Colombie : ce qui vient avec le virage à l’extrême droite

Retour,  au travers de 23 articles,  sur le virage à l’extrême-droite en Amérique Latine (Colombie, Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Salvador), le seul continent où Trump, actuellement,  obtient des victoires par ses alliés.
Volontairement, POUR Press a choisi de négliger le Vénézuela, Cuba, le Nicaragua et le Mexique, qui ont fait l’objet précédemment d’articles distincts et qui feront l’objet de futurs articles distincts. POUR Press aborde également dans un chapitre distinct de 7 articles  le Brésil, qui va connaître des élections présidentielles entre le 4 octobre 2026 et le 25 octobre 2026, qui peuvent, si Lula est réélu président, contribuer à bloquer l’avancée de l’extrême-droite et des alliés de Trump en Amérique Latine.

Abelardo de la Espriella, émule de Trump et de Milei, a remporté les élections en Colombie le 21 juin dernier. Ce virage à l’extrême droite s’inscrit dans une vague continentale, catalysée par Washington. La situation colombienne demande à être comprise au regard d’une lutte antifasciste qui s’impose tous les jours davantage, là-bas et ici.

Abelardo de la Espriella a remporté le second tour des élections en Colombie ce 21 juin [1]. Le prochain président colombien sera donc une figure machiste et populiste d’extrême droite. Une de plus sur le continent ibéro-américain qui en compte déjà tant. Et le fils de l’ex-président Jair Bolsonaro, qui avait, en 2019, inauguré ce virage politique à l’échelle régionale, se présente aux prochaines élections (octobre 2026) au Brésil, encore aujourd’hui au centre gauche. Les particularités du cas colombien s’inscrivent dans cette vague continentale, catalysée par Trump, et qui marque peut-être davantage une alternance « dégagiste » qu’une tendance [2]. Toujours est-il qu’elle se diffuse par capillarisation au niveau mondial. Analyser la situation colombienne permet dès lors de cerner quelques-uns des nœuds de la lutte antifasciste. Là-bas et ici.

Trois raisons du vote
Les élections en Colombie revêtent une dimension paradoxale. Le taux de participation a avoisiné les 64%. Entre le premier et le second tour, Ivan Cepeda, le candidat de la gauche, a gagné plus de trois millions de votes. Au total, sa candidature rassemble 12,7 millions de voix, soit 1,4 million de plus que Gustavo Petro, en 2022, lorsque celui-ci avait gagné les présidentielles, consacrant pour la première fois de l’histoire du pays un virage à gauche. Mais la percée de Cepeda n’a pas suffi. Avec près de treize millions de voix, Abelardo de la Espriella remporte de justesse ces élections. Jamais l’écart – moins d’un pour cent – n’a été aussi faible entre les candidats du second tour.

Pourquoi tant de Colombiens et de Colombiennes ont-ils voté pour un avocat millionnaire, sans expérience politique et inconnu ? Le vote pour de la Espriella est transversal : il traverse toutes les classes sociales. Il semble bien cependant, à l’instar des élections qui ont consacré les victoires électorales de Milei en Argentine, fin 2023, et de Kast au Chili, en décembre 2025, qu’un certain profil d’électeur type se dégage : un homme, entre vingt et quarante ans, issu de la classe moyenne basse urbaine [3]. Plutôt que l’intérêt « objectif », ce sont les affects – principalement la frustration et la peur – qui guident et (dés)orientent les électeurs et électrices. Et ce d’autant plus que, dans un environnement médiatique concentré autour de quelques grands groupes financiers, il n’y eut aucun débat sur les programmes politiques des candidats. La campagne s’est ainsi muée en un spectacle, où dominaient images chocs, phrases provocatrices et émotions faciles, alimenté et exacerbé par un usage intensif des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.

Sur fond d’un narratif omniprésent de menace existentielle – l’effondrement du pays, l’accession au pouvoir d’un néocommunisme, etc. –, trois ensembles de raisons – tactiques, antipolitiques et idéologiques –, qui éclairaient déjà l’accession au pouvoir de Milei et de Kast, semblent déterminer le vote pour Abelardo de la Espriella.

