduits l’ensemble des frais liés à l’activité (incluant les dépenses d’équipement et de carburant, les frais d’assurance, les impôts et, pour les trois quarts d’entre eux, le coût de location du compte qui s’élève en moyenne à 528 euros mensuels et absorbe à lui seul plus d’un tiers du revenu brut).

Le taux horaire brut moyen s’établit à 5,83 euros, soit bien en deçà du smic horaire (11,88 euros, au moment de l’enquête), pour des volumes de travail considérables : en moyenne 63 heures par semaine, six à sept jours sur sept, dix mois par an, et plus encore pour ceux qui louent un compte. À ce rythme, ils parcourent en moyenne plus de 800 kilomètres par mois, un kilométrage vraisemblablement sous-estimé en raison de l’omission de certains trajets dans les données des plateformes.

Ce tableau d’ensemble dessine le portrait d’une population de « working poor », contrainte à une intensité de travail extrême pour dégager un revenu net qui reste très inférieur au seuil de pauvreté (fixé à 1 288 euros nets par mois pour une personne seule).

Les analyses qui seront conduites par notre équipe dans les prochains mois visent à éclairer dans quelle mesure cette situation se répercute sur l’état de santé des livreurs. Plus de la moitié des livreurs interrogés ont déjà eu au moins un accident dans le cadre de leur travail, et 44,8 % d’entre eux estiment que leur état de santé s’est dégradé par rapport au moment où ils ont débuté leur activité de livraison.

Ce projet a bénéficié de financements de l’Agence nationale de la recherche, de l’Institut Convergences Migrations, de la Ville de Paris, de l’Inserm et de l’Institut Paris Public Health de l’Université Paris Cité.

 

Cinq auteurs, Institut de recherche pour le développement, Université Paris Dauphine, et Institut national d’études démographiques,
1 avril 2026.

