L’Espagne du PSOE et de SUMAR, à gauche, dans une Europe qui vire à droite.
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■Depuis 2018, l’Espagne est gouvernée au niveau fédéral par des coalitions gouvernementales associant le PSOE (parti socialiste) et un front des gauches radicales (coalitions gouvernementales soutenues par des partis régionalistes, autonomistes ou indépendantistes, de gauche et de centre droit, notamment basque et catalan). Ces coalitions gouvernementales sont constituées autour essentiellement d’un mandat social.
Junts per Catalunya, parti indépendantiste de centre droit, que dirige Carles Pugdemont, toujours exilé en Belgique, a retiré son appui au PSOE au sein de l’actuel gouvernement PSOE- SUMAR le 24 novembre 2025, sans préciser ce qu’il en serait des suites, la Généralitat de Catalogne étant dirigée depuis 2024 par un exécutif minoritaire du parti socialiste de Catalogne, appuyé sans participation par Comuns, ex Catalunya en Comu, front de 5 partis et de 100 personnalités catalanes de gauche radicale, participant du front des gauches radicales SUMAR (où il a 6 députés fédéraux), et par le parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), fondé en 1931, de gauche indépendantiste, parti historique membre de la République espagnole de 1936, non membre du front des gauches radicales SUMAR et soutien (avec 7 députés fédéraux) sans participation de l’actuel gouvernement fédéral de coalition PSOE – front des gauches radicales SUMAR.
■Au niveau fédéral, à partir de 2016, de 2016 à 2018 par un soutien sans participation, de 2018 à 2023 avec participation, le front des gauches radicales Unidas Podemos (71 députés en 2016, dont 8 d’Izquierda Unida et 12 En Comu, et 35 en 2019, dont 6 d’Izquierda Unida et 6 En Comu) a soutenu un gouvernement PSOE puis participé à un gouvernement PSOE – Unidas Podemos.
Unidas Podemos est une coalition de 11 organisations constituée en 2016 autour du parti Podemos, ces partis participant également à des coalitions régionales de gauche plus larges, sans le PSOE, en Catalogne, dans la communauté valencienne et en Galice.
■En mai 2021, le départ du gouvernement et de Podemos de Pablo Iglesias, dirigeant du parti Podemos, vice premier ministre, accentue la crise du parti Podemos, affaibli par les scissions intervenues, tout d’abord en 2019, la scission de la tendance, minoritaire depuis 2017 mais importante, regroupée autour d’Inigo Errejon, qui a constitué le mouvement politique distinct Mas Pays (associé au mouvement ecologiste Equo, sauf en Catalogne, et à des mouvements nationalistes de gauche en Communauté de Valences et en Aragon, mouvement Mas Pays intégré en 2023 au front des gauches radicales SUMAR puis en 2024 au mouvement politique SUMAR, 1 député en 2019 et 2 en 2023), ensuite en 2020, la scission de la tendance d’Izquierda Anticapitalista, petite organisation trotkyste qui avait participé à la constitution de Podemos en 2015 et tout en y assumant une ligne minoritaire, avait fortement contribué au développement des formes organisationnelles du parti Podemos.
■Le front des gauches radicales SUMAR (26 députés dont 10 du mouvement SUMAR, 5 d’Izquierda Unida et 6 de Communs, ex Catalunya en Comu, 2 de Mas Pays) est une nouvelle coalition de 20 organisations nationales et regionales constituée en 2023 autour du mouvement politique SUMAR de Yolanda Diaz, actuelle vice- première ministre, et de Izquierda Unida, coalition de mouvements politiques autour du Parti Communiste espagnol.
■Après les élections fédérales de 2023 (où le résultat de la coalition des gauches radicales SUMAR est plus faible que le résultat de la coalition des gauches radicales Unidas Podemos en 2019), la coalition gouvernementale PSOE- Gauches radicales SUMAR est reconstituée bien qu’une fraction minoritaire du PSOE préférait une grande coalition entre le PSOE et le Parti Populaire, ce qui, outre le contenu du programme, aurait posé la question de la direction du gouvernement.
