Endetter le Groupe exsangue que l’on dirige, puis se mettre 45 millions dans les poches, tout en se goinfrant d’honoraires annuels démesurés.

2ème épisode 

Avant-propos

C’est bien 45 millions qui sont rentrés dans les poches de deux dirigeants d’un Groupe qu’ils ont dévasté à leur profit.
Oui, c’est bien 45 millions qui sont rentrés dans les poches de deux dirigeants d’un Groupe qu’ils ont dévasté à leur profit. Les faits comptables le prouvent, sans l’ombre d’un doute.

Notre enquête le démontre. Le mode de narration de son déroulement invite le lecteur à découvrir le labyrinthe comptable et financier construit par trois aventuriers en col blanc animés par un seul et unique objectif : faire de l’argent, beaucoup d’argent quoi qu’il en coûte. Quoi qu’il en coûte aux milliers de salariés, quoi qu’il en coûte à l’Etat sans le concours déterminant duquel l’infâme prédation que nous allons vous décrire n’aurait pu avoir lieu.

Ils sont le parfait symbole des dramatiques conséquences de la loi Macron de 2015 qui permet à certaines entreprises de ne pas publier leurs comptes.
Et comme si le dédale juridico-financier ne suffisait pas à ces prédateurs, ils ont méthodiquement organisé un système consistant à opacifier au maximum la lecture de leurs comptes afin de décourager tous ceux qui prétendraient s’en approcher. En cela, ils sont le parfait symbole des dramatiques conséquences de la loi Macron de 2015 qui permet à certaines entreprises de ne pas publier leurs comptes et ainsi, entre autres exemples, de cacher le versement d’un dividende de 10,7 millions d’euros au profit de l’un de ces dépeceurs d’entreprises via sa holding/société de management contrôlant ce Groupe sous perfusion de l’Etat, allègrement siphonné de sa trésorerie, au détriment des salariés et de l’Etat lui-même ayant organisé délibérément son impuissance volontaire, notamment en ne prenant aucune garantie.

Il y a beaucoup d’argent à récupérer au profit de la collectivité et d’abord au profit des plus de 11.000 salariés licenciés. Ces prédateurs sont riches, très riches. Les professionnels du droit et du chiffre qui les ont conseillés et protégés le sont aussi. Les compagnies d’assurance dont ils sont clients devront intervenir.

En route pour le labyrinthe !        

SOMMAIRE DE L’ARTICLE

 

– 1. Complexifier pour opacifier, entraver pour flouer.

C’est une véritable « règle de gestion » chez les dirigeants du Groupe.

Alors que l’Etat, au plus haut niveau, répond toujours favorablement à leurs incessants quémandages, le duo Eric Paumier-Frédéric Pons complété par un troisième homme, Guillaume Salabert d’apparence plus falote, a établi depuis longtemps une stratégie ayant pour objectif unique de s’en mettre plein les poches.

La multiplication des holdings et sous-holdings, couplée avec celle des entités opérationnelles est faite pour brouiller les pistes.
Ce n’est pas en écoutant ou en lisant leurs propos tous aussi superficiels et pompeux que leur avidité est profonde et dissimulée, malgré quelques envies irrépressibles d’étalage (voitures de luxe, organisation de compétitions de golf), qu’il est possible de les démasquer. Ce n’est pas non plus en s’intéressant aux comptes sociaux des multiples entités juridiques du Groupe et à leurs commentaires délibérément elliptiques que l’on parvient à déchiffrer ce qui est à dessein opacifié. La multiplication des holdings et sous-holdings, couplée avec celle des entités opérationnelles est faite pour brouiller les pistes. Ce qui devrait être simple est complexifié à l’envi dans le seul but d’une part de faire s’y perdre les curieux  et d’autre part de préparer la future découpe du Groupe à leur avantage.

Ils parviendront à ne pas donner aux milliers de salariés et à leurs représentants syndicaux la vision globale (consolidée) des finances du Groupe.
Les comptes consolidés[3] du Groupe fournissent bien quelques informations auxquelles le trio ne peut échapper à cause de normes comptables spécifiques, mais ils sont publiés si tardivement et commentés à dessein si parcimonieusement, après qu’ils aient été évités illégalement[4], que personne ne s’y est vraiment intéressé. Il faut dire que « les créateurs  de croissance » – c’est ainsi qu’ils dénommaient officiellement ce qui s’est avéré n’être qu’une continue cavalcade vers l’enrichissement personnel – avaient fait ce qu’il fallait pour empêcher que les premiers intéressés s’en saisissent puisqu’ils sont parvenus à empêcher l’existence d’un Comité de Groupe alors que tous les critères légaux étaient réunis pour que celui-ci advienne. C’est ainsi qu’ils parviendront à ne pas donner aux milliers de salariés et à leurs représentants syndicaux la vision globale (consolidée) des finances du Groupe, préférant les maintenir dans la vision parcellaire de chacune des entités le constituant et les entravant ainsi dans les actions qu’ils auraient pu conduire. Et comme l’entrave au niveau Groupe n’était pas suffisante pour ces accros au profit personnel, ils ont perpétré et perpétué la discorde syndicale au niveau de chacune des entités le constituant en commençant par faire émerger un syndicat maison dont la vocation sera d’aller, avec réussite et constamment, à l’encontre des intérêts des salariés.

Une stratégie tournée exclusivement, répétons-le, vers l’enrichissement personnel
C’est donc ailleurs que dans leurs déclarations publiques et dans le dédale des comptes des multiples sociétés du Groupe – qu’ils acquièrent puis découpent ensuite pour parvenir à leurs fins comme les pires des promoteurs immobiliers[5] sans scrupules – qu’il faut aller chercher pour mettre à découvert une stratégie dépourvue de la moindre considération morale et éthique et tournée exclusivement, répétons-le, vers l’enrichissement personnel.

 

2-Des sociétés qui ne pouvaient échapper à la vigilance des autorités nationales et régionales.

Un soutien aussi invraisemblable ne peut que  s’apparenter à une complicité dont il faudra bien, au plus vite, dénouer les tenants et les aboutissants.
Allons donc jeter un œil dans les comptes de deux sociétés, Satine et Atheva, qui ne font pas partie du périmètre de consolidation[6] du Groupe et sont à l’abri du regard des milliers de salariés qui le composent mais qui, en revanche, n’auraient pas dû passer inaperçues de celui de l’Etat, de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, des multiples organismes départementaux, régionaux et nationaux (Urssaf, Trésor Public, Inspection du Travail, Ministère du Travail, Institutions judiciaires, CIRI[7] etc.) qui ont soutenu activement ou passivement mais sans défaillance une équipe d’affairistes sans foi ni loi qui les a floués éhontément, à un point tel qu’un soutien aussi invraisemblable ne peut que  s’apparenter à une complicité dont il faudra bien, au plus vite, dénouer les tenants et les aboutissants.

Une liquidation provoquant ainsi le plus gros licenciement en France depuis un demi-siècle (plus de 11.000 personnes)
Quant aux liquidateurs judiciaires qui administrent maintenant une liquidation dont on peut dire, sans contestation possible, qu’elle a été programmée provoquant ainsi le plus gros licenciement en France depuis un demi-siècle (plus de 11.000 personnes laissées sur le carreau), ils n’est pas concevable, une seule seconde, qu’ils ne soient pas allés examiner à quel bois ces tristes sires se chauffaient.

Dès lors, comment interpréter l’inaction actuelle dont ils font preuve à leur égard, qui ne semble pourtant choquer ni l’autorité judiciaire à laquelle ils ont quelques comptes à rendre, ni le ministère public ? Par la volonté de solder une catastrophe économique, financière et humaine en liquidant, eux-aussi, à la découpe en faisant en sorte que tout ceci se passe sous les radars ?

Le trio n’a pas hésité à escroquer l’Etat qui l’a pourtant toujours soutenu.
Tous savent pourtant, grâce à la volonté et au courage d’un lanceur d’alerte, Bruno Justet, dont le statut n’est toujours pas reconnu, que le trio n’a pas hésité à escroquer l’Etat qui l’a pourtant toujours soutenu sans coup férir. La justice prudhommale a en effet confirmé l’existence d’une fraude systémique au chômage partiel Covid organisée par le trio, sur la base des éléments apportés par le lanceur d’alerte. Face à l’omerta d’élites délinquantes[8] , il convient de mettre sous leur nez ce qu’elles savent à coup sûr mais qu’elles s’obstinent à dénier.

 

3-Des dirigeants sans rivaux dans l’opacité et l’imposture. Le Ministre de l’Economie Macron a été d’une aide déterminante.

Il s’en passe des choses, en 2018, au sein de la Société Satine dont l’associé unique est Eric Paumier. Et pourtant…

SATINE détient, au 31 décembre 2018, 37,5% de HOPPS Group.
Il s’agit d’une toute petite société fondée le 01 novembre 2006, au capital de 1.000 euros. Sa forme juridique, société par actions simplifiée, est on ne peut plus classique et ne mérite pas d’observations particulières. Les initiés la qualifieraient de « société de management[9] » qui fournit des services de gestion, de conseil ou d’assistance à d’autres entreprises, pour lesquels elle est  rémunérée. Ces structures sont souvent créées par des professionnels indépendants pour exercer leur activité. Elles permettant d’optimiser leur rémunération, de gérer leurs risques et de centraliser leurs revenus de toutes natures. Dans le cas d’espèce, la société a aussi pour objet la détention et la gestion de participations dans d’autres sociétés, ce qui la range dans la catégorie des holdings[10].  SATINE détient, au 31 décembre 2018, 37,5% de HOPPS Group.

