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Point de vue d'Alain Moreau
■Depuis sa percée électorale de 2011(au niveau canadien, 4,5 millions de voix soit 30,6% des votes, 103 députés sur 308 au parlement fédéral, dont 59 au Québec, 1,650 million de voix soit 43,6 % des votes au Québec, au détriment du Bloc Québécois, parti nationaliste québécois présent  au niveau fédéral canadien et opérant en liaison avec le Parti Québécois au niveau de la province de Québec, à sensibilité libérale centriste attrape-tout) que le Nouveau Parti Démocratique (NPD) en français (NDP en anglais) obtient sur base d’un programme progressiste et ouvert aux revendications du nationalisme québécois (extension et  création de programmes sociaux financés par un impôt plus progressif et une imposition accrue des entreprise, suppression de la TPS, équivalent TVA, sur certains produits dont l’électricité,  respect des compétences provinciales, ouverture à des réformes constitutionnelles de transfert de compétences pour le Québec et respect de la règle de 50%+ 1 voix en cas de référendum en la matière), le NPD est considéré comme l’opposition officielle au Parlement fédéral du Canada. Le Nouveau Parti Démocratique (NPD, fondé en 1961 de la fusion de l’ancien parti social démocratique du Canada et des 2 organisations fédérales des syndicats canadiens, Congrès des métiers et du travail du Canada et Congrès canadien du travail, regroupées en 1956 dans le Congrès du travail du Canada) a subi depuis 2011 une perte progressive et constante  d’influence. Au Québec, où il ne présente des candidats qu’aux élections fédérales, il ne représente plus en 2025 que 200000 voix soit 4,5% des votes et un député francophone (qui envisage sérieusement de quitter le NPD pour rejoindre Québec Solidaire et se présenter au nom de Québec Solidaire lors des élections provinciales de 2026 selon ses récentes déclarations), sans plus aucune organisation structurée au niveau de la province (sa section provinciale, après avoir adopté une position souverainiste, a rejoint en masse Québec Solidaire en 2006, les divergences en 2006 avec le NPD fédéral portant sur le paternalisme anglophone du NPD par rapport aux Québécois francophones et sur l’importance des dévolutions supplémentaires de compétences au Québec, auxquelles sont opposés les partis fédéraux et les anglophones, en clair la question “vers l’indépendance”), aucune section québécoises du NPD n’ayant été ensuite reconstituée malgré la victoire électorale de 2011. Québec Solidaire, qui compte environ 20000 membres, ne présente des candidats qu’aux élections provinciales et rassemble toutes les courants des gauches québécoises, y compris la gauche indépendantiste,   hors certains courants d’extrême gauche. Une évolution similaire a été observée au Québec pour les partis libéral et conservateur. Le parti conservateur fédéral, dissous au Québec dans les années 90 est réapparu lors des élections provinciales de 2012 avec des scores inférieurs à 1 % jusqu’en 2022 où il obtient plus de 500000 voix (10%) mais aucun élu provincial vu le mode de scrutin. Le parti libéral fédéral ne se  présente plus aux élections provinciales au Québec depuis 2000, où lui a succédé le parti libéral du Québec (PLC),  non formellement affilié, autonomiste et  non indépendantiste, qui est passé au niveau provincial de 46% des voix en 2000 à 14% des voix en 2022, le PLC  remportant au niveau provincial systématiquement toutes les circonscriptions anglophones du Québec, dans la région de Montréal, et constituant  la première opposition  au parlement provincial du Québec avec 18 députés provinciaux sur 125. Les électorats québecquois francophones de ces courants se sont dirigés vers des formations nationalistes québécoises, partis ou regroupements,  “de mêmes sensibilités”. Suite aux élections fédérales de 2025, le NPD se voit réduit à 7 députés fédéraux (pour 25 en 2021 dont 1 siège au Québec, 24 en 2019 dont 1 siège au Québec, 44 en 2015 dont 16 au Québec) perdant 1669000 voix (plus de la moitié de son électorat de 2021, le NPD ne représentant plus que  1,264 million de voix au niveau fédéral canadien en 2025) dans une élection où la participation électorale a augmenté de 6,6%, l’abstention s’élevant à 30,50% (la participation aux élections fédérales au Canada augmente depuis le creux de 2008 où elle était de 58%). Sous le gouvernement libéral de Justin Trudeau de  de 2021 à 2025, le NPD a abandonné son rôle d’opposition pour un soutien sans participation au gouvernement libéral à partir de  2022 et rompu en 2024, qui a apporté une stabilité parlementaire au gouvernement libéral et duquel le NPD a obtenu une assurance fédérale  médicaments et une  assurance fédérale soins dentaires pour  les ménages à faibles et moyens revenus, les enfants et les personnes âgées, mesures considérées comme insuffisantes pour son appui parlementaire eu égard à son programme politique.

