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En conséquence des renseignements opérationnels collectés par une équipe clandestine de la CIA infiltrée à Caracas pendant plusieurs mois, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, Donald Trump, président des USA, ordonne des frappes sur des dispositifs militaires et civils au Vénézuela (pays sous embargo économique international depuis 2015 sur décision du président Obama et dont les actifs économiques ont été saisis notamment aux USA, 31 tonnes d’or étant toujours bloquées auprès de la Banque d’Angleterre dont le Vénézuela réclame depuis plusieurs années la restitution, que refuse la Banque d’Angleterre) et la capture et l’exfiltration, réalisées,(au motif declaré puis considéré comme très secondaire, de lutte contre le trafic de cocaine) du président du Vénézuela Nicolas Maduro et de son épouse Célia Flores, tous deux actuellement détenus aux USA et présentés à la Justice américaine ce lundi 05 janvier 2026, selon l’agence Reuters, “sous inculpations de complot de narcoterrorisme, de complot d’importation de cocaine, de détention de mitrailleuses et de dispositifs destructeurs et d’intention de détenir des mitrailleuses et des dispositifs destructeurs” pour le président Nicolas Maduro, (l’incrimination d’être le chef du Cartel de Los Soles, organisation par ailleurs inexistante, n’étant pas reprise malgré les déclarations répétées à ce sujet de Donald Trump), et sous inculpations “d’avoir ordonné des enlèvements et des meurtres, d’avoir reçu des pots de vins de trafiquants de drogue en 2007 pour faciliter une ŕencontre, de détenir des armes et d’avoir l’intention de les utiliser contre les USA” pour son épouse Célia Flores, les faits les plus précis remontant au début des années 2000, l’acte d’accusation étant essentiellement impressionniste.
L’opération militaire américaine a entraîné, selon les chiffres actuellement connus, la mort de plus de cinquante soldats et civils, dont 32 gardes de sécurité cubains et 23 soldats vénézueliens, ainsi qu’une centaine de blessés, militaires et civils.
Si des manifestations d’exilés vénézueliens, antichavistes et antibolivariens pour l’essentiel, ont eu lieu dans certaines villes étrangères (Madrid, New York,…), exhibant notamment des pancartes “Cela fait 26 ans que nous attendions ce moment” (Hugo Chavez est élu de manière incontestée président du Vénézuela en 1998 et à cette date, Nicolas Maduro est un chauffeur de bus et syndicaliste, élu député en 1999), le régime bolivarien et les institutions du Vénézuela ne présentent aucune fracture et aucun effondrement (la vice-présidente s’étant vue ordonner par la Cour Constitutionnelle d’assurer pour un interim de 90 jours, renouvelable, la présidence du Vénézuela, comme le prévoit la Constitution vénézuelienne en cas d’empêchement du président légitime, sans que de nouvelles élections présidentielles doivent être organisées), les rues de Caracas et des villes et villages du Vénézuela sont calmes, une partie de l’opposition vénézuélienne au régime bolivarien dénonçant également l’opération menée par Donald Trump (97% des vénézueliens sont opposés à une intervention militaire des USA au Vénézuela, quel que soit son but, selon un sondage de janvier 2025 réalisé par El National, média indépendant d’opposition) et ses objectifs, clairement affirmés, de rapine néocoloniale sur le pétrole et les minéraux du Vénézuela et les intentions de leur privatisation (objectifs que promeut officiellement dans son programme politique la “Prix Nobel de la Guerre” Mme Maria Corina Machado, ultralibérale de droite radicale, qui se présente comme chef de l’opposition vénézuélienne).
POUR Press vous offre A LIRE :
●En pleine page, un article de Juan Luis Manfredi, de l’Université de Castille- La Manche, sur les 5 clés pour comprendre les attaques militaires américaines au Vénézuela,
●En lien et en accès libre.
=Tout d’abord, 5 articles.
#Sur la continuité depuis plusieurs décennies des pressions des USA pour les ressources pétrolières du Vénézuela.
#Sur les obsessions de Trump quant au Vénézuela dans le cadre de sa nouvelle stratégie nationale de sécurité.
#Sur le kidnapping de Nicolas Maduro et de son épouse, président constitutionnel et légitime du Vénézuela, et la mort de l’ordre juridique international libéral, les avis convergents d’Alfredo de Zayas, ancien expert indépendant de l’ONU sur l’ordre international, Samuel Moyn, professeur à la faculté de droit à Yale, et Philippe Sands, avocat international et professeur de droit à University Collège à Londres.