Comme toutes les sociétés, la société SATINE doit déposer ses comptes au greffe du Tribunal de Commerce, lesquels donnent ensuite lieu à publication. Mais au titre de l’année 2018 – exercice comptable du 01 janvier 2018 au 31 décembre 2018 – les comptes sont certes déposés, mais non publiés.

Eric Paumier est un adepte du recours aux aides de toutes natures de l’Etat, sous toutes ses formes y compris frauduleuses.
On le verra plus tard : Eric Paumier est un adepte du recours aux aides de toutes natures de l’Etat, sous toutes ses formes y compris frauduleuses, mais en matière de communication publique sur les comptes de ses sociétés, il utilise tous les moyens légaux et illégaux pour créer de l’opacité lui qui s’affiche, avec ses deux compères Frédéric Pons et Guillaume Salabert, comme un « révélateur de croissance », pas au point cependant de révéler celle de sa fortune !

Au 31 décembre 2018, les comptes de SATINE ne sont donc pas publics, au nom d’une disposition légale permettant à une société de garder confidentielle la teneur de ses comptes si deux des trois seuils suivants ne sont pas dépassés : chiffres d’affaires de 12 millions, total bilan de 6 millions et effectifs de 50 salariés. Eric Paumier utilise donc la loi pour ne pas publier ses comptes à l’instar de l’un de ses quatre[11] grands hommes, déclarés comme tels lors d’une commission d’enquête parlementaire et sénatoriale à la suite d’un scandale[12] dont nous reparlerons, à savoir Emmanuel Macron qui, associé gérant de la société Rothschild & Cie, ne publiait pas non plus les comptes de cette dernière au nom d’une disposition légale, profondément illégitime, accordée aux sociétés ayant adopté le statut de SCS (Société en Commandite Simple).

L’intérêt fort marqué par Macron à l’activité économique de Marseille et de sa région ne pouvait lui faire ignorer le trio Paumier – Pons – Salabert (PPS pour les initiés).
Une passion commune pour l’opacité qui vient s’ajouter à celle déclarée par Macron pour Marseille[13] dont on ne peut douter tant elle a été à maintes reprises réitérée ; celle de Paumier semblant, elle, davantage résulter d’un profond attachement au microcosme local de professionnels du droit et du chiffre particulièrement accommodants, nous y reviendrons en détails. L’intérêt fort marqué par Macron à l’activité économique de Marseille et de sa région ne pouvait lui faire ignorer (si cela avait pu être le cas, ses services le lui auraient rappelé) le trio Paumier – Pons – Salabert (PPS pour les initiés) tant les entreprises contrôlées par ces derniers disposaient non seulement d’une visibilité terriblement importante sur Marseille et sa région mais aussi d’une bienveillance plus qu’interpellante de la part des services de l’Etat au premier rang desquels le CIRI ainsi que l’Urssaf et le Trésor Public.

Des dizaines de millions de reports successifs d’échéances fiscales et sociales  avaient déjà été accordés aux filiales les plus importantes du Groupe contrôlé par le trio, et ce depuis plusieurs années, quand les comptes de la société Satine du sieur Paumier auraient dû être déposés et publiés au titre du 31 décembre 2018, à savoir au plus tard le 30 juin 2019 mais qui n’ont été déposés que le 10 février 2020 ! Déposés avec plus de sept mois de retard sans aucune justification ni autorisation, mais qui plus est non publiés pour cause de satisfaction à deux des trois critères évoqués ci-avant.

Macron a promu en 2015 la fameuse loi dite « loi Macron » à l’intérieur de laquelle il a permis à des milliers d’entreprises de cacher leurs données comptables
L’admiration publique du trio PPS pour Macron ne s’est pas accompagnée de justifications précises. Il en est au moins une qui mérite d’être mise en évidence. Si ce recours à la confidentialité des comptes – si promptement saisie par le trio pour ne pas publier ceux de leurs holdings ou sociétés de management – est possible, c’est grâce à Macron qui, en tant que Ministre de l’Economie[14], a promu en 2015 la fameuse loi [15]dite « loi Macron » véritable loi fourre-tout », que même des ministres de droite n’auraient pas osé prendre à leur compte,  à l’intérieur de laquelle il a permis à des milliers d’entreprises de cacher leurs données comptables et donc leur réalité économique sans besoin d’autorisation, sans contrôle et sans vote sur le fond. Le trio PPS s’est bien évidemment engouffré dans cette légalisation de l’opacité par un expert en la matière, revendiquant la transparence. Et comme le bénéfice de la confidentialité s’exerce sans contrôle, le trio ne s’est pas privé d’en abuser en ne publiant aucun élément de bilan, ni de compte de résultat alors que la confidentialité, selon la loi, ne pouvait être invoquée que pour le compte de résultat et pas pour le bilan.

Ce n’est pas l’objet de ce dossier d’enquête, mais cette entrave voulue par Macron à l’accès du citoyen à des données économiques d’entreprises fera l’objet d’un autre dossier tant elle symbolise la continuité d’action de l’ex-banquier d’affaires devenu Secrétaire Général Adjoint auprès de la Présidence de la République, en charge des questions économiques puis Ministre de l’Economie et enfin Président de la République : pour lui, le citoyen n’a pas d’intérêt à agir en matière économique ; c’est aussi simple et brutal que cela.

 

4-Satine et Paumier, son associé unique, s’enrichissent de près de 22 millions début 2018, en endettant le Groupe qu’ils dirigent.

4-1 Paumier a bien tenté de dissimuler cet enrichissement, mais le recours à la confidentialité des comptes a ses limites, et l’on découvre un enrichissement de près de 22 millions.[16].

Les autorités administratives, judiciaires et fiscales savaient donc que SATINE avait enregistré sur 2018 un « produit exceptionnel en opération de capital » d’un montant ahurissant.
Ce qui n’est pas accessible au commun des mortels l’est en revanche pour les autorités administratives, judiciaires et fiscales. Celles-ci savaient donc depuis le 10 février[17] 2020 – sans avoir à attendre les comptes arrêtés au 31 décembre 2019 (rappelant ceux de 2018, c’est la règle) publiés toujours très en retard, le 01 décembre 2020, soit 5 mois après la date limite légale de publication – que SATINE avait enregistré sur 2018  un « produit exceptionnel en opération de capital » [18] d’un montant ahurissant, à savoir 21.600.170 euros !

Pour les non-initiés, un tel produit exceptionnel correspond à une plus-value de cession d’actif immobilisé dont on comprend qu’il ne peut s’agir, au regard des actifs immobilisés déclarés, que d’une cession de participations financières dans une ou des sociétés dont le nom n’est pas divulgué. SATINE aurait dû produire une annexe spécifiquement dédiée à la fourniture d’informations complémentaires relativement à ce produit exceptionnel, mais elle enfreint délibérément cette obligation légale[19].

Comment un tel produit exceptionnel a-t-il bien pu se concrétiser ?
Ce faramineux montant est d’autant plus incompréhensible que les immobilisations financières – susceptibles d’être à l’origine d’un tel produit exceptionnel – figurant au bilan à la fin de l’année précédant cette cession, soit au 31 décembre 2017, sont d‘un niveau extrêmement faible :  68.776 euros contre 1.181 euros à fin 2018 et 17.595 euros en autres immobilisations financières (part à moins d’un an des immobilisations financières nettes) à cette même date. Comment un tel produit exceptionnel a-t-il bien pu se concrétiser ?

S’il a pu voir le jour, on se dit naturellement dans un premier temps que s’il a dû donner lieu à paiement de la part de celui qui en est le débiteur, alors la trésorerie affichée au bilan doit en témoigner. Mais ce n’est pas le cas, il y a donc lieu d’aller voir si son débiteur apparaît d’une manière ou d’une autre à l’actif du bilan.

Le poste « autres créances » au 31 décembre 2018 s’élève en net à 20.168.066 euros contre 652.212 euros au 31 décembre 2017.
Et c’est alors que le pot aux roses commence à se dévoiler. On constate en effet que le poste « autres créances » au 31 décembre 2018 s’élève en net à 20.168.066 euros contre 652.212 euros (dont 165.500 de compte courant d’associé débiteur) au 31 décembre 2017, soit une augmentation vertigineuse de  19.515.854 euros ! Le lecteur doit savoir que ces autres créances, au 31 décembre 2019, passent à 20.181.517 euros en brut et 19.993.817 euros en net après la prise en compte d’une provision de 187.000 euros. Les annexes au bilan au 31 décembre 2019 permettent de voir que les « débiteurs divers » classés sous la rubrique « autres créances » s’élèvent à 20.178.214 euros, sans autre précision.

A ce stade, on se demande toujours par quel coup de baguette magique, d’un coup d’un seul, la société Satine a pu s’enrichir de près de 22 millions d’euros alors que les filiales les plus importantes de la holding dont elle est actionnaire  crient misère.

Le rapport du commissaire aux comptes (la Sarl Audita représentée par Monsieur Patrice Sejnera) relatif aux comptes annuels arrêtés au 31 décembre 2019 rejoint dans l’opacité le rapport de gestion de Paumier (non daté, c’est une règle chez les affairistes d’entacher chaque acte d’incertitude) qui ne dit rien sinon qu’aucun mandat de dirigeant ou de commissaire aux comptes n’est arrivé à expiration. Merci pour la pertinence de l’information. Circulez, y a rien à voir, y a rien à dire, mais la société et Paumier son actionnaire unique sont devenus multimillionnaires.  Ah si ! Même quand le COVID n’existe plus et que la société emploie au maximum un salarié, Paumier tient à en parler en précisant même que celui-ci sévit toujours !

