La banque d’un monde qui flanche

2 milliards de profits, 2.200 suppressions d’emplois, 267 fermetures d’agences :
la banque d’un monde qui flanche

Visiblement, on continue de nous prendre pour des imbéciles. Ce vendredi 15 mars, les médias commentaient les plus de 2.200 suppressions d’emplois et les 267 fermetures d’agences promises par BNP Paribas Fortis d’ici à 2021. Ces décisions se situent dans la droite ligne d’une tendance engagée depuis de nombreuses années chez les grandes banques belges (on se souvient du cataclysme ING), des « restructurations » à répétition soi-disant menées au nom de la compétitivité et de la digitalisation. Mais la fable qui sous-tend ces décisions, c’est un peu comme celle du développement durable : ça sonne faux. BNP Paribas Fortis continue d’engranger des profits records, près de 2 milliards d’euros en 2018, tout en nous montrant une voie socialement et écologiquement sans issue. Cette banque qui est la plus grosse de Belgique et qui appartient au groupe financier le plus important d’Europe, se pose comme une ouvreuse de voie. De fait, dans le pire, ce sont peut-être bien les meilleurs[1].

L’annonce des suppressions d’emplois et d’agences chez BNP Paribas Fortis a été faite à l’occasion de la publication des résultats annuels de la banque[2]. Ces résultats n’ont pas vraiment été commentés par les médias, pourtant ils en disent long : un communiqué de presse de 9 pages élaboré dans le plus pur style de la communication financière, un exercice de séduction, une litanie d’éloges sur les performances et la gestion exemplaire de ses dirigeants, tout cela à destination des actionnaires et des prêteurs de la banque.

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Et ce n’est qu’un début ! En des temps où les activités désastreuses des banques sont rendues de plus en plus visibles, où l’arrêt de ce désastre n’est plus un choix mais une nécessité, ces voies sont en mesure de nous redonner de la puissance pour agir.

Rendez-vous le 29 mars à Bruxelles pour une journée d’ateliers lors de laquelle on élaborera ce à quoi pourrait ressembler concrètement une socialisation de la banque Belfius et comment y parvenir, en abordant les sujets du climat et de la transition énergétique, du logement abordable pour toutes et tous, de l’accessibilité des services bancaires, et du financement des communes. Plus d’informations et inscriptions ici :

http://www.belfiusestanous.be/2019/03/15/belfius-mettons-la-banque-au-service-de-la-societe/

Aline Fares


[1] Voir notamment les site www.scandesbanques.be et www.lesrequins.fr, ainsi que le récent documentaire “BNP Paribas; dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne”, France 3, octobre 2018.
[2] Voir le communiqué de presse de BNP Paribas Fortis publié le 15 mars 2018: https://www.bnpparibasfortis.com/fr/newsroom/communique/bnp-paribas-fortis-résultats-annuels-2018.
[3] Voir à ce sujet le rapport (en anglais) intitulé “Abandonned Communities”, édité par Move your money et qui illustre les conséquences des fermetures de la dernière agence bancaire dans des zones rurales et péri-urbaines.
[4] Voir aussi à ce sujet le numéro du magazine de Financité “Quand la banque abandonne ses clients”, décembre 2018.
[5] Ecouter par exemple les 3 minutes de chronique économique du 18 mars intitulée “La banque de papa se meurt sous nos yeux”:
https://www.rtbf.be/classic21/rubriques/detail_chronique-economique/reecoutez?programId=802#livearea
[6] Représentant de la CNE cité dans une dépêche parue le 15 mars 2019 :
https://bx1.be/depeches/bnp-paribas-fortis-pas-de-licenciement-sec-selon-la-cne/ .
[7] Voir l’edito de La Libre daté du 15 mars “Emplois ou dividendes? Avec BNP Paribas Fortis, l’Etat belge a choisi…”
Sources de l’image: https://vimeo.com/167881337