Fin octobre, nous vous informions de « l’année-record » qu’était en train de vivre notre réseau. Tous les indicateurs étaient au vert (pour ne pas dire vert fluo), que ce soit en termes de notoriété (newsletters, page Facebook, site, …) ou d’engagement (une participation croissante aux enquêtes publiques, aux pétitions, aux activités proposées par les collectifs, …). Et tout cela grâce à vous et à votre mobilisation autour des thématiques que nous défendons.
Mais tout ce travail et cette mobilisation ne serviraient pas à grand-chose si la victoire n’était pas au bout du chemin. Et à ce niveau également, l’année 2025 constitue un record avec pas moins de 31 victoires enregistrées, 32 même si on comptabilise la dernière victoire de Ramur obtenue fin décembre et dont nous vous parlons par ailleurs.
Avant de nous plonger dans la présentation de ces victoires, nous voudrions mettre deux points en avant.
Le premier est que le nombre de victoires que nous avons enregistrées et chroniquées cette année est très exactement le double de celles de l’an dernier. Il est difficile de faire une comparaison « scientifique » entre les deux années car, si la plupart des victoires que nous avons reprises viennent bien de collectifs membres d’OLT, quelques autres viennent de collectifs et d’associations qui ne font pas partie de notre réseau (mais dont les courageux combats et les victoires méritaient bien que nous en parlions !). Mais, chiffre doublé ou pas, il est évident que les luttes sont plus nombreuses d’année en année et que les victoires (tant les temporaires que les définitives) se font, elles aussi, plus nombreuses.
Le deuxième point, c’est que nous assistons à une diversification impressionnante des thèmes de contestation. Si les projets de lotissements détruisant à tout va terres agricoles et espaces verts restent bien présents, on assiste aujourd’hui à des mobilisations contre des extensions de zonings industriels et de carrières, contre des créations d’usines en plein bois ou dans des quartiers fortement abrités, contre la multiplication de gîtes de vacances et de « villages de luxe » en zones vertes, contre des projets d’élevage industriel surdimensionnés, contre la création de nouveaux centres commerciaux et de loisirs, contre des atteintes au patrimoine historique,…
Cette longue liste pourrait faire croire que nous assistons à la montée irrépressible d’une volonté de « pas dans (ou derrière) mon jardin ». En réalité, en suivant ces combats, on se rend rapidement compte que celles et ceux qui les mènent ne le font pas pour des intérêts personnels et égoïstes mais, de manière beaucoup plus globale, au nom d’un monde où tout (à commencer par l’environnement, l’agriculture, la santé et le bien-être des habitants… et même le droit) ne devrait pas plier et céder devant des intérêts – bien privés et bien financiers – de promoteurs et de décideurs en tous genres.
Nous avons été très heureux de présenter et de mettre en évidence ce bel ensemble de victoires durant toute l’année 2025 et nous continuerons à la faire en 2026.
Et, pour commencer cette nouvelles année de la meilleure des manières, retrouvons donc une petite rétrospective par ordre chronologique de toutes les victoires que nous avons connues en 2025.
Bassenge – La carrière Marnebel fermée après… 25 ans de fonctionnement illégal
Située à Eben-Emael (Bassenge), la carrière de Marnebel est exploitée depuis 1952 et s’étend sur 22 hectares, entre la Meuse et le Geer. Et pas n’importe où : elle est entourée de zones naturelles, d’espaces verts, d’une zone Natura 2000 à grande valeur patrimoniale, de sites de grand intérêt biologique et d’habitats à caractère rural.
Elle est aujourd’hui la propriété de la multinationale SIBELCO et de Hermans Stuelens. Le permis d’exploitation actuel n’est plus valide depuis… plus de 25 ans. Malgré un double refus de la Région à leur demande de régularisation déposée en 2018, les exploitants ont continué l’exploitation comme si de rien n’était.
Après avoir dénoncé pendant des années les nuisances liées à l’exploitation de la carrière et les incidences dramatiques sur l’environnement, des habitants de plusieurs communes de la vallée et même de villages flamands et hollandais proches ont fondé l’ASBL Bien Vivre en Vallée du Geer en 2021 et déposé plainte en justice.
Le 24 janvier 2025, le Tribunal de Première Instance de Liège a mis un terme à l’exploitation illégale de la carrière. Il a ordonné la cessation totale des activités sous peine d’une astreinte de 7.500 € par jour d’infraction, avec un délai d’exécution de trois mois à compter de la signification de l’ordonnance.
« Cette victoire est une avancée majeure pour la protection de l’environnement et des riverains, qui subissent depuis des années les nuisances liées à cette exploitation illégale. », déclare l’ASBL. Mais elle précise aussi qu’elle restera particulièrement vigilante à ce que ce jugement soit appliqué.
Le marais Biestebroeck à Bruxelles provisoirement sauvé du saccage
Le Marais de Biestebroeck est un joyau naturel qui a émergé entre 2005 et 2009, suite à l’abandon d’un site industriel. En l’absence d’entretien, un étang, des roselières et des jeunes saulaies sont apparus en une vingtaine d’années. Aujourd’hui, ce marais abrite une soixantaine d’espèces différentes, dont 21 espèces d’oiseaux.