 

4-2 Les années passant, Paumier poursuit sa quête de l’opacité maximale.

Ainsi, les comptes sociaux 2020 – qui auraient dû être déposés au plus tard le 30 juin 2021 ne l’ont été que le 17 décembre 2021 (on ne trouve pas trace de demande de délai auprès du Tribunal de Commerce, comme d’ailleurs pour les retards des années précédentes) – sont frappés d’une confidentialité totale, toujours au nom des mêmes règles légales certes, mais néanmoins profondément illégitimes.

Très étrangement, les comptes sociaux 2021 qui auraient dû être déposés et éventuellement publiés pour le 30 juin 2022 au plus tard n’existent pas sur les bases de données publiques telles que Pappers ou Société.com : ils n’auraient donc pas été déposés au Greffe du Tribunal de Commerce.

Les comptes sociaux 2022 ont, eux, battu tous les records en matière de tardivité de dépôt puisqu’ils l’ont  été le 17 octobre 2024, soit près de dix-sept mois après l’échéance légale ! Toujours sans demande d’autorisation. Ils ne font pas l’objet d’une confidentialité totale. Il n’est pas mentionné qu’ils font l’objet d’une confidentialité partielle selon les bases de données publiques. Pour autant, le compte de résultat n’est pas public et le Procès-verbal d’assemble générale ordinaire annuelle du 30 juin 2023 (pour des comptes qui ne seront déposés que le 17 octobre 2024, ce qui interroge grandement) s’avère amputé pour partie, car commençant à la deuxième résolution ! Paumier ne semble pas avoir convoqué ses commissaires aux comptes, dans la mesure où l’on ne trouve trace d’un rapport, même elliptique.

Mais la règle selon laquelle les comptes arrêtés à la fin d’une année N, satisfaisant à l’obligation de publication, doivent rappeler ceux de l’année précédente même si ceux-ci étaient non publiables, nous vaut d’apprendre quelque chose, notamment sur les comptes 2021 qui étaient restés secrets car non déposés et non publiés. L’on découvre ainsi les éléments importants suivants :

On découvre que Satine a versé un dividende de 10.700.000 euros – à Paumier son associé unique – au titre de l’année 2021. Au 30 juin 2022, la vente de COLIS PRIVE … était réalisée.
-Le procès-verbal partiel (le document est partiel et n’est accessible que pour sa deuxième résolution)  de l’assemblée générale ordinaire approuvant les comptes arrêtés au 31 décembre 2022, qui s’est tenue le 30 juin 2023, nous fait découvrir qu’un dividende de 800.000 euros sera distribué au titre de cette année qui s’est soldée par un bénéfice de 781.594,33 euros . Mais le plus intéressant réside dans l’information fournie en matière de dividendes distribués depuis la constitution de la société (prescription de l’article 243 bis du Code Général des Impôts). Et l’on découvre que Satine a versé un dividende de 10.700.000 euros – à Paumier son associé unique – au titre de l’année 2021,donc selon toute vraisemblance au 30 juin 2022 à l’issue de l’assemblée générale ordinaire d’approbation des comptes et de distribution du résultat. Au 30 juin 2022, la vente de COLIS PRIVE … était réalisée.

-Les « autres créances » s’élèvent au 31 décembre 2022 à 5.539.958 euros en net contre 19.573.595 euros en net au 31 décembre 2021. Elles ont donc diminué de 14.033.637 euros en net, sans que plus de précision soit donné. L’on apprend aussi que les 5.539.958 euros en net correspondent à un brut de 5.727.658 euros  diminué de 187.700 de provision.

-L’on observe que la rubrique « Autres participations » augmente de 4.496.336 en 2022 pour passer à 4.827.990 fin 2022 contre 314.308 à fin 2021. Mais aucun détail n’est fourni quant aux entités faisant l’objet de cette prise de participations. On ne  peut qu’observer que la participation de Satine dans HOPPS GROUP est passée de 37,50% au 31 décembre 2019 à 40,34% au 31 décembre 2022.

 

5-Atheva et Pons, son associé unique, s’enrichissent eux-aussi de près de 22 millions début 2018, en endettant le Groupe qu’ils dirigent.

Soucieux de vérifier que Pons se porte aussi bien que son associé Paumier, on se dirige donc vers la société de management/holding de celui-ci, dénommée ATHEVA, créée elle aussi le 01 novembre 2006, en tous points semblable à celle de PAUMIER, avec un capital encore inférieur puisque se situant à 810,00 euros.

Contrairement à Satine, Atheva publie ses comptes. Et qu’y découvre-t-on ? Que ATHENA enregistre, elle aussi, un « produit exceptionnel en opération de capital » d’un montant strictement égal à celui enregistré par SATINE.
Mais contrairement à Satine, Atheva publie ses comptes arrêtés au 31 décembre 2018. Et qu’y découvre-t-on ? Que ATHENA enregistre, elle aussi, un « produit exceptionnel en opération de capital » d’un montant strictement égal à celui enregistré par SATINE à savoir 21.600.170 euros ! Leurs  sociétés, dont ils  sont les associés uniques (actionnaires à 100%) ont donc enregistré, en 2018, à elles 2, un produit exceptionnel sur cession de participations de 43.200.340 euros alors que le Groupe dont ils sont actionnaires est enferré dans des difficultés financières abyssales et ne survit que par la bonne volonté de l’Etat pour les plus naïfs ou par son active et déterminante complicité pour ceux qui le sont moins.

Le commissaire aux comptes est identique à celui de SATINE à savoir la SARL Audita, mais cette fois représentée par Jean-Marc EYSSAUTIER. Son rapport est daté du 14 juin 2019.

On lit dans les annexes au titre des faits caractéristiques de l’exercice que « la société a cédé la participation qu’elle détenait dans la société COLIS PRIVE », sans plus de précision. Pourquoi, tout simplement, ne pas divulguer l’identité de l’acheteur ?

Une créance de 20.153.271 figure en « débiteurs divers » à moins d’un an !

Pons se rangera aux pratiques de Paumier pour SATINE et sa société ATHEVA ne publiera plus aucun compte.
Sans doute marri de s’être laissé aller à tant de transparence, Pons se rangera aux pratiques de Paumier pour SATINE et sa société ATHEVA ne publiera plus aucun compte après ceux arrêtés au 31 décembre 2018, s’abritant derrière une loi fort illégitime (celle de Macron) permettant ainsi de cacher que l’on est devenu multimillionnaire.

Les comptes sociaux de SATINE et ATHEVA ne nous disent donc rien quant à l’identité de l’acheteur auquel ont été vendus les actions détenues dans COLIS PRIVE, ni ce que représentent en pour cent les participations cédées, ni à quel prix elles ont été cédées. Ce n’est d’ailleurs que par la parfaite identité du montant du profit exceptionnel dans chacune des 2 sociétés que l’on peut déduire que SATINE a vendu , elle aussi, ses parts dans COLIS PRIVE.

Notons enfin que les comptes de SATINE au 31 décembre 2017 ne donnent strictement aucune information quant aux participations financières détenues dans COLIS PRIVE et autres. On sait seulement que le total des immobilisations financières s’élève à 68.776 contre 468.301 au 31 décembre 2016.

 

6-Les comptes sociaux de HOPPS’Group, la holding de tête du Groupe sont-ils plus diserts que ceux de SATINE et ATHEVA ?

SATINE et ATHEVA étant actionnaires[20] de HOPPS’Group, la holding de tête du Groupe, l’on passe donc à la lecture de ses comptes sociaux[21] pour tenter d’en savoir un peu plus.

La holding HOPPS’GROUP a acquis la sous-holding DISTRI’HOPPS. Pas un mot sur l’identité des cédants ! Pas un mot sur le prix !
Les comptes sociaux au 31 décembre 2018 (publiés le 03 septembre 2019) nous apprennent seulement que la holding HOPPS’GROUP a acquis, par le biais d’une filiale, la sous-holding DISTRI’HOPPS dont elle détient 100% du capital social, 76,93% du capital social et des droits de vote de la société COLIS PRIVE, sans plus de précision. Pas un mot sur l’identité des cédants ! Pas un mot sur le prix !

On se dirige donc vers DISTRI’HOPPS, qui a été créée le 15 novembre 2017 et qui a clôturé son premier exercice comptable au 31 décembre 2018 (comptes publiés le 19 septembre 2019).

Et là, que lit-on dans la rubrique « Faits Significatifs » :

« Le 08 février 2018, les sociétés SATINE et ATHEVA ainsi que Messieurs Peaud et Jaco ont cédé les actions qu’elles détenaient dans COLIS PRIVE, soit 75% du capital social, à la société DISTRI’HOPPS.

L’identité des cédants est enfin connue ! Mais pas un mot sur le prix !

Les dirigeants se fendent du commentaire sibyllin suivant :

« La société COLIS PRIVE est spécialisée dans la livraison de colis à domicile. Cette acquisition permet donc de renforcer les synergies entre les activités d’ADREXO et de COLIS PRIVE ».

On comprendra plus tard ce qu’ils entendaient par synergies (voir  5ème épisode : « L’invraisemblable prix d’acquisition de la filiale COLIS PRIVE par CMA/CGM. Transfuser COLIS PRIVE, exsanguiner MILEE/ADREXO » ).