Raisons tactiques en ce que l’ensemble des partis de droite et des acteurs de la classe économique dominante s’est rallié quasi unanimement à la candidature d’Abelardo de la Espriella. Quand bien même ce n’était pas leur premier choix et sans nécessairement adhérer à son style provocateur ni à certaines de ses promesses électorales, ils ont jugé – à juste titre – qu’ils avaient intérêt à ce qu’il accède à la présidence, car cela faciliterait les affaires. En ce sens, la victoire de l’extrême droite en Colombie n’est pas le résultat de l’échec de la gauche – celle-ci ressort renforcée des élections –, mais bien de l’effondrement des droites [4]. L’avenir dira si nous sommes face à l’émergence d’une nouvelle extrême droite, voire d’une forme inédite de fascisme, ou d’une recomposition et radicalisation des forces conservatrices. Le moment politique actuel se caractérise en tous les cas par une forme de néolibéralisme sécuritaire doublé d’un agenda ultraconservateur en matière de droits et de mœurs [5].

Raisons antipolitiques : les voix en faveur d’Abelardo de la Espriella sont tout autant le fruit d’un vote d’adhésion que de rejet du président actuel. Une partie de la population a d’abord voté contre Petro et tout ce qu’il représente : un ex-guérillero, homme de gauche au pouvoir, mettant en place des mesures favorables à la « plèbe ». Au-delà de sa personnalité [6] et de son programme, c’est toute la classe politique et l’establishment qui sont rejetés. La défiance envers la classe politique (en Colombie et dans toute l’Amérique latine) est si profonde, le ras-le-bol si général et l’élan dégagiste si puissant que le discours « antisystème » de quelqu’un qui se présente comme un outsider – aussi absurde que puisse apparaître une telle prétention ; de la Espriella est l’avocat de ce système dont il tire ses ressources – jouit d’emblée d’un important pouvoir d’attraction.

Il est d’autant plus inquiétant de voir la rhétorique de la rupture captée par l’extrême droite que la frustration envers le statu quo et le rejet des classes gouvernantes constituent une lame de fond au niveau régional, voire mondial, qui prime sur les raisons politiques et les programmes. Faute de pouvoir donner un sens – à la fois orientation et signification – à l’insatisfaction populaire, celle-ci tourne en rond dans l’écœurement rance plutôt que de se muer en révolte émancipatrice.

Raisons idéologiques enfin. Il ne fait guère de doute qu’une partie de l’électorat adhère aux idées et slogans d’Abelardo de la Espriella : appel à un « homme fort » qui promet une politique de « retour à l’ordre », remise sur le devant de la scène de la famille traditionnelle, de la patrie et de Dieu, dans un contexte de violence et de précarité économique. Cette réaffirmation de valeurs conservatrices doit se comprendre comme une réaction aux cycles d’estallidos (soulèvements populaires) de 2019 et 2021 et au gouvernement de gauche qui en est le prolongement, consacrant la combativité des mouvements sociaux. Elle est aussi la revanche de la « dignité masculine », mise à mal par la situation économique précaire, la prédominance (plus de 55%) du secteur informel dans le travail – entérinant l’écroulement de ce que Silvia Federici appelle le « patriarcat salarié » – et l’offensive féministe.

L’analyse de Verónica Gago mérite d’être rappelée : « Nous vivons une contre-offensive : c’est-à-dire une réaction contre la puissance déployée par le mouvement féministe. (…) La contre-offensive est un rappel à l’ordre dont l’agressivité dépend de la perception de la menace » [7]. Les déclarations chargées de testostérone d’Abelardo de la Espriella, adepte d’une politique « qui a des couilles », sa prétention à « protéger les femmes », la mise en avant contradictoire de sa famille – son épouse et ses quatre enfants – et de ses attributs sexuels sont autant de démonstrations d’autorité et de marqueurs d’une volonté de restaurer et de discipliner le rôle et la place des femmes.

