Allemagne année zéro

Comprendre la victoire de Die Linke aux élections régionales à Berlin le 20 septembre 2026, ou la question du logement locatif, notamment social, en Allemagne – Episode 1.

Il y a une vingtaine d’années, l’Allemagne faisait figure d’exemple au regard des conditions de logement. Les prix immobiliers, en forte hausse dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, restaient stables ; l’offre locative était abondante et les loyers très modérés.

Cependant, le ver était dans le fruit. Le parc locatif social était en régression depuis la fin des années 1980 et l’investissement immobilier en baisse. Cette évolution s’est traduite, à partir du milieu des années 2010, par une vive augmentation des loyers dans les grandes villes.

 

Un modèle spécifique de parc social

Pour comprendre l’évolution du parc locatif social allemand et sa situation actuelle, il faut au préalable donner certaines précisions. Chez nos voisins d’outre-Rhin, le logement social n’est pas défini par référence au statut de son propriétaire, ni à un régime locatif particulier, mais en fonction des obligations conventionnelles qui lui sont imposées. Ces obligations (pour l’essentiel le plafonnement du loyer et des ressources de l’occupant) sont la contrepartie des avantages consentis par l’Etat pour son financement, c’est-à-dire l’accès à un prêt à taux réduit. Elles sont limitées à la durée de remboursement du prêt. Les prêts aidés peuvent être accordés à des personnes physiques ou morales, sans restriction. En conséquence, les bailleurs de logements sociaux comprennent des particuliers, des entreprises privées (spécialisées ou non dans la location de logements), des entreprises publiques ou des régies municipales.

La durée limitée des conventions explique pour une part la forte diminution du parc social au cours des trois dernières décennies. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le pays étant confronté à une pénurie aiguë de logements, l’Etat a consenti un effort financier considérable pour y remédier en finançant la bonification de prêts à la construction de logements sociaux. Ces prêts, d’une durée de 40 à 50 ans, ont permis de combler rapidement le déficit en logements grâce à une très forte production de logements neufs. Au terme du remboursement de ces prêts – et donc des conventions -, c’est-à-dire à partir des années 2000, de gros bataillons de logements sont sortis du parc social. La production nouvelle n’a pas permis de compenser ces sorties, du fait notamment du désengagement de l’Etat qui s’est traduit par la réduction puis l’arrêt des aides fédérales au financement des opérations. L’effectif du parc social a donc fortement diminué, de 4 millions d’unités en 1987 à 1,1 million en 2024. Il ne représente plus aujourd’hui qu’une très faible part (3% environ) du parc de logements[1].et il continue à se réduire[2].

Jusqu’à la fin du XXe siècle, le secteur locatif allemand constituait aux yeux des spécialistes un système « intégré »[3], par opposition aux systèmes dualistes des pays libéraux dans lesquels coexistent deux secteurs locatifs distincts, l’un privé, à but lucratif et obéissant aux règles du marché, le second à but non lucratif, détenu et géré par des acteurs publics. « Un marché locatif intégré, en revanche, implique une adaptation progressive de la location à but non lucratif au marché du logement en soutenant les sociétés à but non lucratif nouvellement créées, puis en entamant une réduction progressive, jusqu’à leur suppression, des subventions et des différences de réglementation. L’objectif est d’encourager les sociétés de logement à but non lucratif efficaces à opérer sur le marché locatif ouvert afin de réduire les niveaux de loyer du marché, de fournir des normes pour les standards de logement et de prévenir les pénuries de logement résultant de la fuite des capitaux privés du marché locatif pour des investissements plus rentables »[4]. Cette description correspond parfaitement à l’évolution du secteur locatif social allemand jusqu’aux années 1990.

 

La réunification et ses conséquences

Cet équilibre va voler en éclats avec la réunification de l’Allemagne, dont le coût budgétaire entraîne des mesures d’économie, qui, en matière de politique du logement, se traduisent dès 1989 par l’abolition du « principe d’utilité publique » des logements sociaux d’où découlaient les exonérations fiscales pour la location « non lucrative ». Il s’ensuit une réduction très sensible des nouveaux conventionnements. Au-delà des motivations budgétaires immédiates, le gouvernement poursuit aussi le but de faire du locatif social un secteur résiduel, c’est-à-dire réservé au logement des plus pauvres, en incitant par ces mesures les grands bailleurs publics à vendre une part de leur parc. Il a d’ailleurs, en contrepartie de la réduction des aides, élargi la liberté d’action des organismes de logement, désormais autorisés à réaliser des profits sans limitation.

Cette incitation est accentuée, en 1993, par une loi sur les dettes anciennes, qui impose aux entreprises publiques de l’habitat opérant en ex-Allemagne de l’Est de céder au moins 15 % de leur parc en 10 ans, en priorité par des ventes à l’unité aux locataires ou, à défaut, des ventes en bloc à des investisseurs. Les ventes à l’occupant se révèlent toutefois difficiles, parce que les locataires ayant les moyens d’acheter sont peu nombreux, surtout en Allemagne de l’Est et que, du fait du bas niveau des loyers, rares sont parmi eux ceux qui sont désireux de le faire. En outre, le déclin démographique des années 1990 dans les nouveaux Länder, marquées par l’exode rural et la baisse de la natalité, a entraîné une vacance généralisée des logements en Allemagne de l’Est. Les organismes propriétaires de logements, qu’ils soient publics ou dépendant de grandes entreprises, vont donc se tourner vers la vente en bloc. Il faudra toutefois attendre 1997 pour voir les premières ventes massives, à Kiel et Breme, puis en 1998 la vente des logements du fonds de pension Hoechst et du Land Rhénanie-Palatinat à une société dans l’orbite de la Deutsche Bank, qui va devenir la Deutsche Wohnen, à l’époque l’une des plus importantes entreprises privées de logement.

