La dénaturalisation à l’ère Trump : quand l’État remet en cause la citoyenneté de millions d’Américains

La Trumperie qui est là – 29

Le droit américain reconnaît que le gouvernement ne peut retirer la citoyenneté à une personne naturalisée, sauf en cas de fraude ou d’erreur dans la demande de naturalisation. La Cour suprême a clairement établi que, sauf si la citoyenneté a été obtenue illégalement, la dénaturalisation est inconstitutionnelle. Cependant, une note de service publiée en juin par le ministère de la Justice (DoJ) tente d’élargir les motifs de dénaturalisation, ce qui pourrait mettre en danger plus de 24,5 millions de citoyens américains naturalisés.

La note indique que l’administration américaine actuelle a donné pour instruction à la Division civile du DoJ de « faire progresser les objectifs politiques de l’administration », parmi lesquels figure « la priorité accordée à la dénaturalisation ». En vertu de cette directive, la division doit enquêter sur les personnes qui ont soit « obtenu illégalement » la citoyenneté, soit « dissimulé un fait important » dans leur demande de naturalisation. Le texte définit 10 « catégories » de cas prioritaires, qui comprennent les personnes qui « représentent un danger potentiel pour la sécurité nationale » ; celles qui « se sont livrées à diverses formes de fraude financière », y compris la fraude liée aux programmes de santé Medicaid et Medicare ; et « tout autre cas renvoyé à la Division civile que celle-ci juge suffisamment important pour être poursuivi ».