En finir avec la précarité et la violence
Combattre la violence avec une main de fer et mettre fin à la précarité ; telles sont les deux promesses qui ont eu le plus de résonance auprès du public. La criminalité et la vie chère sont de fait devenues les préoccupations majeures des populations du continent. Et cela se traduit dans les urnes par la victoire de l’extrême droite. La pandémie du covid est venue aggraver une crise économique régionale qui sévissait depuis 2014-2015 et avait été qualifiée par la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine de l’ONU) de « La pire période depuis 1950 ». Quant à la violence, l’Amérique latine et les Caraïbes représentent, en taux d’homicides volontaires par habitant, la région la plus dangereuse au monde, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Si le gouvernement Petro peut se prévaloir d’un bilan positif sur le plan social et économique, il n’en va pas de même sur le plan sécuritaire où son programme « Paix totale » – la volonté de négocier avec l’ensemble des acteurs armés – ne présente guère d’avancées. Il est vrai que la situation est particulièrement complexe. L’accord de paix signé en 2016 avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) devait mettre fin au plus long conflit armé du continent. En réalité, celui-ci s’est reconfiguré en « un scénario extrêmement hybride au sein duquel les frontières entre la politique et la criminalité sont toujours plus diffuses » et où les acteurs armés, immergés dans l’économie illicite, s’affrontent pour le contrôle de territoires et l’accès aux ressources [8].

Pour Abelardo de la Espriella, cette « Paix totale » est non seulement un échec mais aussi et surtout une trahison envers la patrie. « Il n’y aura pas de négociation avec les criminels », assène-t-il. Et il se fait fort de récupérer le territoire où sévissent les groupes armés – ils sont présents dans près de la moitié des municipalités du pays – au cours des trois premiers mois de son mandat. Il veut construire des méga-prisons, sur le modèle de Bukele au Salvador, et combattre le « narcoterrorisme » à la manière et avec l’aide de Trump, en renouvelant la politique de « Sécurité démocratique » mise en œuvre sous la présidente d’Uribe (2002-2010). Or, cette stratégie a été marquée par de graves violations des droits humains et l’exécution extrajudiciaires de plus de 6 400 personnes [9]. De même, il assure éradiquer 330 000 hectares de cultures de coca (c’est plus que la superficie du Luxembourg), principalement par le biais des « fumigations ».

La Colombie est le pays le plus dangereux au monde pour les défenseurs et défenseuses de la terre et de l’environnement. Entre 2016 et 2024, 1559 leaders sociaux ont été assassinés, et au moins 187 d’entre elles et eux en 2025 [10]. Mais il est significatif que la grande majorité des territoires et des personnes les plus affectés par la violence n’ont pas adhéré aux discours d’Abelardo de la Espriella. Ainsi, les trois départements où le plus grand nombre d’activistes sociaux ont été assassinés sont le Cauca, Nariño et Putumayo. L’intensité de la violence dans ces territoires s’explique par une conjonction de facteurs : « la forte présence de groupes armés illégaux, les revenus issus du trafic de drogue et une situation géographique stratégique qui fait de ces territoires des zones très convoitées » [11]. Or les électeurs et électrices de ces trois départements ont voté à plus de 75% pour Cepeda [12]. Toutes proportions gardées, il en va de même pour l’Amazonie qui a voté à près de 61% pour ce candidat.

Certes, cette tendance s’inscrit dans la carte électorale « traditionnelle » de la Colombie où le centre du pays vote majoritairement à droite, tandis que Bogota et les régions périphériques penchent à gauche. Mais elle constitue le triple marqueur des clivages rural/urbain, socio-démographiques – les populations afro-colombiennes et indigènes – et socio-politiques– les activistes environnementaux et sociaux. Non seulement, ces groupes sociaux qui ont l’expérience la plus directe des violences ont largement rejeté les slogans du candidat d’extrême droite, mais ils savent qu’ils seront les victimes de cette politique ; une politique condamnée à échouer. En fin de compte, le narratif sécuritaire est à destination d’un autre public et répond davantage à ses perceptions et à ses peurs. Tout en les entretenant. De manière plus organique, il prolonge une réification de la conflictualité sociale en Colombie, en faisant de la violence un phénomène étranger à la société, alors qu’elle a partie liée avec les inégalités, la stratégie de développement et l’oligarchie. Une partie de la population colombienne continue à refuser de se regarder – et de se reconnaître – dans les éclats de ce miroir.