DISTRI’HOPPS ne détient pas longtemps les 75% du capital social acquis auprès de SATINE et ATHEVA (dont 4% pour Peaud et Jaco). L’on apprend en  effet que « Le 09 avril 2018, la société DISTRI’HOPPS a apporté – dans le cadre de la structuration du pôle DISTRI’HOPPS – à la société ADREXO (devenue ensuite MILEE) les actions de  la société COLIS PRIVE qu’elle détenait, soit 76,93% du capital social de la société COLIS PRIVE).

On constate, dans ces mêmes comptes arrêtés au 31 décembre 2018, que la rubrique « dettes sur immobilisations et comptes rattachés » s’élève à 40.794.363 euros, sans autre commentaire.

 

7-Les comptes consolidés de HOPPS’Group, la holding de tête du Groupe vont-ils être plus bavards que ses comptes sociaux ?

 

7-1 A la recherche des traces de la cession à DISTRI’HOPPS par SATINE et ATHEVA des actions détenues dans COLIS PRIVE.

Lassés d’errer entre ces multiples filiales, nous allons donc vers les comptes consolidés de HOPPS’GROUP.

Ces comptes consolidés ne sont publiés qu’à compter de l’exercice comptable 2018[22], avec référence à 2017 mais avec des commentaires ne portant que sur 2018. Ils sont déposés et publiés le 03 septembre 2019.

On y trouve des informations qui n’apparaissent pas dans les comptes sociaux des différentes sociétés faisant partie du périmètre de consolidation.
Compte tenu des contraintes de reporting qui s’imposent aux comptes consolidés, on y trouve des informations qui n’apparaissent pas dans les comptes sociaux des différentes sociétés faisant partie du périmètre[23] de consolidation.

On y lit ce que l’on a pu découvrir dans les comptes sociaux de DISTRI’HOPPS, mais sans un mot sur le prix de cession à DISTRI’HOPPS des 75% de Colis Privé !

Tout au plus y apprend-t-on :

« Le Groupe a été créé le 03 janvier 2017 avec le rachat d’ADREXO, spécialiste de l’imprimé publicitaire, propriétaire de PROMODECLIC et de ses filiales ADREXO PRODUCTIONS (ex ADVERTISING PRODUCTIONS), START’HOPPS (ex AD SERVICES)….

Et que « Le pôle DISTRI’HOPPS est composé au 31 décembre 2018 des sociétés : ADREXO, ADREXO PRODUCTIONS, COLIS PRIVE ET CIBLEO ».

La note 13 des comptes consolidés arrêtés au 31 décembre 2018 précise que :

Les dettes sur acquisition d’actifs correspondent à la dette (32 millions) que le Groupe HOPPS détient au 31 décembre 2018 au niveau des actionnaires SATINE, ATHEVA et AUBRAC suite à l’opération de cession des titres de COLIS PRIVE à DISTRI’HOPPS.

Les dirigeants parlent donc de la dette du Groupe vis-à-vis de SATINE et ATHEVA au titre de la cession des titres de COLIS PRIVE qu’ils détenaient sans dire un mot du prix, ni du montant de la dette ainsi contractée à la date de cession, soit le 08 février 2018 ! A cette occasion, ils commettent une erreur, délibérée ou non, en écrivant que AUBRAC aurait détenu des actions de COLIS PRIVE, ce qui n’est pas le cas.

Nous nous sommes astreints à vérifier si les comptes consolidés des années suivantes allaient apporter quelque novation en matière d’information et pour attester qu’il n’en est rien, nous reproduisons ci-dessous les commentaires fournis en annexe aux bilans consolidés :

La note 13 des comptes consolidés au 31 décembre 2019 précise que :

Les dettes sur acquisition d’actifs correspondent à la dette (32,8 millions) que le Groupe HOPPS détient au 31 décembre 2019 au niveau des actionnaires SATINE, ATHEVA et AUBRAC suite à l’opération de cession des titres de COLIS PRIVE à DISTRI’HOPPS en 2018.

La note 12 des comptes consolidés au 31 décembre 2020 précise que :

Les dettes sur acquisition d’actifs correspondent à la dette (31,96 millions) que le Groupe HOPPS détient au 31 décembre 2019 au niveau des actionnaires SATINE, ATHEVA et AUBRAC suite à l’opération de cession des titres de COLIS PRIVE à DISTRI’HOPPS en 2018.

La note 5-12 des comptes consolidés au 31  décembre 2021 précise que :

Les dettes sur acquisition d’actifs correspondent principalement au rachat des titres de Colis Privé par DISTRI’HOPPS à SATINE, ATHEVA et AUBRAC en 2018.

Sans plus de précisions.

Les comptes consolidés au 31 décembre 2022 mettent en évidence qu’il n’existe plus de dettes sur acquisition d’actifs correspondant au rachat des titres de Colis Privé par DISTRI’HOPPS à SATINE, ATHEVA et AUBRAC en 2018. 

Les commentaires au bilan précisent :

La diminution des dettes sur acquisitions d’actifs est liée à l’apurement de la dette d’acquisition des titres Colis Privé par Distri’Hopps auprès de Satine et Atheva.

Pour une fois, c’est clair !

Mais cette information capitale de l’apurement de la dette de DISTRI’HOPPS envers SATINE et ATHEVA n’apparaît que dans les comptes consolidés au 31 décembre 2022 qui sont déposés et publiés le 21 juin 2024. Une année et demi après ! Et l’on sait qu’à cette date, la débâcle du Groupe est avérée.

On parvient donc à cerner l’évolution de la rubrique comptable «Dettes sur acquisition d’actifs » telle que les comptes consolidés du Groupe les affichent :  

Euros 000 2017 2018 2019 2020 2021 2022
  1.382[24] 34.394[25] 34.809[26] 34.392[27] 32.396[28] 2[29]
Dont dette SATINE, ATHEVA, AUBRAC Sans objet 32.000 32.800 31.960 Non publié 0

Il n’est pas inutile de mentionner en regard de cette dette, les dettes fiscales et sociales sachant que la dette initiale sur acquisition d’actifs, née le 08 février 2018, s’élève à 45 millions (voir ci-après) :

Euros 000 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Social 38,2 68,2 74,0 117,6 138,1 58,6
Fiscal 23,7 29,7 52,6 56,8 71,5 16,1

45 millions d’endettement début 2018, c’est 73% des dettes fiscales et sociales de fin 2017 et 46% à fin 2018 ! Lesquelles dettes étaient frappées  de retards considérables.

 

7-2 La découverte du prix de cession des actions COLIS PRIVE détenues par SATINE et ATHEVA à DISTRI’HOPP.S

Mais à ce stade, on ne connaît toujours pas le prix de cession des actions COLIS PRIVE, détenues par SATINE et ATHEVA, à DISTRI’HOPPS.

Il faut pour cela aller plus loin dans la lecture des commentaires qui permet de découvrir les informations suivantes quant à ce qui est dénommé: cessions d’actifs aux parties liées[30].

L’on apprend alors que les actions cédées l’ont été au prix de 45 millions d’euros et seulement par ces commentaires qui ne précisent même pas que cette cession d’actifs est celle qui concerne les 75% d’actions détenues dans Colis Privé ! 

L’examen  des comptes consolidés sur la période 2018-2022 permet de dresser le tableau suivant :

Euros000 2017 2018 2019 2020 2021 2022
SATINE Sans objet 21.600 0 0 0
ATHEVA Sans objet 21.600 0 0 0
PEAUD L Sans objet 900 0 0 0 0
JACO P Sans objet 900 0 0 0 0
TOTAL Sans objet 45.000.00 0 0 0 0

 

7-3 La découverte de la dette de DISTRI’HOPPS envers SATINE ET ATHEVA.

Toujours dans les commentaires relatifs aux bilans consolidés, on trouve trace de ce qui est d’abord dénommé emprunts auprès des parties liées, puis à partir de 2021 dettes sur acquisition d’actifs.

On est alors en mesure de dresser l’évolution suivante de cette dette selon les comptes consolidés :

Euros000 2017 2018 2019 2020 2021 2022
SATINE Sans objet 15.590 16.257 15.982 16.169 0
ATHEVA Sans objet 15.590 16.257 15.982 16.169 0
PEAUD L Sans objet 607 134 45 0 0
JACO P Sans objet 607 134 361 0 0
TOTAL Sans objet

 

32.394 32.782 32.370 32.338 0
A comparer à ce qu’on lit au bilan à propos du poste « dettes sur acquisitions d’actifs »  mentionné ci-avant   32.000 32.800 31.960 Non publié 0

A noter, nous insistons, que les comptes consolidés 2018, 2019 et 2020 mentionnent les dettes dues à SATINE, ATHEVA comme étant des emprunts dus par le Groupe alors qu’à partir des comptes consolidés 2021, ces emprunts sont mis à zéro et remplacés par le libellé « acquisition d’actifs », encore un moyen de semer le trouble dans la lecture des comptes !