Selon le cas, ce sont soit les organismes de logement eux-mêmes, soit des parties de leur parc qui sont vendus à des investisseurs privés.

La période est propice à ce type d’opération, du fait du développement des nouvelles technologies de communication, de la dérégulation qui facilite la circulation internationale des capitaux et de l’invention de nouveaux produits financiers permettant le partage des risques. En outre, la baisse des taux facilite l’accès au crédit et accroît l’intérêt pour l’immobilier, dont les rendements deviennent compétitifs avec ceux d’autres placements.

Dans les années 2000, la nécessité encore plus pressante pour l’État et les collectivités locales de résorber leurs dettes et celles des bailleurs dont ils sont actionnaires va entraîner des ventes massives de leur patrimoine de logements locatifs[5]. Suit en 2001 une réforme substituant en grande partie l’aide à la personne (Wohngeld), intégrée aux aides sociales, à l’aide à la pierre. Enfin, en 2006, la compétence logement – c’est-à-dire le financement et la planification – est transférée de l’Etat aux Länder, dont beaucoup vont s’empresser de la déléguer aux municipalités.

L’abolition de la notion de logement d’intérêt public et des avantages qui lui étaient attachés, conjuguée à la plus grande liberté corrélativement accordée aux bailleurs publics dans la gestion de leur parc, marque pour les bailleurs concernés le signal de leur intégration dans le marché. Dès lors, le parc locatif va être l’objet d’un gigantesque jeu de Monopoly.  De nombreux logements appartenant précédemment à des régies municipales ou à de grandes entreprises sont vendus en bloc à des investisseurs, des régies publiques sont privatisées. A Berlin, le gouvernement du Land, fortement endetté, qui détient une quinzaine d’organismes de logement, va procéder à des fusions en poussant certains de ces organismes à acheter les autres. Les achats sont financés par l’emprunt, de façon à permettre aux organismes regroupés de verser des fonds au Land sous diverses formes (dividendes, dividendes spéciaux sur les ventes et remboursement d’aides). Pour pouvoir financer ces transferts, les organismes regroupés, eux-mêmes en situation financière précaire, doivent augmenter leurs profits, ce que leur permet la liberté nouvelle acquise en contrepartie de l’abolition par l’Etat fédéral du principe d’utilité publique.

Ainsi donc, qu’elle ait été vendue ou non, la quasi-totalité du parc public va désormais être gérée selon une logique marchande, les objectifs sociaux passant au second plan.

 

La logique du marché et ses effets pervers

Dans le cas des investisseurs à la recherche de plus-values rapides, la gestion est réduite à sa plus simple expression : suppression des gardiens et réduction drastique du personnel de gestion, quasi-absence d’entretien pour diminuer les dépenses d’exploitation. En revanche, la lutte contre la vacance, que ce mode de gestion tend à faire augmenter, conduit fréquemment à baisser les loyers et à accepter tous les locataires : d’où un processus cumulatif de dévalorisation des immeubles concernés.

Dans le cas des foncières, les bailleurs sont des gestionnaires de métier, mais leur gestion est gouvernée par la recherche du profit maximum. Leur stratégie diffère selon le potentiel de valorisation des immeubles, fonction notamment de leur localisation. Des travaux sont effectués dans ceux susceptibles d’attirer des ménages aisés, ce qui permet d’augmenter les loyers et a pour conséquence d’éliminer les plus modestes des logements de bonne qualité. Ces derniers sont donc contraints de se loger dans des logements moins recherchés, car moins bien situés et moins bien entretenus. Cette logique est aussi, de plus en plus, celle des organismes publics qui, en concurrence avec les bailleurs privés et soumis par leurs actionnaires à l’obligation de maximiser leur profit, doivent adopter les mêmes règles de gestion.

Ces évolutions suscitent un mécontentement de plus en plus vif des locataires qui, ne l’oublions pas, constituent en Allemagne la majorité des électeurs. A Berlin, sous la pression desdits locataires, qui demandaient une « resocialisation » du parc des sociétés de logement, le gouvernement régional a d’abord décidé, en 2019, un gel des loyers pendant cinq ans. Puis il a promulgué en novembre 2020 une loi imposant d’importantes baisses de loyer à 1,5 million de logements environ. Invalidée par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, celle loi n’a toutefois pas pu être appliquée.

Cet épisode met en lumière un aspect rarement évoqué aujourd’hui du rôle du logement social : sa contribution à l’offre globale. La hausse des loyers privés, à Berlin et ailleurs, est en effet à interpréter comme le résultat d’une insuffisance du volume de construction neuve, lui-même consécutif au désengagement de l’Etat fédéral.

