L’institut de La Boétie – la structure de recherche et de formation de La France Insoumise – a organisé la semaine passée, à l’initiative de sa codirectrice Clémence Guetté, un surprenant colloque consacré… à l’amitié.
Un thème qui était peut-être inscrit dans le nom même de l’Institut – l’amitié entre Montaigne et La Boétie étant entré dans la légende des siècles, « parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Mais qui peut sembler un peu étrange à deux mois d’une élection municipale majeure qui mobilise certainement sur le terrain toutes les forces du mouvement insoumis.
C’est toutefois une des forces de ce mouvement d’arriver à concilier « temps long » et « temps court », et de faire émerger dans une campagne électorale des thématiques originales (« l’eau », « la créolisation », la « nouvelle France » …) qui permettent ensuite d’engager des batailles culturelles, essentielles à la vie quotidienne des gens, mais généralement totalement absentes du débat public.
En enracinant ces sujets dans l’Histoire, en les « politisant » pour en faire de nouveaux vecteurs de prise de conscience et de mobilisation populaire, et en cherchant à leur donner une traduction juridique pour faire émerger de nouveaux droits législatifs.
On apprend avec une certaine surprise dans ce colloque que « l’amitié » était une des vertus cardinales de la Révolution Française de 1789 – au point que Saint-Just avait pu imaginer d’aller « déclarer » ses amis à la Mairie… et même de pouvoir se faire enterrer avec eux !
On retrouve vaguement la trace de cette passion amicale dans le célèbre triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité ». Mais si les liens familiaux et « fraternels » (ceux issus « du sang ») nous sont « donnés » (… et parfois « subis »), les relations amicales, elles, sont électives. On peut donc les choisir, et cela, à toutes les époques de la vie.