Ce qui est intitulé « dettes sur acquisitions d’actifs » dans les comptes consolidés du Groupe est dénommé « autres créances » dans les comptes de SATINE.
Nous avons cherché à croiser ces données des comptes consolidés avec celles fournies par les comptabilités de SATINE et ATHEVA. C’est strictement impossible pour ATHEVA qui ne publie plus aucun élément de bilan après la clôture au 31 décembre 2018. C’est faisable pour SATINE, sauf pour l’année comptable 2020 qui n’est pas publiée et dont ne peut avoir trace par le bilan 2021 qui lui n’est carrément pas déposé. La concordance, imparfaite et incomplète ne peut donc s’effectuer que pour SATINE. Ce qui est intitulé « dettes sur acquisitions d’actifs » dans les comptes consolidés du Groupe est dénommé « autres créances » dans les comptes de SATINE :

Euros000 2017 2018 2019 2020 2021 2022
  652,2 20.168 19.994 Non publié 19.574 5.541
Dont en principe DISTRI HOPPS si montants identiques Sans objet 15.590 16.257 15.982 16.169 0
Ecart Sans objet 4.578 3.737 Non disponible 3.405 5.541

Les comptes de SATINE sont cohérents avec ceux des comptes consolidés du Groupe si l’on accepte que l’écart  constaté ci-dessus a trait à d’autres créances que celles résultant de la cession des parts COLIS PRIVE. On ne peut en être sûr compte tenu du très maigre niveau d’information fourni. On est cependant surpris que la créance née de la cession COLIS PRIVE s’accompagne de la naissance d’une autre créance nette de 3.925,8 milliers d’euros  (4.578 – 652,2).

 

7-4 Ce qui a été réglé par HOPPS Group à SATINE et ATHEVA et sur quelles années.

La cession, en février 2018, des actions détenues dans COLIS PRIVE par SATINE, ATHEVA, L. PEAUD et P. JACO s’est effectuée au prix de 45.000.000 euros, mais la dette du Groupe au 31 décembre 2018 s’élève à 32.394.000 euros, selon les comptes consolidés. Un montant de 12.606.000 euros a donc été payé durant l’année 2018 , aux cédants par DISTRI’HOPPS, entité au sein de laquelle la dette envers ces derniers a été enregistrée. Les cédants ont perçu respectivement les montant suivants sur l’année 2018 :

  • Pour SATINE :  6.010.000
  • Pour ATHEVA : 6.010.000
  • Pour L PEAUD : 293.000
  • Pour P JACO : 293.000
    -> Soit un total de 12.606.000
Satine et Atheva ont donc endetté le Groupe de 45 millions le 08 février 2018 et se sont empressés dans les mois qui suivent et avant le 31 décembre 2018  de réduire leur créance sur le groupe de 12,02 millions alors que le Groupe est en sale état.
Satine et Atheva ont donc endetté le Groupe de 45 millions le 08 février 2018 et se sont empressés dans les mois qui suivent et avant le 31 décembre 2018  de réduire leur créance sur le groupe de 12,02 millions alors que le Groupe est en sale état. Et en 2022, année de la vente de COLIS PRIVE à CMA CGM, Paumier et Pons se serviront avant tout le monde et empocheront les 32,98 millions restants face à des salariés payés avec un lance-pierre, des moratoires fiscaux et sociaux non respectés (l’Etat n’a pris aucune garantie !) mais renouvelés systématiquement, des fournisseurs floués.  

Après eux ? Les mouches ! La programmation de la faillite frauduleuse  qui s’ensuivra en apportera la parfaite confirmation ( voir le 17ème épisode : Une faillite frauduleuse )

 

7-5 Le Groupe endetté par ses dirigeants doit aussi supporter les intérêts.

Les comptes consolidés au 31 décembre 2018 nous apprennent aussi que 536.000 euros ont été pris en charge par Distri’Hopps au titre des sommes dues à  SATINE, ATHEVA résultant du rachat d’actions appartenant à celles-ci ; soit près de 20% des charges d’intérêts du Groupe pour l’année considérée , à savoir 2.778.000 euros.

Les données fournies pour les années suivantes ne permettent pas d’identifier l’existence de tels charges d’intérêts.

 

8-La bête se meurt, mais le trio PPS se paie sur elle à coups d’augmentations successives.

On notera une augmentation de 90% des honoraires totaux !
Les commentaires annexés aux bilans consolidés nous parlent en termes abscons « d’achats (hors tva) aux parties liées », c’est-à-dire, pour être clair, des honoraires facturés par SATINE, ATHEVA et AUBRAC à HOPPS Group au titre de leurs fonction de direction, ainsi que des frais facturés par une plus mystérieuse entité dénommée BELEZA.

On notera que les honoraires totaux qui s’élevaient en 2018 à 1.026.000 euros sont passés en 2022 à 1.945.000 euros, soit une augmentation de 90% !

Les salariés apprécieront. Plus la situation du Groupe se détériore, plus ils se gavent.

Euros000 2017 2018 2019 2020 2021 2022 Total
SATINE ND[31] 361 592 670 695 775 3.093
ATHEVA ND 340 556

 

627 817 750 3.090
AUBRAC ND 325 420 420 420 420 2.005
Sous-total ND 1.026 1.568 1.717 1.932 1.945 8.188
BELEZA ND 520 982 568 1.011 421 3.502
TOTAL ND 1.546 2.550 2.285 2.943 2.366 11.690

On notera également que ATHEVA qui a pris du retard sur Satine à fin 2020 le rattrape sur 2021 pour terminer à égalité en cumul à fin 2022 à 3.000 euros près.

Jusqu’à près de 2 millions d’honoraires annuels pour gérer un Groupe dont il faut tout de même rappeler qu’il n’a pas la dimension d’une multinationale.
Jusqu’à près de 2 millions d’honoraires annuels pour gérer un Groupe dont il faut tout de même rappeler qu’il n’a pas la dimension d’une multinationale. On rappelle en effet que de 2017 à 2022, le chiffre d’affaires annuel moyen s’élève à 429,6 millions et qu’il n’est que de 375,7 millions en 2021 et de 359,3 millions en 2022, années pour lesquelles le trio PPS bat tous les records de facturation d’honoraires.

Quant à BELEZA, les commentaires sont elliptiques : il s’agit de loyers et charges locatives nous disent les dirigeants, information fournie pour les  comptes consolidés au 31 décembre 2019 et aux années suivantes. Pour ceux de 2018, pas un mot d’explication sur la nature de ces frais facturés par BELEZA. Il n’est pas précisé de quels biens loués il s’agit. Les comptes de cette société ne sont pas publiés, bénéficiant de la confidentialité. En outre cette société n’a été créée que le 09 janvier 2019 tout en ayant facturé 520.000 euros sur l’année 2018!  Ces loyers et charges locatives étant facturés à la holding HOPPS Group, on se dit qu’il pourrait s’agir de l’immeuble du siège d’Aix en Provence. Cette question, explosive, fera l’objet du  3ème épisode « Capter à son profit personnel le bien immobilier du Groupe que l’on dirige, acquis pour un euro symbolique, s’enrichir de 9 millions, puis lancer un nouveau projet immobilier »  .

Alors que les salariés sont payés avec retard, que les cotisations sociales font l’objet de moratoires successifs, tout comme la TVA, les comptes consolidés nous permettent de vérifier que ces honoraires, loyers  et charges locatives sont eux payés rubis sur l’ongle : 11,7 millions de 2018 à 2022. Pire même, à fin 2022, c’est BELEZA qui doit de l’argent à HOPPS Group : 74.000 euros.

Sommes à rapprocher de celles facturées par le trio  SATINE-ATHEVA-AUBRAC. Il faut bien alimenter la trésorerie de la holding pour payer le trio !
Les comptes consolidés nous apprennent aussi que HOPPS Group facture aux sociétés opérationnelles des sommes rondelettes au titre de la rémunération de son mandat social de Président :

  • 2018 : 806.406 euros
  • 2019 : 1.536.000 euros
  • 2020 : 1.518.000 euros
  • 2021 : 1.518.000 euros
  • 2022 : non disponible
    -> Soit au total : 5.378.400 euros, hors 2022.

Sommes à rapprocher de celles facturées par le trio  SATINE-ATHEVA-AUBRAC. Il faut bien alimenter la trésorerie de la holding pour payer le trio !

 

9-Pour s’enrichir de près de 45 millions début 2018, Paumier et Pons violent toutes les règles en matière de conflits d’intérêts, avec l’aide de professionnels du droit et du chiffre.

Il n’existe aucune trace de document justifiant du prix de la cession réalisée le 08 février 2018 à DISTRI’HOPPS des 75% du capital social de COLIS PRIVE.
Il n’existe aucune trace de document justifiant du prix de la cession réalisée le 08 février 2018 à DISTRI’HOPPS des 75% du capital social de COLIS PRIVE détenus par SATINE, ATHEVA et Messieurs PEAUD et JACO. On sait seulement que le prix de cette cession s’élève à 45 millions d’euros sans aucun justificatif, ce qui valorise COLIS PRIVE, à cette date, à 60 millions d’euros.

En revanche, l’apport à la société ADREXO (dénommée plus tard MILLEE) du 09 avril 2018 par DISTRI’HOPPS des actions qu’elle détient dans COLIS¨PRIVE donne lieu à deux documents légaux particulièrement savoureux :

  • le rapport du commissaire aux apports
  • le traité d’apport

Le déroulement des opérations financières et leur transit par DISTRI’HOPPS qui va se voir endettée de 45 millions d’euros répond, de la part de Paumier et Pons, à une stratégie purement personnelle, faisant fi de tous les intérêts des entreprises contrôlées directement ou indirectement par HOPPS Group.