 

Pénurie globale et nouvelle politique

Le grand vainqueur de ce « monopoly » est la société Vonovia, un avatar de la Gagfah (cf. note 4) qui a peu à peu réussi à absorber ses principaux concurrents ou à racheter leur patrimoine. Elle est aujourd’hui à la tête d’un parc de quelques 400 000 logements et est la cible de nombreuses critiques. Les associations de locataires lui reprochent notamment d’avoir répercuté de façon excessive dans les loyers le coût des travaux de rénovation énergétique, de sorte qu’il n’en résulterait aucune économie pour les locataires, et d’enfreindre les règles d’encadrement des loyers, ainsi que le manque de transparence des factures de services publics. Les syndicats de salariés l’accusent de ne pas respecter les conventions collectives et de sous-payer ses employés.

Il est indubitable que Vonovia a profité de la tension croissante des marchés locatifs pour augmenter les loyers, ce qui lui permis de distribuer des dividendes élevés à ses actionnaires. Toutefois, ses acquisitions ayant été largement financées par l’emprunt, sa situation financière s’est dégradée avec la hausse des taux d’intérêt et la société a dû mettre en vente des logements pour limiter ses pertes. Elle a cependant renoué avec les bénéfices lorsque les taux ont baissé.

Il peut paraître choquant, aux yeux des locataires, que l’augmentation des loyers qu’ils subissent ait pour conséquence d’enrichir les détenteurs du capital. D’autant que ces profits n’ont pu être réalisés que parce que les acquisitions ont, dans la plupart des cas, été réalisées à des prix fortement décotés. De plus, Vonovia ne contribue qu’assez faiblement à l’offre nouvelle, avec un programme de construction de l’ordre de 2 000 logements par an. Mais la logique d’une entreprise capitaliste n’est pas celle d’un organisme à but non lucratif, et il est naturel qu’un investisseur privé cherche avant tout à maximiser son profit.

A la lumière de cette expérience, l’appel aux investisseurs institutionnels privés, régulièrement réitéré en France, paraît empreint d’une certaine naïveté, surtout quand il s’agit de développer la production de logement «abordable». C’est bien d’ailleurs, nous allons le voir, la conclusion que semble en avoir tirée le gouvernement allemand.

Le besoin de logements abordables, notamment dans les grandes villes et les métropoles en expansion, est en effet devenu de plus en plus évident, et ce bien avant la crise financière de 2008 et la hausse continue et marquée des loyers.

Selon une évaluation de l’institut Pestel, « l’Allemagne manque actuellement d’environ 1,4 million d’appartements, presque exclusivement des logements abordables et, surtout, des logements sociaux »[6]. Le même institut estime qu’il faudrait construire 400 000 logements par an dans les années à venir pour résorber ce déficit, soit près du double du niveau actuel. Ces besoins résultent principalement des migrations internes et internationales, alors que le nombre total de ménages n’augmente que très modérément. Les villes les plus attractives en matière d’emplois gagnent des habitants, d’autres en perdent. Les immigrants, beaucoup plus nombreux qu’en France[7], « choisissent des destinations en fonction de l’attractivité des villes »[8]. Ainsi, parmi les plus grandes villes, certaines ont connu entre 1990 et 2020 une forte augmentation de leur population : c’est le cas de Münich (+27%), Munster (+29%), Francfort (+21%), Dresde (+16%), Cologne (+18%), Karlsruhe (+17%) et, à un degré moindre, de Leipzig, Düsseldorf, Hambourg, Stuttgart, Mannheim ou Berlin. D’autres au contraire ont perdu des habitants : c’est la cas notamment des villes du bassin de la Ruhr (Essen, Duisbourg, Dortmund, Bochum), où l’activité industrielle est en berne et qui peinent à se reconvertir[9]. Des disparités analogues s’observent également dans les villes moyennes.

Face à la pression des besoins, certaines collectivités locales ont fait machine arrière, rachetant des logements qu’elles avaient vendu à des investisseurs privés. C’est le cas de Dresde, capitale de la Saxe : en 2006, afin de réduire sa dette, la ville a vendu sa société de logement social, qui détenait 47 000 logements, à un investisseur privé. À cette époque, le marché du logement était considéré comme atone et la vacance des logements dominait la politique d’aménagement urbain. La croissance démographique de la ville et la hausse des loyers depuis le début des années 2010 ont engendré une pénurie de logements pour les ménages à faibles revenus. C’est pourquoi une nouvelle société de logement social a été créée en 2017 afin de reconstituer son parc immobilier et d’assurer la disponibilité à long terme de logements abordables. Et en 2023, la ville a racheté à Vonovia 1 213 logements, à un prix beaucoup plus élevé que celui de la vente de 2006.

A Berlin, les sociétés publiques de logement ont racheté depuis 2018 à des investisseurs privés (essentiellement Vonovia) plus de 12 000 logements, à un prix là aussi très supérieur à celui auquel ils avaient été vendus. Ainsi, selon une association de défense des consommateurs, « la perte totale de Berlin, résultant de la vente massive et du rachat à un prix exorbitant, s’élève ainsi à 712 millions d’euros à ce jour. Corrigé de l’inflation, le rachat a coûté 4,4 fois plus cher que le produit de la privatisation »[10]. Ces opérations suscitent des réactions indignées, même si certains admettent que la gravité de la pénurie peut dans une certaine mesure les justifier. En tout état de cause, ce type de rachat au prix du marché n’est pas envisageable sur une grande échelle, les prix de l’immobilier ayant considérablement augmenté depuis la vente.