Ce biais idéologique se reproduit au niveau économique. Les idées d’Abelardo de la Espriella sur cette question se réduisent à son incarnation ostentatoire de la réussite – self made man millionnaire, vivant une vie de luxe entre les États-Unis, l’Italie (il est aussi citoyen de ses deux pays) et la Colombie – et à l’exaltation de l’auto-entreprenariat qui rendrait ce mirage accessible à tous. Une part de la population veut le croire. Sur fond d’individualisme et de néolibéralisme triomphants, envoutée par la promesse bling bling et l’effacement des classes sociales, la prospérité serait à portée de main. À condition de se débarrasser des entraves et de la bureaucratie étatiques. Selon la formule d’Abelardo de la Espriella, la « Patrie Miracle » doit se substituer au pays de la misère.

C’est l’immédiateté des solutions magiques – à l’insécurité, à la crise économique, etc. – qui a emporté l’adhésion populaire. Réponse décomplexée et décomplexifiée aux problèmes quotidiens. Il existe de la sorte une « asymétrie temporelle » avec les promesses de Cepeda qui impliquaient un long et lent travail collectif pour, à terme, vivre mieux. Frustrée et fatiguée d’attendre, une partie des électeurs et électrices est restée piégée dans le spectacle de la Espriella en voulant tout, tout de suite.

Ce qui vient
Au soir de sa victoire électorale, le discours d’Abelardo de la Espriella a tranché avec sa rhétorique habituelle, par sa modération et son caractère consensuel. Changement tactique ? Sa très courte avance et la composition d’un parlement et d’un sénat où il ne détient qu’une poignée de représentant·es – et au sein desquels le bloc de gauche est déterminé à mener l’opposition – le pousseront-il à des compromis et à des alliances avec les forces de la droite traditionnelle ? Ou à contourner ces institutions pour mieux asseoir son pouvoir. Quoi qu’il en soit, son gouvernement s’annonce instable et conflictuel.

La remilitarisation de la politique et la fumigation massive de larges étendues, l’alignement sur Washington et l’alliance stratégique avec Israël, la relance d’une économie extractive et la levée de l’interdiction du fracking (fracturation hydraulique), la croisade contre « l’idéologie du genre » et la réduction drastique des dépenses publiques… autant de remèdes qui portent en eux les prochains conflits sociaux. Sans compter que les promesses irréalistes et les attentes magiques viendront rapidement se briser sur la réalité. La question n’est donc pas de savoir si une explosion sociale aura lieu ou non, mais quand et la forme qu’elle prendra, au revers d’une répression qui ne manquera pas de s’intensifier.

L’étude du cas colombien, pour spécifique qu’il soit, doit aussi être l’occasion de monter en généralité pour penser la lutte contre l’extrême droite au niveau mondial. Nous voudrions attirer l’attention sur une série de déplacements, recodages et montages. La Colombie est passée à l’extrême droite alors que la gauche faisait bloc, avait un programme, un bilan relativement positif et des relais au sein des forces sociales. Cela appelle en conséquence à prendre la mesure du désenchantement politique, de la crise de la représentation et du caractère illusoire d’une stabilisation dans une situation si polarisée. Plutôt que de viser au centre et de miser sur la modération, ne conviendrait-il pas de reprendre la stratégie du mouvement féministe argentin d’« inclusion par radicalisation » [13] et d’assumer une politique de rupture ?

Dans un contexte de concentration médiatique et de développement des réseaux sociaux, l’espace et le temps de la confrontation tendent à se déplacer, des débats publics autour de programmes vers le flux continu des échanges. Les récents soulèvements populaires de la Gen Z n’ont-ils pas montré la possibilité d’une praxis insurrectionnelle du numérique qui échapperait au spectacle [14] ? Plutôt que d’opposer de manière binaire l’espace public et les réseaux sociaux, ne convient-il pas de les investir conjointement, mais en étant conscient de leurs fragilités, leurs limites et contradictions et en cherchant à déjouer les effets de ravissement et d’immédiateté ?