Rappelons que COLIS PRIVE a été reprise à 100% par PAUMIER et PONS, à travers leurs sociétés de management SATINE ET ATHEVA pour 1 euro symbolique.
 Rappelons que COLIS PRIVE a été reprise à 100% par PAUMIER et PONS, à travers leurs sociétés de management SATINE ET ATHEVA en date du 15 mars 2012 pour 1 euro symbolique. 

La société accumulait les pertes depuis de nombreuses années. De 2012, année de la reprise à 2017 inclus, précédant la cession à DISTRI’HOPPS , les pertes nettes comptables cumulées s’élèvent à 53 millions.

 

9-1 Le rapport du commissaire aux apports : une inauguration de chrysanthèmes doublée d’un scandale déontologique.

C’est le 22 février 2018, soit quelques jours après la cession du 08 février, que DISTRI’HOPPS, en la personne de son associé unique  HOPPS Group, désigne la SAS FIDEA CONTROLE[32] , représentée par Mr Guy Castinel , comme commissaire aux apports. Le rapport de celui-ci est daté du 29 mars 2018.

Il est mentionné que l’apport envisagé a été arrêté par le projet de traité d’apport signé le 08 mars 2018 et élaboré par le Cabinet AXTEN Avocats par les représentants des sociétés ADREXO SAS et DISTRI’HOPPS SAS.

DISTRI’HOPPS est l’associé unique de ADREXO.

DISTRI’HOPPS est elle-même détenue à 100% par HOPPS GROUP, son associé unique.

Le représentant de la société DISTRI’HOPPS est Eric Paumier, Président.

Eric Paumier est Directeur Général de HOPPS ‘GROUP.

ADREXO, le bénéficiaire de l’apport, est représentée par son Président Hervé Estampes[33] . L’associé unique de ADREXO, rappelons-le, est DISTRI’HOPPS dont Eric Paumier est Président.

Le commissaire aux apports définit ainsi sa mission :

il nous appartient d’exprimer une conclusion sur le fait que la valeur de l’apport n’est pas surévaluée.

A propos de la méthode d’évaluation retenue pour arrêter les conditions de l’apport, il convient de reprendre in extenso ce qu’écrit le commissaire aux apports tant le contenu est proprement ébouriffant :

« La valorisation de l’apport des 222.517 actions ordinaires COLIS PRIVE, représentant à la date de notre rapport 75% du capital social de COLIS PRIVE (ou 60% après prise en compte des actions de la société qui résulteraient de l’exercice par l’associé minoritaire des BSA-1 et des BSA-2), pour un montant de 45.000.000 euros, a été déterminée sur la base de la valeur nette comptable des actions COLIS PRIVE chez DISTRI’HOPPS. Cette valeur découle de LA VALEUR DE NEGOCIATION[34] retenue dans le cadre de la cession des actions du 08 février 2018 des actions de COLIS PRIVE.

Cette valeur de négociation repose sur la méthode des flux futurs de trésorerie actualisés[35]de la société COLIS PRIVE. Les principales hypothèses et/ou données utilisées sont :

  • le plan d’affaires de la société COLIS PRIVE sur la période 2018-2020
  • une actualisation reposant sur un coût moyen pondéré du capital oscillant entre 12% et 14%
  • un taux de croissance à l’infini oscillant entre 1% et 2% 

Le plan d’affaires fondé  sur cette « valeur de négociation » n’est pas joint au rapport.

Afin de contrôler la réalité de l’apport, d’apprécier la valeur des apports pris individuellement et dans leur ensemble et de vérifier, jusqu’à la date d’émission du rapport, l’absence de faits ou d’événements susceptibles de remettre en cause la valeur de l’apport, le commissaire déclare avoir procédé, notamment, aux diligences suivantes :

« -obtenu les comptes de COLIS PRIVE au 31 décembre 2017 en cours d’audit et au 31 décembre 2016 ayant été certifiés par les commissaires aux comptes    

NDLR : 

Au titre de 2016 : le chiffre d’affaires s’élève à 123.812.603 euros. Le résultat d’exploitation est une perte de (2.462.050) et la perte nette comptable est de (5.917.017). Le chiffre d’affaires était en progression de 20,6% par rapport à 2015 ce qui a eu pour effet, curieusement, d’augmenter la perte, celle de 2015 se situant à (4.892.609). Une vraisemblable non maîtrise de la marge est sans doute à l’origine de cette situation. Les effectifs au 31 décembre 2016 s’élèvent à 410 personnes en équivalent temps plein. Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de (13.018.132) euros.

On notera que la société a comptabilisé en produits d’exploitation une subvention de 7.500.000 euros qu’elle s’est abstenu de comptabiliser en produits exceptionnels alors que celle-ci n’a aucun  caractère de récurrence. Sans cette subvention d’exploitation, la perte d’exploitation aurait été de (9.962.050) et la perte nette comptable de (13.417.017).

Au titre de 2017 : le chiffre d’affaires s’élève à 140.326.121 euros. Le résultat d’exploitation est une perte de (5.809.532) et la perte nette comptable est de (7.998.559). Le chiffre d’affaires était en progression de 13,3% par rapport à 2016 ce qui a eu pour effet, à nouveau, d’augmenter la perte par rapport à 2016.  Les effectifs au 31 décembre 2017 s’élèvent à 401 personnes en équivalent temps plein. Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de (21.016..690)

Au titre de 2018 : le chiffre d’affaires s’élève à 145.966.119 euros. Le résultat d’exploitation est une perte de (1.112.755) et la perte nette comptable s’élève à (3.474.262). Les effectifs s’élèvent à 385 personnes équivalents temps plein. Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de (19.750.882).

Euros 2018 2019 2020 Total
Chiffre d’affaires 145.966.119 160.554.605 233.783.173 540.303.897
Résultat d’exploitation (1.112.755) 5.902.767 17.112.835 21.902.847
Résultat net comptable (3.474.262) 2.046.542 4.638.629 3.210.909
Effectifs ETP[36] 385 397 451 411
Capitaux propres (19.750.882) (17.704.342) (13.065.714) NA

Le plan d’affaires sur lequel est fondée « la valeur négociée » des 75% des actions détenues dans COLIS PRIVE par SATINE et ATHEVA cédées à DISTRI’HOPPS se traduit par un résultat net comptable cumulé sur la période de  3.210.909 euros soit en moyenne annuelle 1.070.303 euros. Ces 75% valorisés selon la méthode DCF à 40 millions d’euros, soit 60 millions d’euros pour 100% correspondent donc à un multiple de 56,1 appliqué au résultat net comptable moyen annuel de la période !

-obtenu une balance générale de DISTRI’HOPPS en date du 09 mars 2018 afin de constater l’écriture comptable d’acquisition des actions ordinaires de COLIS PRIVE en lien avec l’acte de cession des actions COLIS PRIVE du 08 février 2018

NDLR :

DISTRI’HOPPS, sous-holding détenue à 100% par HOPPS’GROUP, a été créée le 15 novembre 2017 et n’a pas exercé d’activité en 2017. L’exercice 2018 se soldera par une perte nette comptable de (590.125) euros.

Il existe un co-commissariat aux comptes : SARL AUDITA représentée par Jean-Marc Eyssautier et KPMG Audit représentée par Pierre-Laurent Soubra. Les comptes sont approuvés sans réserve.

-vérifié que les derniers comptes de COLIS PRIVE et ADREXO disponibles à la date du présent rapport à savoir ceux arrêtés au 31 décembre 2016 ont été certifiés sans réserve

NDLR :

• Pour COLIS PRIVE :

Les comptes au 31 décembre 2016 de Colis Privé ont été certifiés sans réserve par le Commissaire aux comptes SARL AUDITA Jean-Marie Eyssautier.

Les données chiffrées 2016 sont communiquées plus haut.

Les comptes au 31 décembre 2017 ont été certifiés sans réserve par le Commissaire aux comptes Jean-Marie Eyssautier (SARL AUDITA)

• Pour ADREXO :

Les comptes au 31 décembre 2017 ont été certifiés sans réserve par les 2  co-commissaires KPMG Audit, représentée par Pierre-Laurent Soubra et ERNST & YOUNG, représentée par Camille de Guillebon.

En 2016, la perte d’exploitation s’élève à (26.188.776) et la perte nette comptable s’élève à (25.811.928) euros. Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de (80.966.237) euros.

En 2017, la perte d’exploitation s’élève à (20.328.613) et la perte nette comptable s’élève à (1.756.296) euros. Les effectifs sont de 7.570 équivalents temps plein. Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de (15.562.286) euros.

En 2018, la perte d’exploitation s’élève à (21.246.498) et la perte nette comptable à (19.611.883). Les effectifs sont de 7.726 équivalents temps plein. Les capitaux propres s’élèvent certes à 9.825.831, sans que ce passage au positif se traduise par un apport en cash.