Le 27 janvier, les travaux destinés à transformer le marais de Biestebroeck en un complexe immobilier ont été suspendus par Bruxelles Environnement. Cette décision a été prise suite à la mobilisation sur place des riverains et des défenseurs de l’environnement.
Près de 2.000m² des 13.000m² du marais auraient déjà été détruits sans que les travaux soient accompagnés des mesures nécessaires. Le projet prévoit la construction de plus de 300 logements, 200 places de parking, ainsi que 11 magasins.
Esneux – Un grand nettoyage final aux Prés de Tilff
Fin 2022, plusieurs comités d’habitants avaient réussi à empêcher une reprise d’activité commerciale sur l’ancien site touristique abandonné des Prés de Tilff. La commune avait fini par rejoindre leur point de vue. Le site vient d’être dé-bétonné et nettoyé par la commune afin de la rendre à la nature et de faire disparaître un obstacle récurrent à l’étalement de l’eau en cas d’inondations. L’endroit deviendra d’ici le printemps un espace vert, qui permettra également à l’Ourthe de déborder sans risque.
Liège – Le Collège communal garde le cap et sauve à nouveau le site des Cabayes à Jupille
En 2021, la société Gerico avait voulu construire un lotissement de 22 maisons et 3 immeubles à appartements dans les Cabayes, une des rares zones vertes de Jupille, un quartier très populaire de Liège. Après une forte opposition de la population (près de 700 courriers), la Ville avait refusé le permis à ce projet.
En 2024, la même société revient avec un projet de… 20 maisons et 3 immeubles. Lors de la séance du 14 février 2025, le Collège communal a refusé le permis d’urbanisme déposé par la S.A. GERIGO. 426 réclamations en ont eu raison ! Impact environnemental, problèmes de mobilité, nuisances, urbanisation débridée (sic) sont les principaux motifs développés dans la décision officielle.
Comblain-au-Pont : le « village de vacances » de Hôyemont restera dans les cartons du promoteur
Pourquoi ces guillemets à « village de vacances » ? Parce que le promoteur voulait lui donner la forme d’un vaste ensemble de résidences secondaires de luxe, qui aurait détruit le caractère rural, amené des nuisances diverses, de l’insécurité routière aux abords du site, l’écoulement des eaux usées dans le bois… sans parler d’une possible extension sur l’autre moitié du site. Le tout sans aucun bénéfice pour la population locale.
Le projet, déjà refusé par la Commune, a été définitivement rejeté par la Région en mars 2025.
Liège – Permis refusé pour la maison de détention à Grivegnée
Il faudrait créer un prix à décerner « au projet le plus prometteur mais envisagé au pire endroit ». En 2024, il aurait été remporté haut la main par le Centre hospitalier chrétien (CHC) pour son beau projet de construction d’un pôle d’accueil pour adultes handicapés… dans le parc d’un ancien couvent, un espace vert riche en biodiversité en plein centre urbain, qu’il aurait complètement détruit. Ce projet avait été refusé par la commune d’Ans.
Cette année, le prix serait certainement décerné conjointement au ministère de la Justice et à la Régie des Bâtiments qui ont voulu transformer radicalement une ancienne Auberge de Jeunesse à Grivegnée (Liège) pour y installer une maison de détention. Détail : le projet aurait détruit une des seules poches vertes d’un quartier anciennement florissant mais aujourd’hui très précarisé.
Sans doute pour éviter une opposition dès l’annonce du projet, les brillants esprits du ministère et de la Régie des Bâtiments n’avaient ni concerté ni même simplement informé la Ville de Liège de ce projet. Résultat inévitable et immédiat : dès que le projet a été rendu public, il a provoqué une levée de boucliers dans tout le quartier. Des centaines d’habitants ont signé une pétition contre le projet et la Ville a rendu un avis négatif !
Le fonctionnaire-délégué de la Région a refusé le permis en novembre 2024 mais la Régie des Bâtiments a introduit un recours le mois suivant. La direction juridique des recours du contentieux du Service Public de Wallonie a ensuite rendu un refus et le ministre wallon de l’Aménagement du territoire vient de mettre un terme à l’affaire en confirmant ce refus.
Soignies – David a terrassé Goliath
A la mi-avril, la commune de Soignies a décidé de refuser le projet mortifère porté par Holcim Belgique SA (un centre de stockage et de concassage de déchets inertes dans une carrière reconquise par la nature) sur le site du Perlonjour dans le village de Naast.
Cette décision démontre qu’une mobilisation citoyenne forte et une argumentation bien construite peuvent renverser des montagnes. Et cela même quand l’adversaire est un puissant groupe industriel qui semble de prime abord imbattable…
Neupré – Pas de nouvelle « industrie à banquets » à Neuville-en-Condroz
La ferme du château de Neuville-en-Condroz était visée par un projet de transformation en hôtel, restaurant, salle de fête, … que les riverain·e·s dénonçaient comme une “industrie à banquets et autres événements divers et variés”. Le dossier du promoteur ne prenait même pas la peine de trouver des réponses à des questions pourtant essentielles (pollution sonore, trafic routier, impact sur les zones naturelles, …).
