Éboueurs et balayeurs face aux paradoxes de leur condition

Enquêtes ouvrières – 47.

Qui sont les éboueurs et balayeurs du secteur public et que pensent-ils de leur condition professionnelle et sociale ? Hugo Bret aborde l’évolution récente de ce métier dans une étude sociologique menée dans la région francilienne.

 

Hugo Bret,
25 décembre 2025.

●POUR Press consacre, par un article en plein écran et par divers A LIRE, le 47eme épisode de sa série “Enquêtes, ouvrières” au travail des éboueurs et des balayeurs (ces professions qui participent avec plusieurs autres professions “au travail du dégoût”, comme le décrivait ainsi plusieurs anthropologues et sociologues français, encensées lors du Covid et vite oubliées après), qu’ils soient employés d’une commune (par ex, Paris ou Marseille, en France) ou d’une intercommunale ou d’un établissement public dépendant d’une Région (par ex, Bruxelles-Propreté en Région de Bruxelles Capitale, en Belgique) ou d’une agglomération (par ex, en France), qu’ils soient fonctionnaires statutaires ou sous contrat privé, qu’ils soient employés d’une autorité publique ou déléguée ou d’un prestataire privé.
●Un travail pénible, le plus souvent invisible, grand contributeur écologique, entre contrainte et motivation, mal payé, manquant de reconnaissance et de respect.
●On ne vous parlera pas du “fini-fini”, une pratique dont nos recherches montrent que, sous des dénominations et des formes diverses, elle existe dans les trois pays européens présentés, et dans beaucoup d’autres, pour autoriser éboueurs et balayeurs “à exercer des activités complémentaires générant un supplément de revenus pour des professions mal payées”.
●On ne vous parlera pas non plus de ce quasi tabou de la collecte des déchets, le fait que la collecte des déchets des activités économiques et commerciales, les déchets non domestiques, est un marché en concurrence, les entreprises responsables de la production de ces déchets devant en assurer l’élimination soit en souscrivant un contrat avec un prestataire privé soit en souscrivant un contrat avec un prestataire public ou en éliminant ces déchets par les autres filières de collecte (de déchets non domestiques) proposées par le prestataire public. Dans le cas d’un prestataire privé ou d’un prestataire public, en payant dans tous les cas une redevance (les sacs de couleur pour la collecte ne pouvant,  en règle générale,  être utilisés, sauf exceptions mentionnées dans les règlements communaux). Si les grandes entreprises économiques ou commerciales et les activités à déchets particuliers (hôpitaux, restaurants, boucheries) ont de tels contrats, en Région de Bruxelles-Capitale,  quelques 70% des entreprises ne disposent d’aucun contrat pour les déchets qu’elles produisent, ce taux élevé camouflant une proportion significative d’entreprises qui devraient avoir un contrat ou utiliser d’autres filières de collecte que les collectes domestiques et n’ont pas ce contrat ou n’utilisent pas ces autres filières. Privant ainsi les prestataires de recettes et transférant une charge de collecte sur les collectes domestiques et leurs travailleurs.
●On ne vous parlera pas non plus de la grève des travailleurs, collecteurs, éboueurs et balayeurs de Bruxelles-Propreté de  mercredi 18 mars à vendredi 20 mars.
●En premier A LIRE,  un article de Thomas Coutrot, économiste et statisticien, fonctionnaire pensionné, ancien chef de département
“Conditions de travail et santé” de la DARES du Ministère de l’Emploi en France, spécialiste des questions du travail, membre du Conseil Scientifique d’Attac France et des Économistes Attérés, membre des Ateliers Travail et Démocratie, sur le travail municipal, grand absent de la campagne des municipales en France, alors qu’il sera décisif pour la mise en oeuvre des programmes municipaux et pour le lien entre municipalités et habitants. La fonction publique municipale emploie 1,011 million de travailleurs en France, 70% de statutaires, 26 % de contractuels et 4% d’emplois aidés, 61% de femmes.
●POUR Press remercie Métropolitiques, Les Blogs de Médiapart, The Conversation, Moustique, la RTBF, Openedition et Cairn, pour leurs articles.
Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 18 mars 2026.
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A LIRE, en accès libre.
“Le travail municipal, un grand absent de la campagne électorale”, Thomas Coutrot, 9 mars 2026, Les Blogs de Médiapart.
POUR Press vous offre A LIRE en accès libre, tous les articles en français.
■Une présentation par Paul Bouffartigues du livre “Les travailleurs des déchets”, de Delphine Corteel et Stéphane Le Lay, 2013.
■A Paris.
●”Qui nettoie Paris ? Paroles d’éboueurs”, Céline Ferrant et Marie Mourad, 1 octobre 2018.
■ A Marseille.
●”Les éboueurs de Marseille. Entre luttes syndicales et pratiques municipales”,  Delphine Corteel, 2016.
■En Belgique.
●”Éboueur et balayeur. Des métiers qui manquent cruellement de reconnaissance et de respect”, Marise Ghyselings, 23 septembre 2022.
●”Éboueur : un métier créateur de richesses et grand contributeur écologique”, Olivier Marchal, 25 janvier 2023.
■En Italie.
●”La politisation des déchets en Campanie. Conversation à trois voix”, Mario Armiero, Giacomo D’Alisa et Salvatore Paolo De Rosa, 2021, GeoCarrefour.
●”Les conditions de travail des éboueurs en Italie”, ETUI.
■Sur le travail des éboueurs.
●”Montrer la pénibilité : le parcours professionnel des éboueurs”, Georges Volkoff, 2006.
●”Travailler plus longtemps mais dans quel état. Le cas des éboueurs.”, Jean-Yves Juban et Isabelle Salomon, Université Grenobles Alpes, 1 février 2023.
●”Se dépenser et se préserver. Éboueurs et balayeurs du service public”, Hugo Bret, 2020.
●”L’environnement dans le travail et les esprits des agents de propreté urbaine : entre contrainte et motivation”, Marine Béguin, 2013, Revue Internationale de Sociologie.
●”Travail bien fait, pouvoir d’agir et écologie du travail”, Antoine Bonnemain, 2022.
■Sur l’ (in)visibilité des éboueurs et ses enjeux.
●”Les éboueurs en discours. Enjeux sociaux et sémantiques d’une (in)visibilité médiatique”, Loïse Bilat et Stephane Le Lay, 2020.
●Lors de la grève des éboueurs de Lyon en 2019. “Caméra aux poings. Images dans la grève : des usages pluriels dans la lutte syndicale”, Jordane Burnot et Lina Cardenas,  2022.

 

 


By Métropolitiques 

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