The Conversation, Licence Créative Commons.
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Statut contractuel, social et fiscal des travailleurs de plate forme en France et en Belgique, un état des lieux de l’exploitation.(hors traduction en droit interne en cours pour fin 2026 de la directive européenne de mars 2024).
1)La situation en Belgique.
●Trois régimes sont possibles, soit le statut de salarié avec contrat de travail formel (Takeaway /Justeat), soit le statut d’indépendant ou le statut P2P de l’économie dite collaborative (ces 2 derniers statuts étant utilisés par Deliveroo et par UberEats, ces 2 sociétés et plateformes étant toujours agréées en 2026 au titre de l’économie collaborative par le SPF Finances).
Dans les deux premiers régimes, les revenus (nets) perçus, pour lesquels aucune limite n’est applicable, sont imposables à l’IPP (le salarié perçoit des revenus nets déduction du précompte professionnel retenu et versé par l’employeur, le travailleur indépendant doit être enregistré à la BCE,  doit  disposer d’une numéro de TVA actif et est soumis au régime des versements anticipés comme avance sur l’IPP) et donnent droit aux droits sociaux, soit de travailleur salarié (chômage, assirance accident du travail obligatoire pae l’employeur,  salaire garanti à 100% les premiers jours d’absence pour maladie, régimes ou.s de santé des travailleurs salariés, prise en compte pour la pension, indemnités forfaitaire vélo, chèque repas éventuels, ….) soit d’indépendant (maladie, prise en compte pour la pension, pas d’indemnité vélo, pas de chèque repas, …. ), les cotisations sociales ONSS étant payées par l’employeur dans le cas du salarié et les cotisations INASTI par le travailleur indépendant dans le cas d’un indépendant.
Le statut P2P autorise l’utilisateur, inscrit sur une plate-forme agréée, à percevoir 7460 euros indexés par an, imposés à 10,7%, sans retenue de cotisations sociales et sans droits sociaux. De multiples situations de fraude ont été constatées, notamment, au travers de comptes ouverts au nom d’identités douteuses, la réalisation des prestations effectives par des clandestins qui devaient ristourner l’essentiel des montants perçus au détenteur réel du compte ouvert auprès d’une plateforme agréée.
●Sur base de la loi du 27 décembre 2006, la Cour du travail de Bruxelles a considéré en 2023 que les travailleurs de Deliveroo étaient des salariés, arrêt (qui serait applicable à tous les travailleurs de Deliveroo et pas uniquement à la centaine de plaignants) contesté en Cassation par Deliveroo. Également, le 22 avril 2024, la Commission des Relations du Travail de Bruxelles a estimé, sur base de la loi du 27 décembre 2006,  dans trois décisions, chacune relative à un travailleur spécifique, que les 3 travailleurs d’UberEats doivent être considérés comme salarié (ces décisions n’étant applicables qu’aux trois travailleurs concernés), contre lesquelles décisions UberEats a introduit recours auprès du Tribunal du Travail.
●La loi Colis du 17 décembre 2023, entrant en vigueur le 1 juillet 2024, dont l’objet est d’assurer un salaire minimum et un temps de travail maximum dans le transport de colis jusqu’à 31,5kgs, a été contestée devant la Cour Constitutionnelle par plusieurs fédérations patronales du secteur du transport(Febetra, UPTR et TLV), les recours introduits ayant été rejettés en 2025, le contenu et les obligations y figurant étant d’application. Deliveroo et UberEats ont indiqué ne pas se sentir concernées par cette loi car n’étant pas des entreprises de transport.
●A ce jour, aucun contrôle systématique de Deliveroo, de Uber et  de UberEats, associant inspections de contrôle, auditorat du travail et/ou parquet et portant sur plusieurs années,  n’est connu en Belgique, hors le dossier Deliveroo mentionné précédemment,  contrairement à la situation en France.
2)La situation en France.
●UberEats et Deliveroo sont les deux principaux acteurs (TakeAway
/JustEat ayant fortement réduit sa présence).
●La majorité des livreurs opérent sous le statut de microentrepreneurs, statut de travailleurs indépendants, les cotisations sociales de 23,1% étant prelevées depuis avril 2026 par les plateformes et verses directement a l’URSSAF. Les pourboires restent exonérés de cotisations sociales.
Pour ce qui concerne les prestations de service, le chiffre d’affaires annuels est plafonné à 77000 euros (le seuil de franchise TVA étant plus bas). Le livreur est payé à la course.
Il doit disposer d’une RC pro obligatoire à sa charge.
En matière d’impôt sur les revenus, il est imposé au régime des bénéfices des, micro-entreprises. Généralement, un abattement de 50% est appliqué sur le revenu brut et une option de versement libératoire à l’ISR existe. Les plateformes transmettent le chiffre d’affaires annuel à l’URSSAF et à l’Administration fiscale.
●Des mouvements de contestation ont eu lieu en 2025, de nombreux livreurs devant prester jusqu’à 63 heures par semaine pour maintenir leur revenu mensuel, par ailleurs insuffisant et en diminution constante depuis 2021.
●Des requalifications en salarié ont eu lieu par les tribunaux français ces dernières années de livreurs et  de chauffeurs prestant en regime d’indépendant.
Les services de l’URSSAF ont entamé une campagne de contrôle en 2026 pour démasqueret requalifier les faux indépendants, livreurs et chauffeurs de plateforme.
Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 14 avril 2026.