-obtenu le rapport d’examen limité au 30 juin 2017 de ADREXO des commissaires aux comptes concluant sur l’absence d’anomalies significatives

-revu le plan d’affaires de COLIS PRIVE sur la période 2018-2020 par entretien avec le Directeur Général Adjoint Finance & Synergie et le Directeur Général de HOPPS SERVICES

-examiné la méthodologie utilisée d’actualisation des flux de trésorerie (DCF) qui a servi à évaluer la valeur d’entreprise de COLIS PRIVE négociée dans le cadre de la cession des titres du  08 février2018 et par voie de conséquence la valeur des actions de la société COLIS PRIVE chez DISTRI’HOPPS afin de s’assurer que la valeur de l’apport des actions COLIS PRIVE n’était pas surévaluée

-examiné le projet de traité d’apport d’actions ordinaires joint au présent rapport daté du 08 mars 2018

-apprécié, jusqu’à la date de l’émission du rapport l’importance de faits ou événements susceptibles de remettre en cause la valeur des apports par entretien avec le Directeur général HOPPS SERVICES

-obtenu une lettre d’affirmation de la part du Président de DISTRI’HOPPS  confirmant l’absence, à la date du rapport, notamment d’événements pouvant remettre en cause la valeur de l’apport »

Le commissaire aux apports note que la société COLIS PRIVE est une société en forte croissance. On est totalement abasourdi face à une telle « candeur » qui ne peut qu’être feinte.
Sur l’appréciation de la valeur globale de l’apport, le commissaire aux apports note que la société COLIS PRIVE est une société en forte croissance, avec des capitaux propres négatifs au 31 décembre 2016 et une perte attendue en 2017 et qu’en conséquence les approches d’évaluation basées sur un bénéfice ou les dividendes ont donc été écartées (!). On est totalement abasourdi face à une telle « candeur » qui ne peut qu’être feinte. Nous traitons, entre autres,  de la méthode de valorisation utilisée dans le  5ème épisode intitulé « L’invraisemblable prix d’acquisition de la filiale COLIS PRIVE par CMA-CGM. Transfuser COLIS PRIVE, exsanguiner MILEE/ADREXO » . 

De même, il précise que l’approche patrimoniale basée sur des historiques qui ne reflètent pas les nouvelles synergies attendues, dans le cadre du nouveau périmètre du Groupe HOPPS, par les actionnaires n’a pas été retenue. Enfin le commissaire indique qu’il n’est pas possible de se baser sur des multiples de transactions comparables pour cause d’existence d’un seul concurrent véritable, La Poste. Bref, s’en remettre aux plans des deux illusionnistes s’imposait ! « No alternative » ont sans doute expliqué ceux-ci, friands du parler globish.

Quant au plan d’affaires sur la période de 3 exercices 2018 à 2020, on apprend qu’il est basé sur un chiffre d’affaires en croissance de 31% sur la période et sur une croissance de l’EBITDA liée aux gains attendus par le Groupe HOPPS, sans plus de précision quant à ces gains attendus.

Le commissaire aux apports conclut donc bravement que la valeur prévue de l’apport s’élevant à 45.000.000 euros n’est pas surévaluée. Il était en service commandé et n’a pas failli.
Le commissaire aux apports conclut donc bravement que la valeur prévue de l’apport s’élevant à 45.000.000 euros n’est pas surévaluée. Il était en service commandé et n’a pas failli.

 

9-2 Le traité d’apport : établi avant que le commissaire aux apports se détermine !

L’affaire est tellement téléphonée que les protagonistes se sont laissés aller jusqu’à oublier la nécessaire cohérence des dates…
Le traité d’apport fait suite au projet de traité d’apport du 08 mars 2018, auquel faisait référence le commissaire aux apports dans son rapport. Il ne fait qu’entériner les conclusions du commissaire aux apports  et porte cependant la date du 08 mars 2018 alors que le rapport du commissaire aux apports est lui daté du 29 mars 2018 ! L’affaire est tellement téléphonée que les protagonistes se sont laissés aller jusqu’à oublier la nécessaire cohérence des dates…

 

9-3 La prétendue « valeur de négociation » entre SATINE ET ATHEVA détenteurs de 75% des actions de COLIS PRIVE et DISTRI’HOPPS.

A la date de la cession, le 08 février 2018, les entités concernées ont à leur tête les mandataires suivants :

  • SATINE a un associé unique, Eric Paumier.
  • ATHEVA a un associé unique, Frédéric Pons.
  • DISTRI’HOPPS  est représentée par Eric Paumier.
  • DISTRI’HOPPS est filiale à 100% de HOPPS GROUP.
  • HOPPS GROUP a pour Directeur Général Eric Paumier.
  • HOPPS GROUP a pour Président Frédéric Pons.
Paumier et Pons ont donc négocié avec Pons et Paumier pour endetter de 45 millions DISTRI’HOPPS. Le commissaire aux apports n’a rien trouvé à y redire. Pire, il s’est acharné à tenter de justifier l’injustifiable !
Paumier et Pons ont donc négocié avec Pons et Paumier pour endetter de 45 millions DISTRI’HOPPS. Le commissaire aux apports n’a rien trouvé à y redire. Pire, il s’est acharné à tenter de justifier l’injustifiable !

Pour le plaisir d’illustrer à quel point ces professionnels du droit et du chiffre ont fait fi de leur déontologie et des principes comptables de base, on relèvera que l’une des conditions suspensives à lever pour le 09 avril 2018 au plus tard consistait en ce que l’associé unique du bénéficiaire de l’apport (ADREXO) approuve la valeur de l’apport de 45 millions. En d’autres termes que DISTRI’HOPPS, représentée par Eric Paumier, l’associé unique  de ADREXO, approuve la valeur de l’apport correspondant au prix d’acquisition « négocié » des 75% de parts détenues par Satine et ATHEVA dans COLIS PRIVE. Bref, que Paumier soit d’accord avec Paumier.

Nous traiterons de la responsabilité des commissaires aux apports dans le  7ème épisode : « Les commissaires aux apports : pris la main dans le sac ». 

 

9-4- Aparté sur la consanguinité en vigueur chez les commissaires aux comptes à l’œuvre à la fois au sein du Groupe et des sociétés de management/holding de Paumier et Pons.

  • KPMG, représenté par Mr PL Soubra et AUDITA représenté par Mr JM Eyssautier auditent et  certifient  les comptes de HOPPS Group et les comptes consolidés de celle-ci.
  • KPMG, représenté par Mr PL Soubra  et AUDITA représenté par Mr JM Eyssautier auditent et  certifient  les comptes de DISTRI’HOPPS.
  • AUDITA, représenté par Mr P. SEJNERA audite et certifie les comptes de SATINE.
  • AUDITA, représentée par Mr JM Eyssautier audite et certifie les comptes de ATHEVA.
  • Paumier et Pons, associés uniques de SATINE et ATHEVA, dirigent HOPPS Group.
  • Paumier et Pons ont fixé entre eux le prix de cession des actions qu’ils détenaient dans COLIS PRIVE.
  • JM Eyssautier audite et certifie personnellement les comptes de COLIS PRIVE. Cette fois, AUDITA n’est pas mentionné !
Le fait qu’un même cabinet de commissariat aux comptes intervienne à la fois chez SATINE ET ATHEVA et au sein du groupe HOPPS, alors que ces entités sont liées par des opérations significatives et des dirigeants communs, pose un problème majeur d’indépendance et de contrôle des comptes.
Le fait qu’un même cabinet de commissariat aux comptes intervienne à la fois chez SATINE ET ATHEVA et au sein du groupe HOPPS, alors que ces entités sont liées par des opérations significatives et des dirigeants communs, pose un problème majeur d’indépendance et de contrôle des comptes qui n’est pas seulement déontologique.

Le fait que les missions soient assurées par des signataires différents au sein d’un même cabinet ne change rien au problème majeur d’indépendance et de contrôle.

Les risques de complaisance, de perte d’objectivité et de dépendance économique clairement rappelés par le code de déontologie sont en l’espèce patents.

Un écart de 8,8 millions certifié « sincère et véritable » par des co-commissaires identiques.
On s’interroge par ailleurs très sérieusement après avoir constaté que DSTRI’HOPPS fait état dans ses comptes au 31 décembre 2018 d’une dette de 40,8 millions au titre de l’acquisition des parts de COLIS PRIVE auprès de SATINE ET ATHEVA, cependant que les comptes consolidés de HOPPS’Group font état, eux, de 32,0 millions ; un écart de 8,8 millions certifié « sincère et véritable » par des co-commissaires identiques, par ailleurs commissaires de SATINE et ATHEVA pour deux d’entre eux !

Nous traiterons de la responsabilité des commissaires aux comptes dans le  6ème épisode : « Les commissaires aux comptes : responsables et coupables ».  

 

10- Paumier et Pons ne reculent devant rien quand il s’agit de s’enrichir.

Quand HOPPS’Group s’endette en février 2018 de 45millions via sa filiale à 100% DISTRI’HOPPS , les comptes consolidés du Groupe mettent en évidence :

  • un déficit opérationnel de 28,2 millions en 2017 qui passera à 43,03 millions au 31 décembre 2018
  • une perte nette de 17,1 millions d’euros en 2017 contre un bénéfice de 14,3 millions en 2018
  • des dettes sociales de 38,2 millions au 31 décembre 2017 et de 68,2 millions   au 31 décembre 2018
  • des dettes fiscales de 23,7 millions au 31 décembre 2017 et de 29,7 millions  au 31 décembre 2018
En se situant en perpétuel conflit d’intérêts dans les fonctions respectives d’actionnaires et de managers, voici comment on se met 45 millions dans les poches.
Les dettes sur acquisitions d’actifs de 34,4 millions au 31 décembre 2018 représentent 90% des dettes sociales qui feront peu de temps après l’objet d’un moratoire… en prenant soin de rappeler que près de 12,6 millions sont sortis de DISTRI’HOPPS entre le 08 février 2018 et le 31 décembre 2018 pour aller dans les poches de Paumier et Pons, via leurs sociétés holding et de management SATINE et ATHEVA.