Toujours à Berlin, un collectif a lancé l’idée de « nationaliser » les logements détenus par de grands investisseurs, en contrepartie d’une indemnisation limitée. Le projet a été approuvé en 2021 par une majorité de votants dans le cadre d’un référendum d’initiative populaire. Il est toutefois peu probable qu’il soit mis en œuvre.

Le gouvernement fédéral semble avoir pris la mesure de la gravité de la situation, et il a lui aussi opéré un virage à 180 degrés : dans le cadre de son accord de coalition, le gouvernement fédéral allemand s’est engagé à créer un nouveau secteur du logement non lucratif (NWG) destiné à constituer une offre de logements abordables à long terme, en complément du logement social. Cet engagement s’est concrétisé par des mesures inscrites dans la loi de finances de 2024. Il s’agit, en fait de remettre en vigueur – avec certaines modifications – des aides aux organismes de logement à but non lucratif, qui avaient été supprimées en 1990. Toutefois, les exonérations fiscales qui en découlent sont plutôt modestes et leur efficacité est mise en doute par certains.

C’est sans doute pourquoi le Ministère du logement a annoncé que, « d’ici à 2029, le gouvernement fédéral investira la somme record de 23,5 milliards d’euros. Avec les fonds alloués par les Länder, ce montant devrait, d’après l’expérience, dépasser le double »[11].

Ce revirement entérine le constat de l’incapacité du marché d’assurer le logement, dans des conditions décentes, des ménages modestes. L’accès au logement pour tous nécessite une implication croissante de la puissance publique, qu’il s’agisse de l’Etat ou des collectivité locales, et de plus en plus des deux à la fois. Cette intervention a un coût élevé, mais elle est indispensable compte tenu de l’expérience allemande.

 

Jean Bosvieux, 7 mai 2026.

L’article a été rédigé avant les élections du Land de Berlin du dimanche 20 septembre 2026 qui ont vu la Gauche radicale Die Linke triompher sur un programme régional radical en matière de logement.
Jean Bosvieux, statisticien, pensionné, est ancien directeur de l’ANIL France (Agence Nationale d’Information sur le Logement) et un des meilleurs connaisseurs des problématiques du logement, notamment public et notamment social,  dans les pays européens.
Politique du logement, autorisation générale de publication intégrale sous réserve de mentionner la source.
https://politiquedulogement.com/2026/05/allemagne-annee-zero/

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[1] Source : Stefan Hofner, « Social Housing in Germany: an inevitably shrinking Sector? », Critical Housing Analysis, vol. 4, issue 1, 2017.

[2] « En 2020, environ 56 000 appartements ont perdu leur statut de logement social, tandis qu’environ 23 000 nouveaux logements sociaux ont été construits cette année-là » (source : Bundestag, réponse à une question parlementaire).

[3] Cf. Jim Kemeny, « Corporatism and housing regimes », Housing, Theory and Society, vol. 23, n° 1, 1–18, 2006

[4] Ibid.

[5] « Dès 2000, l’État fédéral allemand a vendu plus de 100 000 logements destinés aux cheminots. Fortress, le nouveau propriétaire à Dresde, a déboursé environ 3,5 milliards d’euros en 2004 pour acquérir la société de logement Gagfah, qui possédait 81 000 appartements et appartenait auparavant à l’Institut fédéral d’assurance sociale des salariés (BfA). L’année dernière [2005], Deutsche Annington, filiale du groupe britannique Terra, a racheté Viterra, la branche immobilière du géant de l’énergie E.ON, pour la somme record de 7 milliards d’euros, intégrant ainsi quelque 140 000 appartements à son portefeuille. Il y a deux ans [2004], le gouvernement de coalition rouge-rouge de Berlin a privatisé sa plus grande société de logement, GSW, qui comptait 66 000 appartements, pour 2,1 milliards d’euros ». Source : Word Socialist Web Site

[6] Source : site de l’association des locataires.

[7] Depuis 2015, l’Allemagne a accueilli quelques trois millions de réfugiés. En 2022, la seule ville de Berlin a vu l’arrivée de 45 000 Ukrainiens.

[8] Source : Gérard-François Dumont, « Le contexte géographique et institutionnel des villes en Allemagne : quelles mutations ? », Allemagne d’aujourd’hui 2020/4 n°234.

[9] Ibid.

