Introduction
En 1970, Bruxelles était encore la première ville industrielle du pays. Une cinquantaine d’années plus tard, la part de ce secteur dans l’économie de la Région s’est effondrée. Cette désindustrialisation urbaine, qui dépasse largement les frontières bruxelloises et belges, a longtemps été considérée comme une évolution « naturelle » qu’il s’agissait non pas d’endiguer mais, au contraire, d’encourager : exit les usines sales et bruyantes, place aux clinquants business districts de bureaux. Depuis quelques années, le discours a changé : maintenir des activités de production matérielle au sein de la ville apparait désormais comme une nécessité, tant pour privilégier les circuits courts (produire au plus près des lieux de consommation) que pour créer des emplois répondant aux profils de la main d’œuvre locale, voire dans la perspective de gagner en autonomie.
La fermeture de l’usine Audi à Forest fait remonter dans l’actualité une série de questions, parmi lesquelles celle du foncier, qui occupe une bonne partie des débats sur l’industrie urbaine : face à la raréfaction des terrains disponibles et à la concurrence d’affectations financièrement plus rentables (comme les projets de la promotion immobilière privée), comment préserver des espaces pour les activités industrielles/productives ? Comment concilier ces activités avec les autres fonctions de la ville, en premier lieu le logement ? Avant de se demander où et comment implanter ces fonctions, ne faut-il pas d’abord déterminer ce que l’on veut/peut produire à Bruxelles ? Y construire des SUV haut de gamme a-t-il un sens ? Privilégier une production en phase avec la demande, les besoins et les intérêts locaux, en mettant l’accent sur les dimensions sociales et écologiques, semble bien plus pertinent ; mais une telle orientation peut-elle se « décréter » ? Quels sont les leviers aux mains des institutions politiques régionales et comment les activer ? Et quels sont les constats et les propositions des acteurs économiques concernés ? Voilà un aperçu des questions que nous nous poserons lors des trois soirées de la 56e École urbaine de l’ARAU ; pour y répondre nous avons convié des intervenants aux profils variés (chercheurs, représentants politiques, patronaux, syndicaux et d’associations, responsables d’administrations…) afin de tenter d’y voir plus clair sur le futur de l’industrie en ville.
Mardi 25 mars : cadrage (19h-22h)
- Les tendances de l’industrie au niveau macroéconomique
Gilles Van Hamme, chercheur en géographie à l’ULB (IGEAT)
- Enjeux climatiques et énergétiques de la transformation de l’industrie
Mathieu Strale, chercheur en géographie à l’université libre de Bruxelles
Mercredi 26 mars : le foncier en questions (19h-22h)
- Produire localement : un défi pour Bruxelles
Maarten Lenaerts, perspective.brussels, département Analyse Territoriale
- Industrie en ville : hasard ou nécessité ?
Philippe Antoine, Directeur Général de l’Expansion Economique, citydev.brussels
- Protéger l’existant de la concurrence foncière
Claire Scohier, Inter-Environnement Bruxelles
Jeudi 27 mars : table ronde (19h-22h)
- Laurent Schlitz, Secrétaire Général d’Embuild Brussels, fédération membre de BECI
- Florence Lepoivre, Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
- Benoît Dassy, Secrétaire régional bruxellois CSC
- Barbara Trachte, Secrétaire d’Etat à la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la Transition économique et de la Recherche scientifique
Introduction et animation : Maxime Delrue, journaliste à l’Écho
Visites introductives
En préambule à l’Ecole urbaine, nous vous proposons la visite de deux entreprises bruxelloises.
Le jeudi 20 mars à 12h : Sonian, qui crée et fabrique du mobilier à partir de bois de la forêt de Soignes (rue Heyvaert 140, 1080 Bruxelles)
S’inscrire à la visite de Sonian
Le mardi 25 mars à 16h : BC Materials, qui produit des matériaux de construction à partir de terres excavées sur différents chantiers (avenue du Port 104, 1000 Bruxelles)
S’inscrire à la visite de BC Materials
Infos pratiques
Accueil à partir de 19h, avec à manger et à boire, au Baixu sur le site de Tour et Taxis (dans les Sheds, sous l’école du cirque)
Rue Picard 3, 1000 Bruxelles