Qui aurait été Premier Ministre, Pedro Sanchez, du PSOE, ou Alberto Nunez Feiijoo, du PP, tous deux se considérant comme vainqueurs des élections ?
■Le parti Podemos (5 députés fédéraux) n’est plus membre de cette coalition gouvernementale.
■Des élections régionales anticipées auront lieu en Espagne en 2026 dans 5 régions, notamment en Andalousie, à l’initiative du Parti Populaire qui les dirige de manière minoritaire (en conséquence de la rupture en 2024 des alliances PP- Vox gouvernant ces régions suite notamment au scandale des inondations dans la région Valence en 2024, cette dernière gouvernée par le PP depuis 2023 après 10 ans d’alliances PSOE – gauches radicales et regionales, et suite à des demandes, non abouties, de Vox, parti d’extrême-droite, de radicalisation des gouvernements régionaux PP – Vox sur les questions d’immigration), les prochaines élections fédérales ayant lieu en 2027, le premier ministre espagnol Pedro Sanchez (fragilisé par les enquêtes pour corruption touchant ses proches familiaux et politiques, divers scandales sexuels et de harcèlements sexuels dans le chef de hauts responsables du PSOE et une crise politique interne au PSOE) ayant, à ce jour, exclu des élections fédérales anticipées, l’actuel gouvernement PSOE – SUMAR étant cependant menacé, suites aux divers scandales, d’une demande de remaniement significatif par SUMAR et d’une perte de soutien par le PNV, parti nationaliste basque de centre droit.
Les résultats des premières élections régionales en Estremadure (bastion du PSOE pendant 38 ans et dont plusieurs dirigeants et responsables socialistes sont concernés par les scandales de corruption et sexuels) ont vu une forte progression de l’abstention, une très forte progression en voix et en sièges de Vox d’extrême-droite (11 sièges, + 6), une progression importante en voix et en sièges (7 sièges, +3) de la gauche radicale (dans ces cas, une alliance Podemos, Verts radicaux et Izquierda Unida autour du Parti Communiste), un résultat stable en sièges du PP (qui reste le premier parti mais minoritaire, 29 sièges, + 1) et un très fort recul en voix
et en sièges du PSOE (18 sièges, – 10).
Soit, dans les régions concernées par des élections anticipées, un (premier ?) échec du PSOE à se maintenir et également un (premier?) échec du PP qui souhaite capitaliser sur les scandales du PSOE et sur l’instabilité régionale de VOX d’extrême-droite pour y devenir
majoritaire.
■La conséquence de gouvernements minoritaires en Espagne au niveau fédéral (exécutif PSOE-SUMAR) ainsi que dans certaines Régions (exécutifs PP) est que, sans être en affaires courantes, les budgets ne peuvent être adoptés et sont donc reproduits à l’identique depuis 2024.
■L’Espagne est un pays où la corruption dans la sphère politique est endémique depuis la Constitution de 1978, cette corruption se manifestant régulièrement à différents niveaux de pouvoir (Etat fédéral, Régions, certaines grandes villes) et touchant quasi uniquement les deux principaux partis politiques PSOE et Parti Populaire (PP).
Cette corruption de la sphère politique dominante du PSOE et du PP (“la casta”) a été UN des moteurs du développement des partis des courants “dits populistes”, Les Indignés devenus Podemos de gauche radicale, Cudadinos parti de droite néo-libéral aujourd’hui disparu et VOX d’extrême-droite.
■L’Espagne est certes “à gauche” de la composition de son gouvernement de coalition, également de l’existence d’un front d’une partie des gauches radicales mais aussi de l’existence de puissants mouvements sociaux, autonomes, indépendants (non liés organiquement au PSOE ou aux composantes du front des gauches radicales, si certains de leurs militants y participent) tout en étant ancrés à gauche, notamment sur les questions du logement et de la régularisation des immigrés clandestins, également sur la question nationale et celles des nationalités.