Titre pour le test

Lors des élections de 2025 (dans un contexte de polarisation entre conservateurs et libéraux, où le parti conservateur mais également le parti libéral dans une moindre mesure ont soit radicalisé pour les conservateurs soit développé pour les libéraux, avec des nuances diverses, un discours antiimmigration,  et où ces partis ont adopté des approches communicationnellesplus populistes), certaines bases du NPD (soit pour éviter l’arrivée au pouvoir du parti conservateur soit autant voter pour l’original que pour la copie), ont glissé vers le parti libéral, des mouvements étant également observés vers le parti conservateur dans des quartiers populaires et ouvriers. Les motifs invoqués pour expliquer les pertes de voix du NPD sont une campagne trop centrée sur le président du NPD et sa personnalité (celui-ci n’ayant pas été réélu dans sa circonscription), une communication trop moralisatrice ou trop académique échouant à prendre en considération les questions de l’accessibilité et les besoins de sécurité économiques des classes moyennes et populaires, une campagne centrée sur la défense des bastions urbains du NPD (lors des élections fédérales du 28 avril 2025, le NPD a par ailleurs perdu ses bastions urbains de l’Ontario, avec un score divisé par 3 par rapport à 2021et un score moindre que lors des élections provinciales de février 2025 en Ontario, et de l’Ouest canadien au profit des partis libéral et conservateur, notamment la perte de 10 sièges sur 13 en Colombie Britannique), la perte des appuis dans les bases traditionnelles, les progressistes urbains ayant migré vers les libéraux et certains secteurs ouvriers vers les conservateurs. Depuis de nombreuses années, le NPD n’est plus considéré que comme un parti anglophone (dans un pays où les électeurs francophones représentent 6,4 millions d’électeurs inscrits sur 28,5 millions d’électeurs), par ailleurs  malgré son discours officiel, parfois désinvesti partiellement ces dernières années des luttes des mouvements sociaux et des luttes syndicales et absents de ces luttes au Québec, développant un tournant centriste de plus en plus appuyé et une stratégie politique fédérale essentiellement parlementaire et fondée sur un “bon” programme et une “bonne” stratégie de communication avec un “bon” porte parole, les liens s’étant distendus avec certaines de ses bases électorales. Le NPD dirige 2 provinces anglophones (Colombie Britannique, la porte pacifique du Canada, et Manitoba), constitue l’opposition officielle, dans 5 provinces anglophones (Alberta, Ontario, Yukon, Nouvelle Ecosse et Saskatchewan), est faiblement présent dans une province (2 représentants sur 40, Terre Neuve et Labrador) et est absent des conseils provinciaux dans 3 provinces (Québec, Nouveau Brunswick,  Prince Edouard), les prochaines élections provinciales ayant lieu en 2026 (Québec), 2027 et 2028 (provinces anglophones). Aucune force politique organisée “à gauche” n’existe au Canada, le parti vert canadien (1 seul siège fédéral) captant aux dernières élections fédérales de 2025 environ 239000 voix et ayant perdu également la moitié de son électorat.
■A l’occasion des élections pour le nouveau porte parole et président du NPD la période de vote s’étendant du 9 mars au 29 mars 2026 (5 candidats anglophones se présentant dont 2 représentant les sensibilités de gauche et un candidat agriculteur et écologiste), POUR Press vous offre A LIRE, en pleine page ou en plein écran, une interview de Ian Mac Kay, historien canadien, spécialiste des gauches canadiennes, sur le potentiel radical du NPD, devenu inexploré et inutilisé  notamment depuis son tournant centriste.
■En lien,
● Tout d’abord, 2 articles sur l’évolution centriste du NPD et ses conséquences, articles provenant de la sphère politique anglophone du Canada.
● Ensuite, les interviews des 2 candidats représentant l’aile gauche du NPD et critiques par rapport au tournant centriste de la direction démissionnaire, Avi Lewis par Luke Savage (journaliste, publie sur Jacobin,  Washington Post, Toronto Star et New Statesman et anime un blog sur Substack) et Rob Ashton par David Moscrop (commentateur politique et animateur du podcast politique canadien Open to Debate), et sur les lignes et  propositions qu’ils entendent développer.
■POUR Press remercie The Breach Média, Canadian Dimension, Jacobin USA et Presse-toi à Gauche ! (Canada), qui fête ce 7 mars 2026 ses 20 ans sous forme d’un site web sans édition papier,  pour leurs articles et traductions. Victor Serge, chroniqueur POUR Press, 28 février 2026.

L’historien Ian McKay discute du défi du NPD face au libéralisme canadien et à sa propre dérive centriste, et de ce qu’il pourrait faire pour saisir son potentiel transformateur

5 septembre 2025 | tiré du site The Breach media

La course à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) a officiellement été lancée cette semaine. Après avoir subi une défaite écrasante aux élections d’avril, le NPD a perdu son statut de parti et a été réduit à seulement sept député·e·s, son chef Jagmeet Singh démissionnant immédiatement.

Quelle est la prochaine étape pour le parti ? Quelles leçons son histoire offre-t-elle ? Sa dérive centriste des dernières décennies est-elle irréversible ? Ou bien possède-t-il, comme l’avance l’historien Ian McKay, une « possibilité radicale » encore non réalisée ?
D’ici la fin mars 2026, lorsque la course à la direction se conclura, nous aurons peut-être quelques réponses.

McKay, professeur émérite à l’Université McMaster, est l’un des historiens de gauche les plus incisifs du Canada. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Rebels, Reds, Radicals : Rethinking Canada’s Left History, Radical Ambition : The New Left in Toronto, et Warrior Nation : Rebranding Canada in an Age of Anxiety.

Martin Lukacs s’est entretenu avec McKay pour The Breach Show, et l’entrevue a été complétée par une correspondance par courriel.