Contre-déclaration d’Anvers : « Défendre des règles qui protègent la démocratie, les citoyen·nes et la planète »

E. Macron et Ursula von der Leyen se sont rendu·es au troisième sommet industriel européen le 11 février à Anvers. Plus de 320 organisations européennes de la société civile, dont Attac, dénoncent une « feuille de route fantôme » de von der Leyen, dictée par l’industrie pour s’attaquer à de nombreuses régulations sociales et écologiques sous prétexte de compétitivité. Elles invitent Ursula von der Leyen à un contre-sommet d’Anvers le 17 mars.

Le 11 février, la présidente von der Leyen a de nouveau rencontré des centaines de représentants d’entreprises lors d’un événement organisé par le CEFIC, un puissant groupe de pression de l’industrie chimique européenne, quelques heures seulement avant de s’entretenir avec les chefs d’État de l’UE. Ce schéma récurrent de dialogue exclusif soulève une question fondamentale : la politique européenne est-elle façonnée par ses 450 millions de citoyen·nes, ou par les plus grands lobbies industriels du continent ? Le timing offre également à l’industrie une occasion privilégiée de faire valoir ses revendications directement lors du sommet des chefs d’État de l’UE sur la compétitivité le jour suivant. Le recul menace de s’intensifier après ce sommet, qui examinera une série de propositions de déréglementation, dont la plupart émanent directement de l’industrie [1].

Depuis 2024, la Déclaration d’Anvers sert de feuille de route parallèle à l’Union européenne. Ce qui est présenté comme un moyen de relancer l’économie est de plus en plus utilisé pour démanteler les garanties démocratiques de l’UE. Nous assistons à un démantèlement systématique des protections essentielles en matière de climat, d’environnement, de numérique et de société – des avancées durement acquises qui sont désormais échangées contre des concessions aux entreprises, à huis clos. Jusqu’à présent, l’UE a agi rapidement et avec fermeté en faveur des pollueurs, des entreprises qui bafouent les droits, et des actionnaires, mais pas en faveur des citoyen·nes.

 

Contre-déclaration signée et diffusée par 320 organisations des pays européens, dont en Belgique, ACV-CSC, CNCD 11.11.11, CETRI, Beweging.net, LDH, Leefmilieu, Amis de la Terre, Bond Beter Leef Milieu, Vredesactie Belgium, Voedseel Anders Vlanderen, Article 19, Kaya, coalition belge des écopreneurs, les associations ayant signé au noveau européen pour la coordination européenne et les sections nationales (notamment de Belgique) n’etant pas reprise dans cette liste.