En Colombie comme sur tout le continent ibéro-américain et un peu partout dans le monde, l’insécurité est devenue la première préoccupation. On parle de « bataille culturelle », on appelle la gauche à prendre en charge ce thème. Mais l’exemple colombien démontre la prévalence d’une compréhension faussée par la peur et la soif d’une solution magique : immédiate, brute, directement efficace et durable, sans engager d’effort collectif. Aucun éclaircissement, aucune victoire n’est possible sur ce terrain-là. L’urgence n’est-elle pas dès lors, moins de s’emparer de thématiques mises en avant par l’extrême droite, que de s’attaquer à cette soif de remèdes immédiats qui court-circuite l’intelligence collective et jette des pans entiers de la population dans les bras du fascisme ?

Mais pour cela, encore faut-il reconnaître que cet envoûtement opère également à l’autre bout du spectre. Serions-nous condamnés à demeurer coincés entre l’éphémère magie de soulèvements populaires sans lendemains et le présentisme de gouvernements de gauche sans issue ? L’enjeu n’est-il pas de réinscrire les moments magiques des révolutions dans le prosaïque quotidien et de mesurer les promesses et programmes à l’aune de la vie quotidienne ? Encore faut-il pour cela penser et construire l’alternative, c’est-à-dire une vision et un projet collectifs, une auto-organisation et des alliances où ne s’opposent pas abstraitement l’ici et maintenant, d’un côté, le temps long et lent des transformations institutionnelles, de l’autre. Est-ce utopique ? Une première réponse viendra en partie des mouvements sociaux colombiens.

Enfin, la Colombie donne à voir le montage des temps et espaces du combat contemporain contre l’extrême droite : le cadre politique traditionnel est aujourd’hui l’un des lieux de cette lutte, mais pas le seul ni même le principal. La rue a pris le relais et est disputée par les forces réactionnaires. C’est donc avant tout dans les mobilisations sociales et la désobéissance civile que le fascisme a quelque chance d’être renversé.

Frédéric Thomas, 3 juillet 2026.

Article publié sur le site du CETRI et republié par Entre les lignes Entre les mots.
Entre les lignes Entre les mots, Licence Créative Commons.
Autorisation générale de publication intégrale des articles publiés sur le site du CETRI.