■POUR Press vous offre à lire,
●en pleine page et en accès libre, un premier article de l’économiste Carlos Lasarte sur les insuffisances et les dossiers en suspens de la politique “sociale démocrate” en Espagne et sur les échecs de la théorie du ruissellement,
●ensuite pour alimenter le débat, en A LIRE,
=tout d’abord deux articles de Reporterre.net sur les erreurs du Parti Populaire lors des inondations à Valence, Communauté que dirige ce parti de droite depuis 2024, et les interviews de plusieurs politistes espagnols sur l’Espagne à gauche dans une Europe qui vire à droite,
=ensuite, tout d’abord un premier article publié par POUR Press qui précise le bilan de Podemos au gouvernement de coalition PSOE-Podemos dans le cadre des élections de 2023, après quatre articles notamment de L’Humanité qui font apparaître le rôle du front des gauches radicales SUMAR dans le gouvernement de coalition PSOE-SUMAR depuis 2023, =enfin, cinq articles publiés par POUR Press ces dernières années sur divers aspects des politiques des gouvernements PSOE- coalitions des gauches radicales, auxquels sont joints en A LIRE deux études de l’OFCE sur le logement, talon d’Achille de l’Espagne, et sur le rôle et l’importance du plan de relance européen dans la croissance du PIB espagnol.
Victor Serge, chroniqueur POUR Press.
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D’un côté, nous avons les données relatives à la croissance du PIB. En 2024, elle était de 3,5 %, contre une moyenne de 1,1 % dans l’Union européenne. De même, les prévisions actuelles du PIB pour 2025 et 2026 sont de 2,9 % et 2,1 % en Espagne, contre 1,1 % et 1,5 % dans l’Union européenne.
Le PIB ne reflète que la quantité produite, sans tenir compte d’autres facteurs, tels que la répartition entre les différents secteurs et classes sociales ou le niveau de qualité de vie en matière d’éducation, de santé, de logement, etc. Lorsque l’on analyse ces facteurs, le bilan économique n’est plus aussi positif.
Par exemple, on peut citer les analyses suivantes :
Funcas, sur la base des données de l’INE, indique que 8,3 % de la population espagnole se trouvait en situation de dénuement matériel et social aigu. La moyenne des 27 pays qui composent l’Union européenne (UE) est de 6,4 %.
• Ce rapport constate une amélioration par rapport à 2023 (9 %), mais affirme que l’amélioration de 2024 est modeste ; elle doit être observée à la fois dans le temps et en comparaison. Tout d’abord, malgré la croissance économique de ces dernières années, le taux n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie (7,7 % en 2019) et ne présente même pas clairement une tendance à la baisse en 2020.
• En observant les statistiques sur l’évolution des salaires de 2019 à 2023 (dernière année disponible), nous constatons que 50 % des travailleurs et travailleuses perçoivent un salaire inférieur à 20 351€ en 2019, montant qui passe à 25 349 € en 2023. Au vu de ce montant et des chiffres moyens de l’inflation, on constate une légère perte de pouvoir d’achat. Deux des postes qui ont enregistré la plus forte hausse des prix sont l’alimentation et le logement. Étant donné que ces deux postes de dépenses représentent un pourcentage important du panier des ménages à faibles revenus, on ne peut que conclure que l’inflation dans ces secteurs sociaux a été supérieure à l’IPC moyen.
• On peut donc affirmer que la majorité des travailleurs a perdu du pouvoir d’achat.Selon l’EAPN (European Anti Poverty Network-Observatoire de la pauvreté, des inégalités et de l’exclusion)Association européenne des organismes sociaux), le taux de pauvreté diminue légèrement entre 2023 (20,2 %) et 2024 (19,7 %) ;
Cependant, le pourcentage de pauvreté sévère augmente d’un dixième, passant de 8,3 % en 2023 à 8,4 % en 2024. Le risque de pauvreté diminue très légèrement, mais la grande ’ pauvreté enregistre une très légère augmentation. Cela indique qu’elle devient chronique : les personnes qui se trouvent dans cette situation ne parviennent pas à en sortir.