#Sur le Vénézuela au centre du conflit économique et politique entre la Chine et les USA en Amérique Latine.
#Sur l’absence de réactions réelles de la France, des pays européens et de l’Europe au raid de la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et à l’enlèvement du président du Vénézuela Nicolas Maduro et de son épouse.
=Ensuite, 3 articles sur “Ce qui peut se passer maintenant et après”, 3 visions, en partie différentes, d’universitaires, l’un américain de Princeton University aux USA, 2 autres français de Sciences Po à Paris et le dernier argentin de l’Université Nationale Autonome du Mexique.
=Enfin, un article sur le récent accord syndical de plus de 50 organisations de travailleurs au Vénézuela mettant la défense des salaires au centre de la lutte des travailleurs.
=Egalement, les articles publiés par POUR Press ces derniers mois sur l’escalade américaine contre le Vénézuela “sous prétexte de lutte contre le trafic de cocaine”, dont une interview récente du président du Vénézuela Nicolas Maduro et une interview d’Alvaro Garcia Linera, ancien vice président de la Bolivie.
Victor Serge, chroniqueur POUR Press.
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Au dos de chaque billet d’un dollar, la phrase « Novus Ordo Seclorum » (« Nouvel ordre des temps ») fait allusion au principe qui guide la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis.
L’attaque contre le Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro annoncent le découplage des États-Unis de Trump de l’ordre international fondé sur des règles et la fin de l’ordre libéral dans son ensemble. Un nouvel ordre international est en train d’émerger, fondé sur l’usage de la force, le révisionnisme et la sécurité sur le continent américain.
Voici cinq clés pour comprendre les conséquences de l’intervention militaire et le nouvel ordre qu’elle inaugure.
1. Extension des pouvoirs présidentiels
Cette attaque consacre la nouvelle doctrine d’un président impérieux, qui exécute des ordres sans attendre l’approbation du Congrès, la validation juridique ou l’avis des médias.
Avec l’affaiblissement des freins et contrepoids, la deuxième administration Trump est libre de présenter le nouvel ordre comme une question de sécurité urgente : les États-Unis étant en guerre contre le trafic de drogue (ou l’immigration) et menacés par de « nouvelles puissances » (euphémisme pour désigner la Chine), ils n’ont pas besoin de respecter les procédures ou les délais appropriés.
Trump s’identifie aux présidents fondateurs historiques des États-Unis, tels que Washington, Lincoln et Roosevelt. Tous trois étaient des leaders charismatiques, et à l’approche du 250e anniversaire de la république américaine, ces comparaisons alimentent la rhétorique autoritaire de Trump.
L’érosion du système politique et juridique américain est indéniable. Le président a approuvé un vaste ensemble de réglementations qui favorisent les pouvoirs d’urgence, un état de crise permanent et la suppression de l’opposition politique et du système judiciaire. L’attaque contre le Venezuela est une nouvelle étape importante dans la reconfiguration des relations entre la présidence et les pouvoirs législatif et judiciaire, conformément à la tradition hamiltonienne d’un pouvoir exécutif fort et unificateur.
2. L’Amérique (latine) pour les Américains (des États-Unis)
Sur la scène internationale, l’attaque contre le Venezuela fait avancer un programme diplomatique fondé sur la défense des intérêts nationaux. Le concept « l’Amérique pour les Américains » a fait un retour en force : le Panama, le Mexique et le Canada ont tous été contraints de se plier à la volonté de Trump, tandis que l’administration continue de faire pression pour contrôler le Groenland.
En Amérique latine, les gouvernements de gauche du Brésil et de la Colombie mènent l’opposition régionale aux États-Unis, tandis que le nouveau président chilien José Antonio Kastet l’Argentin Javier Mileisont les alliés idéologiques de Trump. Le continent dans son ensemble connaît un large mouvement en faveur des partis nationalistes de droite qui s’opposent à l’immigration.
Si la transition post-Maduro au Venezuela s’aligne sur ces valeurs, tout espoir d’unité nationale et de transition pacifique vers une démocratie pleine et entière disparaîtra.