Notes
[1] Sur les enjeux politique de ces élections en Colombie et au niveau continental, je me permets de renvoyer à mon article précédent : « Élection en Colombie : tournant à droite, politique spectacle et polarisation »,
https://basta.media/presidentielle-colombie-danger-militarisation-de-la-politique-Ivan-Cepeda-Abelardo-de-la-Espriella.
[2] Fabien Escalona, « ‘Un vent de dégagisme souffle en Amérique latine’. Entretien avec Thomas Posado », Mediapart, 22 juin 2026,
https://www.mediapart.fr/journal/international/220626/un-vent-de-degagisme-souffle-en-amerique-latine ;
Bernard Duterme, « Amérique latine : poussées progressistes, réactions conservatrices », in CETRI, Amérique latine : les nouveaux conflits, Paris, Syllepse, collection Alternatives Sud, 2023,
https://cetri.be/Amerique-latine-poussees-6288.
[3] Manuel Izquierdo P., « Cuál es el perfil de los votantes de José Antonio Kast, según estudios y analistas », ExAnte, 11 octobre 2025,
https://www.ex-ante.cl/cual-es-el-perfil-de-los-votantes-de-jose-antonio-kast-segun-estudios-y-analistas/ ;
Perfil, « Un estudio identifica los “cuatro electorados” de Milei », 6 juin 2026,
https://www.perfil.com/noticias/cordoba/un-estudio-identifica-los-cuatro-electorados-de-milei.phtml ;
Orza, Segunda vuelta presidencial 2026 y los desafíos de gobernabilidad del próximo presidente. Del triunfo electoral a la construcción de poder,
https://orza.com.co/elecciones2026/.
[4] Pour rappel, les candidats du centre droit et de la droite (dure) n’ont réuni sous leurs noms que 13% des voix au premier tour.
[15] Santiago Pulido Ruiz, « Apuntes estratégicos sobre la coyuntura colombiana”, Jacobin, 21 juin 2026,
https://jacobinlat.com/2026/06/colombia-en-su-laberinto/.
[6] Il a aussi été critiqué à gauche pour son « protagonisme » et sa jactance sur les réseaux sociaux.
[7] Verónica Gago, La puissance féministe ou le désir de tout changer, Paris, Éditions Divergences, 2021.
[8] María Victoria Llorente, Ley de Orden Público. Intervención en audiencia ante la Corte Constitucional, 22 août 2023,
https://storage.ideaspaz.org/documents/fip_intervencionmvll_final01.pdf.
[9] Verdad Abierta, « Colombia elige entre dos visiones sobre la paz y la seguridad », 17 juin 2026,
https://verdadabierta.com/colombia-elige-entre-dos-visiones-sobre-la-paz-y-la-seguridad/.
[10] Global Witness, Voces silenciadas, 2024,
https://www.globalwitness.org/es/missing-voices-es/ ;
Indepaz, Observatorio de Derechos Humanos y Conflictividades, 2024,
https://indepaz.org.co/category/observatorio-de-conflictos-y-posacuerdos/ ;
Isabella Jaramillo, Juliana Betancourth et Valentina Gutiérrez, « Al menos, 187 líderes y lideresas sociales fueron asesinados en Colombia en 2025 », Rutas del conflicto, 31 décembre 2025,
https://rutasdelconflicto.com/notas/menos-187-lideres-lideresas-sociales-fueron-asesinados-colombia-2025.
[11] Isabella Jaramillo, Juliana Betancourth et Valentina Gutiérrez, « Al menos, 187 líderes y lideresas sociales fueron asesinados en Colombia en 2025 », Rutas del conflicto, 31 décembre 2025,
https://rutasdelconflicto.com/notas/menos-187-lideres-lideresas-sociales-fueron-asesinados-colombia-2025.
[12] La Silla vacilla, Mapa de resultados, 21 juin 2026,
https://www.lasillavacia.com/.
[13] Verónica Gago, Ibidem. ; William Callison et Verónica Gago, « The Far-Right International Versus Anti-fascist Internationalism », South Atlantic Quarterly, vol. 124, n°4, octobrer 2025,
https://read.dukeupress.edu/south-atlantic-quarterly/article/124/4/858/401624/The-Far-Right-International-Versus-Anti-fascist.
[14] Aurélie Leroy et Frédéric Thomas, « Un nouveau cycle de soulèvements populaires ? », in CETRI, Gen Z. Nouveau cycle de soulèvements populaires ?, Paris, Syllepse, collection Alternatives Sud, 2026.