[10] Site de l’association Gemeingut in Bürgerinnenhand (Le bien commun entre les mains des citoyens), https://www.gemeingut.org/skandaloese-wohnungsrueckkaeufe-in-berlin-2/#

[11] https://www.bmwsb.bund.de/SharedDocs/pressemitteilungen/DE/2025/11/VV-sozialer-wohnungsbau-2026.html?nn=44134

A LIRE, ” Die Linke à Berlin, antisémite et proche d’une organisation criminelle ? Les fakes news reprises par la presse européenne .”
Une chronique de Victor Serge, 28 octobre 2026.
1)Comme “à sa bonne habitude”, la presse mainstream s’exerce aux deux pratiques qu’elle affectionne particulièrement, tout d’abord propager ce qu’il faut bien appeler des fakes news “Die Linke à Berlin, antisémite” et “Die Linke à Berlin, proche d’une organisation criminelle” tout en centrant la présentation de la victoire de Die Linke sur la présentation de sa dirigeante berlinoise, Elif Eralp, de sa personnalité et de son parcours personnel, pour mieux ignorer les mouvements explicatifs de cette victoire, notamment la question du logement locatif, notamment social, en Allemagne et le puissant mouvement des locataires à Berlin et en Allemagne, son combat constant et son opposition aux projets actuels de la coalition fédérale CDU-SPD en la matière, et ainsi “dépolitiser sur un axe, la question locative, pour repolitiser sur un autre axe, l’antisémitisme supposé de Die Linke” la situation berlinoise, où la CDU (par les voix du chancelier fédéral Merz et de son premier responsable berlinois) et les voix  de plusieurs responsables (et ancien) nationaux du SPD et également des Verts plaident (veulent forcer)  pour une alliance régionale des sections berlinoises  CDU-SPD (la précédente alliance, perdante) associée aux Verts berlinois, alliance motivée pour  les responsables nationaux s’étant exprimés de la CDU, du SPD et des Verts, au nom  de “l’antisémitisme supposé de Die Linke à Berlin”.
2)Die Linke à Berlin, proche d’une organisation criminelle ?
●La famille Remmo, famille arabe originaire de Turquie et du Liban, est une organisation criminelle berlinoise spécialisée dans le vol (vols de collections de musées ou de collections privées, vols au sein de riches  maisons privées en absence des propriétaires, vols de voitures de luxe, vols au sein d’agences bancaires ou attaques de fourgeons), subsidiairement l’escroquerie,  accessoirement une activité de deal de cannabis et des relations d’affaires avec des rappeurs de la scène allemande, dont certains membres de la famille Remmo assurent la sécurité.
Celui qui est considéré comme son dirigeant, par ailleurs jamais inculpé et jamais condamné, Issa Remmo, affectionne depuis plusieurs années les provocations et moqueries à l’égard du personnel politique de l’Allemagne.
Par exemple, se faire prendre en photos avec des responsables politiques puis  publier celles-ci sur les réseaux sociaux en se revendiquant de leurs amitiés et de ses connaissances, ensuite après leurs démentis, se moquer d’eux.
Est notamment tombé dans ce piège en février 2026 le député CDU de Berlin Christian Zader.
Issa Remmo n’était invité à aucune des réunions des sections  et de la régionale de Die Linke à  Berlin, et après que sa présence ait été identifiée à la soirée de la section de Neudorff de Die Linke, il a été raccompagné à la sortie de cette réunion.
● Ferat Kocak est député fédéral de Die Linke, élu à Berlin, né en Allemagne de parents kurdes.
En 2018, son domicile a été incendié par 2 militants d’extrême-droite, condamnés pour ces faits, l’instruction judiciaire ayant fait apparaître que ces 2 personnes étaient surveillées par les services de police qui n’avaient pas averti préalablement Ferat Kocak des intentions connues des 2 incendiaires. Suite à l’exclusion de son père Issa Remmo de la soirée de la section de Die Linke de Neudorff, un de ses fils a fait état d’une conversation entre Ferat Kochak et lui-même, dans laquelle Ferat Kochak précisait que les termes “criminalité clanique”, employé en Allemagne pour désigner les formes de criminalité telles celle de la famille Remmo, avait une connotation  raciste. Suite à cette divulgation, Ferat Kochak a suspendu de son initiative  sa participation au Bundestag et à la Commission de l’Intérieur du Bundestag, dont il est membre. Il n’a donc été suspendu par aucune autorité, contrairement à certaines informations de presse. Ferat Kocak  a considéré le contact entretenu comme une erreur. Die Linke a ouvert une enquête interne. Aucune enquête judiciaire ou administrative n’est, à notre connaissance à la date de cette chronique, ouverte à l’égard de Ferat Kocak.
Pour ceux de nos lecteurs que les études criminologiques intéressent, plusieurs chercheurs allemands en criminologie et plusieurs professeurs d’université en criminologie en Allemagne considèrent depuis plusieurs années que les termes de “criminalité clanique” sont insuffisamment fondés scientifiquement, ont une connotation raciste et sont culturellement stigmatisants.
3)Die Linke à Berlin, antisémite ?
