DPC 2024 : comme quoi il y a toujours moyen d’empirer les choses…

Dès l’introduction, le ton est donné (p12) :

« Le Gouvernement n’entend pas que l’école fasse des efforts budgétaires non concertés, disproportionnés ou injustes au regard de leurs (sic) nombreuses missions. Mais il souhaite construire avec les acteurs de l’enseignement un accord (sur) la mise en œuvre d’une gestion plus efficace, plus raisonnée et équitable des moyens disponibles » 

Que voilà une façon bien jolie d’annoncer que l’on va imposer à ces « acteurs » de sérieux sacrifices. Les attaques à venir visent principalement trois cibles : les enseignants, les élèves des classes populaires et l’École elle-même, comme institution publique.

 

Cible n°1 : les profs !

La mesure la plus radicale est sans doute la liquidation du statut des enseignants, du moins pour ceux qui n’ont pas encore été nommés. On nous annonce en effet (p14) :

« l’engagement des nouveaux enseignants sous la forme d’un contrat à durée indéterminée, avec une augmentation de l’ordre de deux heures hebdomadaires (avec assouplissement possible en début et en fin de carrière), et ce afin de mettre fin progressivement au régime statutaire » .

Adieu donc à la sécurité d’emploi, censée compenser les maigres salaires des enseignants. Et deux heures de cours par semaine en plus pour tous les nouveaux engagés sous CDI (et pour les nommés qui accepteraient d’abandonner leur statut pour passer sous CDI). Pour certains ce sera davantage que deux heures, car le gouvernement envisage aussi « des différences de charge de travail entre les enseignants de disciplines différentes selon l’importance du temps qu’ils doivent consacrer à la préparation de leurs cours, au suivi des étudiants et à des activités de correction » (p13). Au passage, on a là une belle mise en oeuvre de la devise : « divide et impera » !


Nico Hirtt est physicien de formation et a fait carrière comme professeur de mathématique et de physique. En 1995, il fut l’un des fondateurs de l’Aped, il a aussi été rédacteur en chef de la revue trimestrielle L’école démocratique. Il est actuellement chargé d’étude pour l’Aped. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur l’école.
Publié avec l’aimable accord de Nico Hirtt et de l’APED
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