A LIRE, en accès libre, sur le virage à l’extrême-droite en Amérique Latine, “le seul continent où Trump obtient des victoires par ses alliés”.
POUR Press remercie le CETRI (Belgique), EuropeSolidaireSansFrontières (Suisse), The Conversation (International), Phénoménal World (USA), Jacobin (USA), Les lecteurs des Crises (France),  Lundi Matin (France), l’Agence de Presse Pressenza (International), IPS (Agence internationale progressiste de Nouvelles), Presse-toi à Gauche ! (Canada), De Wereld Morgen (Belgique), El Salto (Espagne),  la Fondation Rosa Luxembourg  et Nueva Sociedad (Fondation Friedriech Ebert, Amérique Latine). Traduction automatique en français des articles en anglais, en néerlandais, en espagnol et en portugais. Les articles mentionnés (F) sont en français.
■États-Unis.
Retour sur les axes avec lesquels les États-Unis cherchent à refaire de l’Amérique Latine leur arrière cour.
●”L’Amérique Latine, otage des États-Unis de Trump”, Ana Cristina Carvalhaes, journaliste et fonctionnaire fédérale brésilienne, Maitresse en économie à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, fondatrice du PSOL, 18 août 2026, Presse-toi à Gauche ! (Canada). (F)
●”La doctrine Donroe : faire de l’Amerique Latine un paradis pour les investisseurs”, Logan Mac Millan, 3 mai 2026, Jacobin et Les lecteurs des Crises,  POUR. (F)
●”L’expansion militaire américaine en Amérique Latine”, Giorgio Trucchi, journaliste base en Amérique Latine, 22 mai 2026, Agence de Presse Pressenza, POUR. (F)
■Alvaro Garcia Linera, universitaire et théoricien marxiste, ancien Vice-Président de Bolivie, revient sur la politique de Trump en Amérique Latine.
●”Alvaro Garcia Linera : en Amérique Latine, Trump va tenter de compenser son désavantage vis-à-vis de la Chine par une exacerbation des politiques interventionnistes”, 13 janvier 2025, POUR. (F)
■Après leurs échecs dans certains pays, les gauches politiques réformistes des Amériques, qui ont conservé le pouvoir dans certains Etats et une partie du pouvoir législatif, tentent de reconstituer leurs forces via les parlements. Leur objectif : lutter contre la doctrine Donroe.
“La gauche des Amériques tente de reconstituer ses forces via les parlements”, Armando Alvarez Garcia, Université de la Rioja, 15 septembre 2026, The Conversation.
■Argentine, Chili, Salvador.
Les dictatures militaires des années 1960 et 1970 etaient arrivées au pouvoir par la force. Aujourd’hui, c’est par les urnes que des partis ou des coalitions politiques nostalgiques de ces dictatures arrivent au pouvoir, un phénomène en expansion, inversant la tendance des années 2000 et 2010 qui avaient vu les victoires de coalitions des gauches.
●”Radiographie de la progression des extrêmes-droites en Amérique Latine”, Thomas Posado, Université Rouen Normandie, 22 avril 2026, The Conversation.  (F)
■Colombie.
La présidence de Gustavo Petro fut la première présidence des gauches de l’histoire de la Colombie. Le candidat des gauches pour lui succéder a perdu à peu de voix,  un candidat d’extrême-droite, soutenu par les USA et Israël, ayant remporté l’élection présidentielle.
▪︎”Comment les États-Unis et Israël ont porté au pouvoir un avocat lié à la mafia de la cocaïne en Colombie”, Ben Norton, 27 août 2026,  De Wereld Morgen.
▪︎”En Colombie, fin de la parenthèse de gauche ?”, Recherches Internationales, 22 juillet 2026, Agence de Presse Pressenza.(F)
▪︎”Comprendre l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite en Colombie”, Lundi Matin, août 2026,  Série de 5 articles. (F)
■Pérou.
L’élection de Keiko Fujimori, alignée sur les droites radicales, renforce un régime de croissance extractive.
▪︎”Pérou : le retour de l’ordre. Le fujimorisme 2.0 s’allie au club de la droite”, Coronel Omar, 20 juin 2026. (F)
▪︎”Le soit disant paradoxe du Pérou”, Stephan Gruber, 15 août  2026, Phénoménal World.
■Bolivie.
Six mois après son élection, le nouveau président bolivien a été confronté à une vague protestataire, rejettant les politiques économiques libérales mais également la marginalisation des organisations sociales.
▪︎”Rodrigo Paz au Palacio : une évaluation provisoire du tournant politique bolivien”, Armando Ortuno et  Maria Teresa Zegada Claure, 1 juin 2026, Nueva Sociedad via le CETRI.
▪︎Sur le soulèvement Aymara et Quechua contre l’Etat bolivien.
“La Bolivie au bord du précipice”, Hilton Forest, 4 juin 2026. (F)