Die Linke soutient la solution à 2 Etats (un Etat pour les juifs et un Etat pour les palestiniens, solution que refuse inconditionnellement notamment le gouvernement israélien actuel et les partis qui le soutiennent, qui rejettent tout Etat palestinien), dénonce la colonisation des territoires occupés,  les actes du Gouvernement israélien et la gestion de la guerre d’Israël à Gaza, et combat l’antisémitisme. Certaines sections et fédérations de Die Linke en Allemagne estiment qu’un génocide a lieu à Gaza.
Die Linke a adopté officiellement lors de son congrès de Charlottenburg de mai 2025 la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme (qui laisse ouverte la liberté d’expression sur le Proche Orient) et refuse la définition de l’IHRA de l’antisémitisme, qui assimile critiques du sionisme et critiques de la politique de l’Etat d’Israël à de l’antisémitisme, ce que lui reproche publiquement le président du Consistoire juif.
On rappelle que, parmi d’autres célèbres,  le sénateur américain Bernie Sanders, lui-même de confession  et d’ascendance juive, a déclaré que les critiques de la politique de l’Etat israélien et les critiques du sionisme (hors des courants du judaïsme religieux refusant le sionisme d’un point de vue religieux, les plus pertinent-e-s critiques du sionisme sont par ailleurs d’origine juive), n’étaient pas de l’antisémitisme.
Le président du consistoire juif d’Allemagne (s’il a déclaré qu’il était normal d’être sensible aux souffrances des palestiniens à Gaza et à vouloir les arrêter) a dirigé publiquement, avec l’Ambassadeur d’Israël en Allemagne,  la qualification de Die Linke comme antisémite (alors qu’il est constaté, de manière non contestée par le président du consistoire juif d’Allemagne lui-même, que la recrudescence de l’antisémitisme en Allemagne, sur bases des chiffres et données officielles, vient de l’extrême-droite et de milieux proches de l’AfD) et souhaite que sa section de Berlin soit soumise à la procédure officielle de surveillance par les services de défense de la Constitution (équivalent de la Sûreté de l’Etat en Belgique, en beaucoup plus rigoureux). Il est régulièrement mis en question, notamment par une partie de la communauté juive d’Allemagne, pour confondre critiques de la politique de l’Etat d’Israël (par exemple, les critiques contre les colonies en Cisjordanie illégales notamment du point de vue du droit international), critiques du régime israélien actuel, critiques du sionisme (de nombreux juifs en Allemagne, de par le monde là où ils vivent et en Israël, ne sont pas sionistes, notamment certains,  plusieurs millions,  pour des raisons religieuses) et en faire de l’antisémitisme.
Sont régulièrement visées par l’ire du président du consistoire juif d’Allemagne, Amnesty International, OXFAM, …. et toutes organisations allemandes critiquant le gouvernement israélien actuel et les politiques et pratiques de l’Etat d’Israël à l’égard des palestiniens à Gaza et en Cisjordanie.
●Lors de la soirée organisée par la régionale berlinoise de Die Linke,  il a été constaté la présence d’Ibrahim Ibrahim, d’origine palestinienne, résident régulier en Allemagne depuis de nombreuses années et présenté comme représentant le FPLP, organisation nationaliste palestinienne et marxiste. Considérée comme organisation terroriste notamment par l’Union Européenne et par l’Etat allemand vu son passé de détournements d’avions et d’attentats externes et sa responsabilité dans l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972, tactiques auxquelles il a officiellement renoncé en 1972, ne renoncant pas à la lutte armée contre Israël. Le FPLP a  revendiqué de 2000 à 2015 plusieurs attaques contre des colonies israéliennes en Cisjordanie, 2 attentats suicides en Israël et l’assasinat du Ministre israélien du Tourisme. La branche armée du FPLP à Gaza a participé avec la branche armée du Hamas à Gaza à l’attaque du 7 octobre 2023, qui, si elle est considérée comme terroriste par l’Etat et le gouvernement israélien notamment, est considérée, bien que critiquée par les tendances majoritaires du Fatah (qui a renoncé à la lutte armée contre Israël et qui dirige l’Autorité palestinienne en Cisjordanie) et par une des 2 tendances du Hamas, comme une opération militaire contre un Etat occupant, colonisateur et niant les droits internationalement reconnus, notamment par l’ONU, du peuple palestinien tant à Gaza qu’en Cisjordanie, la lutte armée du peuple palestinien étant par ailleurs reconnue comme légale du point de vue du droit international. Le FPLP est partisan d’un seul Etat de forme binationale.
Ibrahim Ibrahim est connu depuis de nombreuses années pour son activité en Allemagne en faveur des droits du peuple palestinien et présenté comme porte-parole en Allemagne de la coordination politique unissant diverses composantes politiques palestiniennes (dont le FPLP et le Hamas).
S’il a pu être l’auteur de quelques formules que certains, dans le camp de la lutte propalestinienne,  ont considéré comme “inappropriées”, Ibrahim Ibrahim n’a jamais été inculpé et condamné par la justice allemande et jamais menacé quant à son séjour régulier en Allemagne et quant à la régularité de ses possibilités de déplacements.
Une présence qui a également servi de motif à affirmer “une supposée identité antisémite dans le chef de Die Linke”.