• Un rapport établi par la FEDEA analyse l’évolution de la richesse entre 2002 et 2022. De 2002 à 2008, on observe une augmentation globale. En 2008, en raison de la crise économique, on constate une baisse générale, puis à partir de 2014, une amélioration, mais celle-ci se concentre dans les couches sociales les plus élevées.
Ainsi, en comparant la richesse de 2022 à celle de 2002, on observe une forte augmentation dans les 25 % supérieurs, tandis que dans les 50 % inférieurs, la richesse de 2022 est similaire à celle de 2002. L’augmentation de la richesse se produit exclusivement dans les couches sociales les plus élevées, et non dans les 50 % inférieurs.
La Banque d’Espagne, sur la base des données de l’INE, affirme : « entre 2011 et 2021, le pourcentage de la richesse nette détenue par les 5 % des ménages les plus riches a augmenté de près de 7,3 points de pourcentage en Espagne, soit un peu moins qu’en Italie. En revanche, ce pourcentage a diminué en Allemagne, en France et au Portugal ». Face à cette situation, la richesse des 50 % les plus pauvres de la société est restée constante, sans pratiquement aucune croissance.
Le taux de pauvreté infantile en Espagne est le plus élevé de l’Union européenne. Il atteint 29,2 %, contre une moyenne de 19,3 % dans l’Union européenne.
Dans son dernier rapport sur la pauvreté, l’EAPN-ES indique que « le taux de pauvreté parmi les personnes travaillant à temps partiel (22,1 %) est deux fois plus élevé que celui des personnes ayant un emploi à temps plein (10,1 %) » et que « le taux de pauvreté parmi la population active était de 11,9 % (en 2023). Parmi les personnes pauvres, 32,0 % avaient un emploi et 22 % étaient au chômage. La situation professionnelle ne détermine pas la pauvreté ».
Albino Prada, s’appuyant sur des statistiques officielles, affirme que les « castes héréditaires » sont plus importantes en Espagne que dans l’ensemble des pays de l’OCDE. La plupart des personnes titulaires d’un diplôme universitaire ont des parents diplômés de l’université (75 %). Ce pourcentage tombe à 70 % dans les pays de l’OCDE.
Conclusions
Au vu des données ci-dessus, les conclusions suivantes peuvent être tirées :
• La grande insuffisance du PIB comme facteur d’analyse de l’évolution économique est confirmée. Le PIB mesure exclusivement la quantité annuelle de produits et services fournis au cours d’une année. Il ne tient absolument pas compte d’autres facteurs, tels que la répartition équitable des revenus générés, la qualité des conditions matérielles dans des domaines tels que l’éducation, la santé, le logement, etc. Il ne tient pas compte de la qualité de vie, il ne reflète que l’aspect quantitatif.
• Le mythe néolibéral de la théorie des retombées [1] ne se vérifie pas. Cette théorie affirme que l’important est la croissance économique, quel que soit le secteur social dans lequel elle est produite initialement, car même si elle apparaît dans le segment social le plus riche, elle se répand, se diffuse et se répartit entre tous les autres segments sociaux. Les catégories sociales inférieures, les 50 % inférieurs des travailleurs et travailleuses, voire plus, perdent de leur pouvoir d’achat tandis que les catégories sociales les plus aisées augmentent considérablement leur richesse. Le pourcentage de croissance de la richesse dans les catégories les plus aisées est très supérieur à celui qui est observé dans les catégories inférieures, qui n’enregistrent pas de croissance significative.
• Le modèle théorique de l’ascenseur social ne fonctionne pas. La grande majorité des étudiants universitaires ont des parents universitaires. Avoir un parent non universitaire signifie, dans la pratique, avoir de fortes chances de ne pas obtenir de diplôme universitaire. Avec la politique de préférence accordée aux universités privées par rapport aux universités publiques par l’extrême droite, cette tendance ne fera que s’accentuer à l’avenir.