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A LIRE, en accès libre sur The Conversation, Médiapart, Bruxelles1 et RTL Belgique, le site du PTB,  l’Observatoire des Multinationales, le site du GRESEA, le site de la revue Mouvements et le site du Conseil de gestion de l’Inasti, que POUR Press remercie.
Des articles réunis par Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 14 avril 2026.
■Sur le management algorithmique et la santé des livreurs de plateforme.
●”Livreurs à domicile : comment le management algorithmique dégrade la santé des travailleurs”, Dîna Attia et Thomas Bailleux, Agence Nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation et du travail, 1 avril 2026, The Conversation.
■Sur l’adoption de la directive plateforme de 2024, le lobbying d’Uber, Deliveroo et Bolt au niveau européen et l’opposition de la France de Macron.
●”Les coursiers du lobbying. L’ offensive d’Uber, Deliveroo et Bolt à Bruxelles contre les droits des travailleurs”, Lora Verheecke, 24 octobre 2022, Observatoire des Multinationales.
●”Au cœur de l’UE, comment la France a saboté la directive plate-forme”, Paul Battez, Aykin Elci et Jeanne Toutain, 15 mai 2024, Médiapart en accès libre.
●”Les travailleurs uberisés arrachent une victoire inespérée au niveau européen”, Mathieu Dejean et Dan Israël, 12 mars 2024, Médiapart.
■Sur les UberFiles en France avec Macron, et en Belgique avec Pascal Smet (Vooruit) et Boris Dilles (MR).
●”Les UberFiles relèvent la stratégie du chaos de l’entreprise. Peut-elle vraiment changer ?”, Jilmena Valdez, Université de Londres, City Saint Georges, 17 juillet 2022.
●En France, avec Macron.
▪︎”Les UberFiles, symboles de l’action néolibérale de Macron”, Mathias
Thépot, 18 juillet 2023, Médiapart.
●En Belgique, en Région de Bruxelles-Capitale, “quand Pascal Smet discutait confidentiellement avec Uber et quand Boris Dilliès, le préféré d’Uber, travaillait à reprendre Bruxelles aux nains de jardin”, Pascal Smet n’est plus aujourd’hui comme hier secrétaire d’Etat, s’il conserve une influence certaine au sein de Vooruit en Région de Bruxelles-Capitale,  et Boris Dilliès est Ministre Président de l’Exécutif de la Région de Bruxelles-Capitale.
Rappelons que la Commission spéciale parlementaire bruxelloise n’a pas trouvé “de pratiques de lobbying illégales”.
▪︎”UberFiles : Pascal Smet et Boris Dilliès cités en relations étroites avec Uber”, divers journalistes de
Bruxelles 1, Archives.
▪︎”Uber ne se préoccupait pas des chauffeurs, il voulait le monopole du marché”, Agence Belga, RTL, Archives.
▪︎Le point de vue du PTB, seul parti à s’être opposé à l’implantation d’Uber en Région de Bruxelles-Capitale.
“Les partis traditionnels ont laissé Uber faire sa loi”, 2 juin 2023, Archives.
▪︎”La stratégie politique d’Uber : lobbying et dialogue social”, Anne Dufresne, novembre 2022, Mirador, Gresea.
■Sur l’évaluation de la directive plateforme obtenue en mars 2024 sous la Présidence belge du Ministre PS de l’Economie et du Travail Pierre-Yves Dermagne  et sa traduction en droit national pour fin 2026.
Selon les évaluations des services de la Commission Européenne, au moins 5 millions de travailleurs employés par les 380 plateformes identifiées en Europe doivent être considérés comme salariés et non pas comme (faux) indépendants (ou comme bénéficiaires de régimes tels le régime belge de l’économie collaborative), et à ce titre, devraient ainsi bénéficier des droits sociaux liés à ce statut (droit aux indemnités de chômage, régime de couverture maladie, années de travail prises en compte pour le calcul des pensions, ….), les cotisations sociales étant payées par les employeurs.
●Sur l’évaluation de la directive plate-forme.
▪︎Interview de Leila Chaibi, députée européenne de LFI (Vice présidente de la Commission pour l’emploi et les affaires sociales du Parlement Européen  au moment de la discussion de la proposition de directive et considérée comme la voix la plus forte du Parlement Européen sur cette question. En 2020, elle a transmis au Commissaire Européen compétent une proposition de directive sur le sujet), par Félix Cottin-Marx, revue Mouvements, 20 mai 2025.
“La directive sur le travail des plateformes : une victoire contre l’ubérisation”.
●Sur la traduction en France, où l’URSSAF réclame 1,7 milliard  d’euros à Uber pour emploi de 71000 faux indépendants entre 2019 et 2022 et où le parquet de Paris a fait bloquer 350 millions d’euros aux Pays-Bas sur les comptes bancaires du groupe Uber (Pays-Bas où est localisée la BV “de redevances”, terme technique utilisé en matière fiscale, utilisée par Uber pour collecter, pour l’Europe, auprès des chauffeurs,  les redevances d’usage de l’application de réservation et de planification des courses).
•”Pour mieux protéger les livreurs uberisés,  un bras de fer législatif s’annonce”, Cecile Hautefeuille, 1 avril 2026, Médiapart.
●Sur la traduction en Belgique, sous compétence de l’actuel Ministre MR de l’Economie, du Travail et de l’Agriculture David Clarinval, de la Ministre MR Eléonore Simonet des Classes Moyennes, des Indépendants et des PME (l’Inasti étant compétent pour la distinction légale et règlementaire entre travailleur indépendant et travailleur salarié) et du Ministre Vooruit des Affaires Sociales Frank Vandenbroucke.
•”Avis 2026/05. Transposition de la directive européenne relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme”, Comite de gestion du statut social des travailleurs indépendants, 25 février 2026.