●Quelques  230 personnalités juives résidentes à Berlin, certaines croyantes et fréquentant les synagogues, certaines non croyantes, même athées,  la plupart votant pour divers partis sauf l’AfD (on y trouve même des chercheurs d’un prestigueux et mondialement reconnu  Institut de recherche scientifique financé par l’Etat allemand et les Landers),  se sont exprimées publiquement par une lettre ouverte déclarant que Die Linke n’est pas antisémite.
En lien, l’article du Tageszeitung, quotidien allemand de gauche,  et la tribune en anglais et en allemand avec les 230 signataires, le lien figurant dans l’article.
●”Conflit de positions après les élections berlinoises : le soutien juif à l’alliance de gauche”, Daniel Bax, 24 septembre 2026.
A LIRE, une chronique de Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 28 septembre 2026, sur “l’Allemagne,  pays des locataires”.
1)Les gouvernements fédéraux successifs en Allemagne depuis les années 1980 et la politique du logement public et du logement social.
1.1)Depuis les années 1980, la politique du logement public et social en Allemagne (Sociale Wohningsbau) a subi un changement de paradigme, passant d’un modèle d’Etat-providence de masse à un désengagement libéral puis à une régionalisation complète, ensuite une
refédéralisation partielle du financement.
(Entre parenthèses, en fin de chaque point, la synthèse sur le logement social).
1.2)Cabinet Kohl II à V (1982 à 1998).
Coalition CDU/CSU et FDP.
Abolition du statut d’utilité publique du logement.
En échange de loyers modérés permanents, ce statut exemptait d’impôts les coopératives et les sociétés communales de logements. Sa suppression a marqué le début de la marchandisation et de la privatisation massive des parcs de logements municipaux au profit des fonds d’investissements.
(Ventes massives des parcs immobiliers publics)
1.3)Cabinet Schroder I et II (1998 à 2005).
Coalition SPD et Verts.
●Adoption de la loi sur la promotion du logement en 2001, entrée en vigueur en 2002.
Redéfinition du logement social qui n’est plus destiné à fournir de larges pans de la population mais strictement les ménages les plus ciblés et défavorisés (modèle social dit résiduel).
●Adoption de la loi Hartz (2003 -2005).
Refonte de l’aide sociale qui intègre la,prise en charge des frais de logement par les collectivités selon des critères stricts.
●(Le logement social devient un filet de sécurité ciblé)
1.4)Cabinet Merkel I (2005 à 2009).
Coalition CDU/CSU et SPD.
Reforme du fédéralisme votées en 2006, qui transfère l’entière compétence législative et financière du logement social aux Lander. Le gouvernement fédéral cesse de piloter directement la construction sociale, se contentant de verser des compensations financières aux Lander jusqu’en 2019.
(Le nombre de logements sociaux fond)
1.5)Cabinet Merkel IV (2018 à 2021).
Coalition CDU/CSU et SPD.
Face a la crise aiguë du logement et a la flambée des loyers, modification de,la Loi Fondamentale (Constitution) pour permettre à l’Etat Fédéral de réinvestir le champ législatif pour verser des aides financières directes aux Lander spécifiquement fléchées pour la construction de logemens sociaux.
1.6)Cabinet Scholtz (2021 à 2025).
Coalition SPD, les Verts et FDP.
Création d’un Ministère fédéral du logement à part entière.
Objectif de construction de 400000 logements par an, dont 100000 logements sociaux, soutenu par une augmentation historique des enveloppes budgétaires fédérales versées aux Lander.
L’objectif de 400000 logements annuels, dont 100000 logements sociaux n’a pas été atteint.
En 2020, l’Allemagne construisait 306400 logements (le maximum annuel des années 2015 à 2025), dont 24000 logements sociaux. Sur la période 2021 à 2025,  ont été construits les logements suivants par année:
●2021, 293400 dont 21450 sociaux.
●2022, 295300 dont 22755 sociaux.
●2023, 294400, dont 23115 sociaux.
●2024, 251900 dont 26796 sociaux.
●2025, 206600 dont 27283 sociaux.
Le financement accru de l’Etat Fédéral est  freiné par les hausses successives des coûts de construction pour tout type de logement, la hausse des coûts des matériaux, l’inflation et la hausse des taux d’intérêt.
Malgré la légère croissance des logements sociaux construits chaque année, 55000 à 60000 logements sociaux sortant chaque année du parc, le parc de logements sociaux régresse en Allemagne.
Également, le frein aux loyers mis en place par le Gouvernement Scholtz n’a pas endigué la flambée des loyers dans les grandes villes.
1.7) Cabinet Merz.
Coalition CDU/CSU et SPD.
Il a pris une orientation inverse à celle de la coalition précédente, à savoir :
●Annonce d’une loi fédérale visant à interdire l’expropriation des parcs de logements privés, expropriation adoptée à Berlin par un référendum de 26 septembre 2021,  jamais appliquée par l’ancienne majorité régionale CDU-SPD, et mesure phare de Die Linke,  vainqueur des élections régionales de septembre 2026 à Berlin, qui propose l’expropriation de 240000 logements aux mains de fonds d’investissements et sociétés privées propriétaires de plus de 3000 logements, avec une décote importante.