Et de souligner que le solde de 32,4 millions leur sera payé en 2022 suite à l’apport de trésorerie généré par la vente de COLIS PRIVE à CMA-CGM[37] au détriment des salariés du Groupe, de l’Etat et des fournisseurs.

En se situant en perpétuel conflit d’intérêts dans les fonctions respectives d’actionnaires et de managers, voici comment on se met 45 millions dans les poches.

 

Christian Savestre

TABLE DES MATIÈRES DU DOSSIER

  • PROLOGUE
  • 1er épisode : L’éléphant était dans la pièce. 80 millions d’actif fictif, 86 millions de passif réel.
  • 2ème épisode : Endetter le Groupe exsangue que l’on dirige, puis se mettre 45 millions dans les poches, tout en se goinfrant  d’honoraires annuels démesurés.
  • 3ème épisode : Capter à son profit personnel le bien immobilier du Groupe que l’on dirige, acquis pour un euro symbolique, s’enrichir de 9 millions, puis lancer un nouveau projet immobilier.
  • 4ème épisode : Utiliser 121 millions de soultes[23], exclusivement destinées à perpétuer l’exploitation de filiales du Groupe, à d’autres fins, dont celles d‘enrichissement personnel.
  • 5ème épisode : L’invraisemblable prix d’acquisition de la filiale COLIS PRIVE par CMA-CGM. Transfuser COLIS PRIVE, exsanguiner MILEE/ADREXO.
  • 6ème épisode : Les commissaires aux comptes : responsables et coupables.
  • 7ème épisode : Les commissaires aux apports : pris la main dans le sac.
  • 8ème épisode : La farandole déchaînée des moratoires sociaux et fiscaux.
  • 9ème épisode : Le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI) : quoi qu’il en coûte !  La Commission des Chefs des Services Financiers (CCSF) de la Région Provence -Alpes – Côte d’Azur : aux ordres.
  • 10ème épisode : Près de 100 millions de commandes de l’Etat à une filiale shootée aux reports sociaux et fiscaux.
  • 11ème épisode : L’Etat, coupable de soutien abusif. Les dizaines de millions d’argent public dilapidés.
  • 12ème épisode : Les centaines de millions dus par HOPPS Group à ses filiales.
  • 13ème épisode : Créer un syndicat maison, alimenter une guerre syndicale pour avoir la voie libre.
  • 14ème épisode : L’opacité comme religion.
  • 15ème épisode : Un étrange personnage.
  • 16ème épisode : Désosser le Groupe avant liquidation, pour se relancer, soius l’œil de son principal créancier, l’Etat.
  • 17ème épisode : Une faillite frauduleuse.
  • 18ème épisode : Plus de 11.000 personnes à la rue en 2024. Plus de 17 millions de profit net pour le financier du trio PPS (Paumier).
  • 19ème épisode : Guide du dépeceur pour repreneurs d’entreprises à sauver.
  • CONCLUSION
  • ANNEXE : Des chiffres affolants. Un château de cartes en feu, piloté par des incendiaires et des pompiers pyromanes. Quelques dates clés.

[1] Le montant non arrondi est de 21,6 millions.

[2] Le montant non arrondi est de 21,6 millions, comme pour Paumier, soit 43,2 millions, auxquels s’ajoutent ce que deux « auxiliaires » se sont mis en poche, à savoir P. Jaco pour 0,9 million et L. Peaud pour 0,9 million soit 45 millions au total.

[3] Les comptes consolidés regroupent les comptes de la société mère et de ses filiales afin de présenter la situation financière, le patrimoine et les résultats de l’ensemble du groupe comme une entité économique unique, en éliminant les opérations internes.

[4] Les comptes consolidés existent depuis la clôture comptable au 31 décembre 2018. Ils auraient dû l’être depuis la clôture comptable au 31 décembre 2017. Certes les données chiffrées 2017 sont, par construction, rappelées  dans le bilan consolidé au 31 décembre 2018, mais les commentaires ne concernent, eux, que 2018.

[5] Promoteurs immobiliers qu’ils sont aussi, nous le verrons dans le  3ème épisode «Capter à son profit personnel le bien immobilier du Groupe que l’on dirige, acquis pour un euro symbolique, s’enrichir de 9 millions, puis lancer un nouveau projet immobilier » .

[6] Le périmètre de consolidation désigne l’ensemble des sociétés incluses dans les comptes consolidés d’un groupe.

[7] Comité Interministériel de Restructuration Industrielle, qui dirige les grandes restructurations d’entreprises en France, rattaché à la Direction Générale du Trésor à Bercy.

[8] Sociologie des élites délinquantes : « De la criminalité en col blanc à la corruption politique » de Pierre Lascoumes et Carla Nagels.

[9] Une société de management est une société prestataire de services qui fournit, à une ou plusieurs entreprises (souvent liées), des services de direction, de gestion ou d’assistance stratégique, en contrepartie d’une rémunération (honoraires de management).

[10] Une holding est une société dont l’objet principal est de détenir des participations (actions ou parts sociales) dans d’autres sociétés, appelées filiales, afin d’en assurer le contrôle, l’influence ou la gestion.

[11] Outre Macron, l’un des quatre est Jeff Bezos.

[12] Il s’agit du fiasco de la distribution des professions de foi des candidats aux élections régionales et départementales de juin 2021. C’est le thème du 1 0ème épisode « Près de 100 millions de commandes de l’Etat à une filiale shootée aux reports sociaux et fiscaux » .

[13] Sa dernière visite de décembre 2025 était sa 18ème en tant que Président de la République.

[14] Macron a été nommé Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique en août 2014.

[15] En 2018, la loi sur le secret des affaires est venue compléter le dispositif : non seulement les chiffres deviennent invisibles, mais leur analyse devient juridiquement risquée.

[16] Le montants non arrondi est de 21,6 millions.

[17] Rappelons que les comptes au 31 décembre 2018, ont été déposés le 10 février 2020 soit presque 8 mois après la date limite légale, mais non publiés à cause de ce recours à la confidentialité.

[18] Un produit exceptionnel en opérations de capital est un gain (produit) réalisé par une entreprise à l’occasion d’une opération portant sur des éléments de capital (immobilisations, participations, titres, structure financière), non liée à son activité courante, et qui n’a pas vocation à se reproduire régulièrement.

[19] PCG Article 831-2/13

[20] Au 31 décembre 2018, Satine et Atheva détiennent chacun respectivement 37,5% de HOPPS Group. AUBRAC détient les 25% restants.

[21] Les comptes sociaux sont les états financiers individuels d’une société, établis au nom de la personne morale, qui retracent sa situation patrimoniale, sa situation financière et son résultat pour un exercice donné. Ils reflètent l’activité propre de la société, indépendamment de celle de ses filiales ou de son groupe.

[22] Ils auraient dû l’être à compter du 31 décembre 2017.

[23] Le périmètre de consolidation désigne l’ensemble des sociétés incluses dans les comptes consolidés d’un groupe.

[24] Voir note 13 des comptes consolidés au 31 décembre 2018

[25] Voir note 13 des comptes consolidés au 31 décembre 2018

[26] Voir note 13 des comptes consolidés au 31 décembre 2019

[27] Voir note 12 des comptes consolidés au 31 décembre 2020

[28] Voir note 5-12 des comptes consolidés au 31 décembre 2021

[29] Voir note 5-12 des comptes consolidés au 31 décembre 2022

[30] Une cession d’actifs aux parties liées désigne une opération par laquelle une entreprise transfère la propriété d’un actif (bien, droit, titre, créance, immobilisation, etc.) au profit d’une partie avec laquelle elle entretient un lien particulier, juridique, économique ou personnel.

[31] ND : non disponible

[32] SAS FIDEA CONTRÔLE située au 101 Rue de Miromesnil à Paris 8ème.

[33] Hervé Estampes, personnage sur lequel nous reviendrons dans le 1 5ème épisode « Un étrange personnage ». 

[34] Les caractères majuscules sont le fait de la rédaction..

[35] Les flux futurs de trésorerie actualisés correspondent à la valeur actuelle des flux de trésorerie que l’on prévoit de générer dans le futur, après application d’un taux d’actualisation destiné à tenir compte du temps, du risque et du coût du capital. Cette notion est au cœur de la méthode d’actualisation des flux de trésorerie (DCF – Discounted Cash Flows).

[36] Equivalents temps plein

[37] La vente à CMA-CGM fait l’objet du 5ème épisode :  L’invraisemblable prix d’acquisition de la filiale COLIS PRIVE par CMA-CGM. Transfuser COLIS PRIVE, exsanguiner MILEE/ADREXO. 

 


By Christian Savestre

Journaliste chez POUR et référent pour les questions d’économie politique chez POUR et ATTAC Bruxelles 2, Christian Savestre est spécialiste de l’évasion fiscale et des grands cabinets d'audit et de stratégie. À la différence de beaucoup, il aborde cette thématique sous un angle résolument politique, à rebours des coutumières minuties techniques qui n’aboutissent souvent qu’à marchander le poids de nos chaînes (sic). A rebours (encore !) des approches traditionnelles qui se concentrent sur les gros fraudeurs, il analyse en profondeur les organisateurs de cette évasion fiscale (les Big Four et ceux qui les suivent), dont il connait bien les méthodes, pour les avoir longuement côtoyés dans sa carrière professionnelle. Christian a sorti de nombreux dossiers d’enquête. Ses analyses sont minutieuses et ses démonstrations implacables. (Surtout, ne lui parlez pas d’optimisation fiscale ! Elle est tout aussi illégitime que l’évasion fiscale ! )