3. Contrôle des ressources
Une fois encore, tout tourne autour du pétrole, mais pour des raisons différentes de celles qui prévalaient en Irak. Dans un monde où la mondialisation a laissé place à la géoéconomie, les États-Unis veulent projeter leur puissance sur les marchés internationaux de l’énergie et dans la réglementation. Les infrastructures, les ports et les minéraux du Venezuela sont essentiels pour y parvenir.
Les États-Unis ne veulent donc pas seulement que le pétrole vénézuélien alimente leur marché intérieur, ils veulent également imposer les prix internationaux et dominer l’offre. Leur nouvelle vision vise à aligner la souveraineté énergétique et le développement technologique sur le commerce et la sécurité.
Pax Silica, l’alliance internationale dirigée par les États-Unis et signée fin 2025 pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement des technologies critiques telles que les semi-conducteurs et l’IA, inaugure une ère de diplomatie transactionnelle : des puces informatiques en échange de minerais. Pour le « nouveau » Venezuela, ses réserves de pétrole lui permettront de participer à cette nouvelle dynamique de pouvoir.
4. Réalignement géopolitique
La vision américaine du territoire alimente une politique étrangère révisionniste fondée sur la souveraineté – similaire à celles de la Chine, d’Israël ou de la Russie – qui trouve ses racines dans le concept de « nomos », tel que défini par le philosophe allemand Carl Schmitt au milieu du XXe siècle. Il s’agit d’une vision du monde où la division des nations en « amis ou ennemis »l’emporte sur une vision libérale régie par la coopération, le droit international, la démocratie et le libre marché.
Selon cette logique, des sphères d’influence émergent, les ressources sont réparties et les blocs de pouvoir s’équilibrent, comme le montrent les exemples ci-dessus : sans opposition, la Chine dominerait l’Asie du Sud-Est, la Russie réduirait son effort de guerre en échange de 20 % de l’Ukraine et du contrôle de ses ressources matérielles et énergétiques, et Israël redessinerait la carte du Moyen-Orient et conclurait des accords commerciaux avec les pays voisins.
5. L’Europe, la démocratie et Hobbes
Les idéaux tels que la démocratie, l’État de droit et le libre-échange s’estompent rapidement, et sans capacité effective, les choses ne se terminent pas bien pour l’Union européenne. Comme nous l’avons vu avec Gaza, l’UE a souvent de forts désaccords idéologiques avec d’autres grandes puissances, mais ne jouit pas d’un respect suffisant pour agir. L’intervention militaire des États-Unis ravive le réalisme politique hobbesien, où la liberté est cédée à un souverain absolu en échange de la paix et de la sécurité.
Dans le nouvel ordre de Trump, c’est l’autorité présidentielle – et non la vérité, les lois ou les valeurs démocratiques – qui a le dernier mot.
Politique intérieure américaine
2026 est une année électorale aux États-Unis, avec 39 élections gouverneuriales et une série d’élections locales et régionales qui se dérouleront entre mars et novembre.
À travers ses actions au Venezuela, l’administration Trump débat en fait de son modèle de succession. Une faction, menée par JD Vance, souhaite éviter les problèmes à l’étranger et renouveler le modèle économique industriel. L’autre, menée par le secrétaire d’État Marco Rubio, s’engage à reconstruire l’ordre international avec des États-Unis forts et dominants. L’issue de l’opération vénézuélienne pourrait faire pencher la balance et déterminer le successeur de Trump lors des élections présidentielles de 2028.
L’attaque contre le Venezuela n’est pas seulement une intervention dans la région : elle reflète également l’évolution de l’époque dans laquelle nous vivons. Alors que le trumpisme international se limitait auparavant à des slogans décousus, il a désormais fait ses premiers pas dans la stratégie militaire. L’époque du soft power, des relations transatlantiques et de la paix en Ibéro-Amérique est révolue. Un nouvel ordre est en train de naître.
Professeur émérite Prince des Asturies, Université de Castille La Manche.
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Sur le récent accord intersyndical de plus de 50 organisations de travailleurs au Vénézuela, annonçant (avant l’attaque des USA) une journée nationale d’actions le 15 janvier 2026.
●”Vénézuela : un accord intersyndical historique place la défense des salaires au cœur de la lutte des travailleurs”, Réseau intersyndical de solidarité et de luttes, 17 décembre 2025, via EuropeSolidaireSansFrontières.
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