Sont visées principalement les sociétés suivantes à Berlin,  représentant 2110000 logements : Vonovia pour 150000 logements, Covivio pour 16000 logements, Heimstaden  pour 20000 logements, GC Properties pour 10000 logements, Ado Properties pour 15000 logements.
Ces 240000 logements sont estimés à 50 milliards d’euros en valeur haute de marché par le secteur immobilier (valeur incluant une très forte  indemnisation pour éviter de longues procédures judiciaires et constitutionnelles supposées), entre 20 et 36 milliards d’euros par les opposants au projet d’expropriation en cas d’indemnisations équitables (qui peuvent varier) et à 13,5 milliards d’euros par l’Initiative référendaire victorieuse de 2021 à cette date et l’Institut de Macroéconomie et de recherche sur la conjoncture (MIK), soit , après une décote importante,  une valeur avant décote d’environ 25 milliards d’euros.
On rappelle que fin des années 90 et début des années 20O0, notamment sous le mandat du maire SPD de Berlin Klaus Wovereit (qui aura dirigé Berlin successivement avec un partenaire minoritaire  les Verts, le PDS devenu ultérieurement Die Linke puis la CDU), la municipalité de Berlin, endettée, a vendu à des consortiums internationaux plus de 200000 logements sociaux (110000 sous Klaus Wovereit) pour environ 2,5 milliards d’euros (et la reprise de quelques milliards d’euros de dettes du logement social), la principale société de logement public de Berlin GSW  (détenant 67500 logements) ayant été vendue en 2004 pour 405 millions d’euros, soit entre 6000 et 8000 euros le logement, le prix moyen des 200000 logements vendus étant de 12500 euros.
Pour réguler les loyers dans un quartier précis de Berlin, le gouvernement de Berlin de l’époque  SPD- Die Linke-Les Verts a racheté en 2019 pour 920 millions d’euros (soit 153000 euros le logement) un bloc de 6000 de ces logements sociaux vendus en 2004.
Ce sont notamment tous ces logements sociaux vendus en blocs que veut récupérer le projet d’expropriation.
●Dérégulation technique pour réduire les coûts de construction.
●Numérisation des permis de construire pour accélérer les délais de planification des constructions.
●Création de mécanismes d’incitation fiscale pour les promoteurs privés.
●Lancement annoncé en juillet 2026 d’un fonds public d’investissement dédié à la construction.
2) Les chiffres de locataires en Allemagne, au niveau national, par land et  pour les 15 premières villes, sur base des données officielles.
2.1)Au niveau national. 57,9% de locataires, le premier marché locatif de l’Union Européenne.
2.2)Par Land.
2.2.1)Ex Land de RDA.
●Saxe. 65,5%
●Mecklenbourg-Poméranie. 62,2%
●Brandebourg. 54,2%
●Thuringe. 57,6%
●Saxe-Anthalt. 57,5%.
2.2.2) Ex Land de RFA.
●Berlin. 84,6%.
●Hambourg. 79,9%.
●Breme. 67,8%.
●Rhénanie Nord Westphalie. 61,4%.
●Hesse. 57,5%.
●Bavière. 54,3%.
●Bade Wurtemberg. 51,5%.
●Schleswig-Holstein. 54,2%.
●Rhénanie-Palatinat. 49,3%.
●Sarre. 40,3%.
2.3.)Pour les 15 premières villes classées de manière décroissante selon leur  population.
●Berlin. 84,6%
●Hambourg. 79,9%
●Munich. 76,0%
●Cologne. 74 %
●Francfort sur le main. 73,5%.
●Stuttgart. 72%.
●Dusseldorf. 71%.
●Leipzig. 86,7%.
●Dortmund. 70%.
●Essen. 68,5%.
●Breme. 67,8%.
●Dresde. 82%.
●Hanovre. 73%.
●Nuremberg. 71%.
●Duisbourg. 66%.
3) La propriété des biens du marché locatif en Allemagne.
3.1)60% appartiennent à des personnes physiques petits propriétaires.
3.2)15% appartiennent à des organismes publics et des coopératives à but non lucratif.
3.3)15% appartiennent à des entreprises privées non cotées.
3.4)10% appartiennent à quelques fonds d’investissements et sociétés spécialisées cotées (ceux qui ont racheté en bloc des parcs publics mis en vente).
Il s’agit notamment de :
●Vonovia SE, contrôlant 540000 logements, dont plus de 85% des actions s’échangent librement sur le marché et dont les actionnaires de référence  sont notamment le Fonds souverain de Norvège, le fonds de pension néerlandais, la filiale de gestion d’actifs de la Deutsche Bank, Vanguard et Blackrock.
●LEG Immobilien SE, contrôlant 167000 logements, essentiellement en Rhénanie Nord Westphalie, dont 75% du capital est flottant sur le marché ou aux mains de petits investisseurs privés et dont 25% environ du capital est aux mains de Blackrock, Vanguard, le Fonds  Souverain norvégien, la filiale de gestion d’actifs de la Deutsche Bank et Ammundi Assets Management.
●Grand City Properties, spécialisée dans les grands ensembles résidentiels urbains, dont l’actionnaire très très majoritaire est la société Aroundtown via une filiale dédiée.
●Blackstone, fond d’investissement américain, achetant et vendant régulièrement des ensembles immobiliers en Allemagne.
L’épisode 2 sera publié le 6 octobre et portera sur la longue lutte des locataires à Berlin mais également dans les 15 premières grandes villes allemandes.
L’épisode 3 sera publié le 13 octobre et portera sur les motifs de la victoire de Die Linke à Berlin, sur l’analyse notamment par quartier des votes pour Die Linke à Berlin, sur toutes les propositions précises de Die Linke pour le logement locatif à Berlin et sur l’influence qu’elles peuvent avoir en Allemagne.