Dans le cas de l’État espagnol, ces évolutions se produisent sous un gouvernement progressiste. Malgré ce prétendu progressisme, la majorité des travailleurs et travailleuses a perdu du pouvoir d’achat ces dernières années ; on ne peut donc observer ni la pertinence de la théorie des retombées ni le fonctionnement de l’ascenseur social. Une fois de plus, les limites d’un gouvernement social-démocrate sont mises en évidence. Être au gouvernement n’est pas la même chose que détenir le pouvoir. L’adoption de mesures réformistes, même si elles ne sont pas résolument anticapitalistes, est confrontée à la pression des milieux patronaux, qui parviennent soit à empêcher leur adoption, soit à en limiter considérablement le caractère réformiste. Sans remonter trop loin dans l’histoire, cela s’est vérifié avec le gouvernement travailliste de 1945 en Grande-Bretagne. Avec un rapport de forces favorable aux travailleurs, le gouvernement était loin de faire tout son possible, les mesures adoptées restant insuffisantes. Dans les années 80, Mitterrand a instauré en France la semaine de 35 heures, mais a ensuite adopté des mesures néolibérales. Au Chili, les mesures réformistes de Salvador Allende, qui avait accédé au pouvoir à la suite d’élections populaires, ont été mises au rebut avec le coup d’État sanglant de Pinochet.
De plus, depuis les années 1980, les sociaux-démocrates se sont convertis à la doctrine néolibérale et sont incapables de mettre en place des mesures redistributives en faveur du monde du travail, au détriment du capital. C’est la théorie que nous appelons sociolibérale. Cela ne signifie pas que les conservateurs et les sociaux-démocrates mènent la même politique. Les mesures qu’ils mettent en œuvre vont dans le même sens, mais les conservateurs vont plus loin que les sociaux-démocrates. La différence réside dans le degré auquel ils s’attaquent aux droits des travailleurs et des travailleuses. L’extrême droite le fait dans une plus large mesure. Cela ne signifie pas pour autant que nous devrions nous contenter du moins pire. Se faire couper un doigt est moins grave que se faire couper deux doigts, mais nous ne devons accepter ni l’un ni l’autre ; nous devons nous battre pour qu’aucun doigt ne nous soit coupé.
Sur le plan économique, il n’y a pratiquement aucune différence entre la droite et la social-démocratie. Il peut y avoir des différences dans la défense de certaines libertés, du genre, des LGTBIQ+, etc. Dans la pratique, ces dernières années, la seule mesure significative en faveur du travail a été l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel. En matière de libertés, l’abrogation de la loi bâillon, qui réprime les protestations de ceux qui luttent pour une plus grande justice sociale contre l’état actuel des choses, est toujours en suspens. La question de la réforme fiscale reste en suspens. Après l’élaboration d’un livre blanc et la mise en évidence du fait que les recettes fiscales de l’État espagnol sont nettement inférieures à celles des autres pays de notre environnement, où les revenus du travail sont plus imposés que les revenus du capital, et où les petites et moyennes entreprises paient un pourcentage plus élevé que les grandes entreprises, les assemblées législatives se succèdent et la question reste en suspens. Sous prétexte que « ce n’est pas le moment » (l’un des clichés utilisés pour ne pas mettre en œuvre des mesures progressistes, mais qui signifie en réalité « ni maintenant ni plus tard »), la mise en œuvre d’une réforme fiscale qui n’aurait imposé davantage que les plus riches a été rejetée.
Alternative
L’expérience montre que ce n’est pas la simple constitution de gouvernements progressistes qui permet de faire avancer et de mettre en œuvre des réformes progressistes. Ce qui importe, c’est le rapport de forces entre le monde du travail et celui du capital. Ce sont les mobilisations, les protestations et les luttes qui permettent d’obtenir des améliorations pour le monde du travail.
Il est essentiel de continuer à soutenir les différents mouvements, dans l’éducation, dans la santé, les plateformes anti-expulsions et la lutte pour un logement dans des conditions acceptables, les luttes sur le lieu de travail contre la précarité et pour des conditions de travail dignes. C’est seulement ainsi que nous pourrons obtenir des résultats positifs.
Carlos Lasarte,
économiste, Antikapitalistak Euskalherria