▪︎Sur la possible ouverture d’un nouveau cycle de rébellions en Bolivie, sur les trois dynamiques qui structurent ces rébellions, internationale, des classes et des tâches, et sur les fragmentations des différents mouvements sociaux suite à la crise du MAS bolivien qui alliancait ces différents mouvements.
“Bolivie, une rébellion d’un nouveau genre”, Campos Estevan et Dutra Israel, 24 juin 2026. (F)
■Chili.
Retour sur les élections présidentielles au Chili, où la candidate des gauches reformistes et radicales,  perdante,  élargit notablement son score au second tour, sur la division après l’élection présidentielle entre les courants de gauche réformiste (parti socialiste, vers une alliance avec la démocratie chrétienne et des courants de centre droit) et les courants de gauche radicale (parti communiste et Frente Amplio),  et sur les 6 premiers mois de la présidence du président néopinochetiste Kast.
▪︎”Réformer sans pouvoir : la gauche parlementaire chilienne d’Allende à Boric”, Sushovan Dahr, 21 février 2026, Alternative Viewpoint  via Europe Solidaire Sans Frontières,  et divers articles A LIRE,  POUR. (F)
▪︎”Les six premiers mois de Kast au Chili : du gouvernement d’urgence à la bataille culturelle”, Jaime Bordel Gil , 29 septembre 2026, El Salto.
■Octobre 2026, le Brésil ?, ou l’avant dernière offensive des États-Unis contre l’Amérique Latine.
▪︎Si le lulisme, défini comme la loyauté aux gouvernements du Parti des Travailleurs, a permis de gagner le soutien des plus pauvres et de vaincre Bolsonaro père, la gauche brésilienne a cependant perdu son hégémonie sur sa base sociale d’origine.
“Le bolsonarisme peut revenir au pouvoir”, Valéry Arcadi,  Centre Fédéral d’Education Technologique de Sao-Paulo, 18 septembre 2024, avec 7 articles A LIRE, POUR. (F)
▪︎Quelques clés pour comprendre les luttes déjà en court au Brésil, quelle que soit le résultat des élections présidentielles.
“Le Brésil face à la polarisation : bilan et perspectives”, Alexandre Fucille et Esther Solano Gallego, 11 avril 2026, Nueva Sociedad via le CETRI, POUR, avec 1 article A LIRE sur les relations syndicats-partis politiques au Brésil.  (F)
▪︎Quand les soutiens étrangers à l’un ou l’autre candidat et l’exaspération qu’ils suscitent dans certaines fractions de l’électorat brésilien pourraient contribuer à faire basculer le résultat de l’élection présidentielle.
“Quand la polarisation internationale s’invite dans la présidentielle brésilienne”, Jorge Jacob, IESEG, 27 août 2026, The Conversation. (F)
▪︎Lula a fait de la souveraineté du Brésil un thème central de sa campagne électorale, contre les menaces et pressions des États-Unis et dénonçant la famille Bolsonaro comme “traîtres agissant par intérêt personnel”, ce qui lui a permis de maintenir une constante avance dans les sondages.
“Le discours de Lula à l’ONU met en lumière deux visions du nationalisme brésilien à l’approche d’élections cruciales”, André Pagliarini, Université de Louisiane, 22 septembre 2026, The Conversation.
▪︎Andreas Behn revient sur l’alliance large qui soutient la candidature de Lula, incluant des partis de gauche radicale et également des partis de centre droit, et l’alliance étroite qui soutient la candidature de Bolsonaro Junior, plusieurs autres candidats d’extrême-droite se présentant au premier tour dont les électeurs se regrouperont derrière Bolsonaro Junior au second tour.
Également, sur le soutien des “courants masculinistes”, pénétrant jusque dans les favelas, une des bases historiques du Parti des Travailleurs de Lula, derrière Bolsonaro Junior.
“Elections brésiliennes de 2026 : Lula ou Bolsonaro Jr ?”, Andreas Behn, 9.septembre 2026, Fondation Rosa Luxembourg.
▪︎”Elections au Brésil : le choix entre droits sociaux et exploitation”, entretien avec Brian Mier à Recife au Brésil, Lode Van Oost, 2 octobre 2026, De Wereld Morgen.
▪︎”Climat et environnement: un thème quasi absent des élections brésiliennes”, Maria Osava à Rio de Janeiro, IPS, Agence de Nouvelles, 28 septembre 2026, via Europe Solidaire Sans Frontières. (F)

Illustration : Abelardo de la Espriella, CC0, via Wikimedia Commons


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Le CETRI ou Centre d'Etudes Tricontinental, fondé en 1996 et basé à Louvain La Neuve (Belgique), est un centre d'étude, de publica2tion et de formation sur les rapports Nord-Sud et la mondialisation. Il édite notamment la revue trimestrielle Alternatives Sud en collaboration avec les Editions Syllepse.