Le surpoids excessif de l’espèce humaine

Anthropocène : on entend de plus en plus souvent ce néologisme. Inventé par le prix Nobel de Chimie, Paul J. Crutzen, il signifie qu’après la période géologique stable de l’holocène, la planète Terre subit de profondes modifications dues à une espèce animale particulière : l’homme (anthropos). Cela signifierait-il qu’en passant de 1 milliard d’individus à 7,5 milliards, homo sapiens soit l’espèce vivante la plus représentée sur Terre ? Loin de là nous apprend une étude scientifique originale.

 

Le professeur Ron Milo, biologiste de l’Institut Weizmann des sciences en Israël et ses collaborateurs ont mis 3 ans à mesurer la biomasse présente à la surface de notre planète et estimer la masse respective de tous les règnes du vivant. Ils ont utilisé différents moyens d’investigation comme la télédétection par satellite qui peut balayer de grandes régions. Ils viennent de publier les résultats de leurs études dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences et y ont présenté une première estimation complète du poids de chaque classe de créatures vivantes sur Terre.

On le devinait confusément : les plantes sont majoritaires : de fait, elles représentent 82% de toute la matière vivante. Mais on croyait généralement qu’après elles venaient les animaux. Ce n’est pas vrai, malgré leur taille microscopique, les bactéries se situent en seconde position sur le podium de la vie : elles représentent 13% de la biomasse totale. Toutes les autres créatures, insectes, champignons, poissons et autres animaux, ne représentent que 5% de la biomasse mondiale. Les océans dans lesquels on imagine que grouillent les poissons ne recèlent que 1% du règne animal. La grande majorité de la vie est donc terrestre, avec une bonne part, près de 10%, des bactéries qui vivent dans le sol, sous la surface.

Ceux qui pratiquent l’anglais pourront découvrir les détails dans l’article en ligne de l’Académie des Sciencesmais le schéma ci-dessous résume bien la situation et incite les humains que nous sommes à plus modestie. Nous pesons à peine 3% du règne animal, 16 fois moins que les insectes… Et le règne animal dans sa totalité, baleines, éléphants girafes, vaches et hommes inclus (et surtout mouches), pèse à peine le sixième de la masse des champignons. Et pourtant, l’homme bouleverse et menace la planète…

Le surpoids excessif de l’espèce humaine; Alain Adriaens; POUR; www.pour.press;

 

Mais comment l’homme a-t-il une telle influence ?

L’étude montre que l’espèce humaine, ne représente donc quasiment rien : 0.01% du total de la biomasse terrestre. Mais elle révèle aussi qu’elle a modifié profondément les proportions des autres espèces, notamment dans le règne animal. Ainsi, la volaille d’élevage représente aujourd’hui 70% de tous les oiseaux de la planète et il ne reste plus que 30% des oiseaux qui soient sauvages. Le déséquilibre est encore plus frappant pour les mammifères. 60% de tous les mammifères sur Terre sont des animaux d’élevage (bovins, porcins, ovins…), 36% sont les humains eux-mêmes et seulement 4% sont des animaux sauvages. Il en va de même pour les végétaux où l’homme a favorisé les plantes dont il se nourrit et dont il nourrit les animaux d’élevage : blé, riz, soja…

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[1] Nom donné par les écologistes radicaux à ces défenseurs médiatiques de la « nature » et qu’ils n’aiment guère car ils la filment d’en haut à bord de leurs engins volants pétaradants.