Cette arrogance (et cette incompétence) ne l’a pas aidé : le permis vient d’être purement et simplement refusé par la commune de Neupré.
Assesse – L’usine à tarmac définitivement engluée
Le 30 avril dernier, une excellente nouvelle est tombée : les porteurs du projet de construction d’une usine de tarmac en plein milieu d’un bois se sont désisté du recours au Conseil d’Etat qu’ils avaient introduit en décembre 2022 contre la décision de la Région wallonne de leur refuser le permis unique.
Dans cette procédure, l’ASBL COVISART s’était portée partie intervenante. Le dossier qu’elle avait déposé pour s’opposer à ce recours était très solide et, notamment, démontrait sans équivoque que la construction de cette usine était incompatible avec le plan de secteur. Le désistement a comme conséquence que le permis de l’usine à tarmac est donc définitivement refusé !
C’est une première victoire après ce long combat pour convaincre l’administration régionale puis les deux ministres de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement de refuser cette demande de permis en totale contradiction avec la législation et avec la volonté d’un grand nombre de citoyens de Sart-Bernard et des villages environnants.
Braives – Un terrain menacé, défendu, sauvé, massacré… et peut-être sauvé définitivement !
Une vaste zone verte et humide d’un hectare au coeur du village de Ville-en-Hesbaye a été sauvée des griffes (et des excavatrices) d’un promoteur en 2023. Son propriétaire l’a rasée à blanc peu après mais le collectif « Ville-en-Bottes » ne s’est pas laissé décourager et a continué son action.
Aujourd’hui, la nouvelle majorité communale a annoncé son intention de racheter le terrain et de la transformer en zone naturelle. Félicitations au collectif pour sa détermination et ce beau succès.
Liège – Le lucane cerf-volant pourra dormir sur ses deux antennes à Cointe
Lucanes cerf-volants et collectifs d’habitants sont de fidèles alliés. Le lucane habite des zones de bois et de forêts qui attirent les promoteurs. Mais, comme cette espèce de coléoptère est menacée et légalement protégée en Wallonie, il n’est pas possible de détruire son habitat. Un fameux allié, on vous disait !
Une bonne nouvelle vient de tomber il a quelques jours qui ravira les habitants, humains et lucanes, de Cointe : une parcelle de 1,9 hectare va devenir une réserve naturelle protégée afin de préserver la biodiversité en ville, et en particulier le lucane cerf-volant. Cette parcelle vient d’être transférée au Département de la Nature et des Forêts qui en assurera la gestion. Située sur un talus peu fréquenté, elle constitue un habitat propice au développement de nombreuses espèces animales et végétales… dont notre sympathique lucane.
Tenneville – Pas de padel à Ortheuville
En février, les villageois·e·s s’étaient mobilisé·e·s contre un projet disproportionné comprenant deux terrains de padel couverts, une très grosse villa moderne et une ferme pédagogique. La consultation ne concernait encore qu’un avant-projet. Le Collège communal n’avait pas tenu compte de la forte opposition locale et avait donné un avis positif sous conditions.
Mais le fonctionnaire-délégué de la Région a, lui, rendu un avis défavorable qui a conduit la commune à rejeter la demande en avril 2025.
Esneux – Bfund est tenace…. mais Vert & Vie l’est encore plus
Il y a quelques années, la société Bfund avait obtenu un permis d’urbanisation entre les deux quartiers d’Avister, sur les hauteurs d’Esneux. Mais celui-ci avait été cassé par le Conseil d’Etat en 2021, suite à un recours déposé par le collectif Vert & Vie et un voisin du terrain.
Au début de cette année, Bfund a réintroduit une demande de permis d’urbanisation pour un lotissement de 23 maisons. Cette fois, et suite à 87 courriers d’opposition (et de solides arguments), la commune d’Esneux a directement refusé le permis. Félicitations à nos ami·e·s de Vert & Vie.
Code Rouge 2023 – Acquittement des cinq accusés !
Les 5 personnes accusées de rébellion dans le cadre de l’action de Code Rouge menée en 2023 contre l’aéroport de Deurne ont toutes été déclarées non coupables. Trois des accusés ont été acquittés au motif qu’il n’y avait pas de preuve qu’ils avaient effectivement participé à l’action… parce qu’ils n’y étaient pas !
Deux de ces personnes sont septuagénaires et une troisème autre réside en Espagne ! Les deux autres accusés ont été acquittés parce qu’il n’y avait aucune preuve qu’ils avaient personnellement commis des actes de rébellion. L’un d’entre eux a été reconnu par un seul officier qui n’a donné aucune indication sur la manière dont il a été reconnu, et son dossier médical montre qu’il a été brutalement battu durant l’arrestation. L’autre faisait partie d’une grande foule dans laquelle les bousculades qui se sont produites étaient presque certainement le résultat de la panique compréhensible qui s’ensuit lorsque la police commence à frapper brutalement les gens.
Comme le déclare Code Rouge : « Le procès a été à la fois une démonstration grotesque de l’incompétence de la police et du procureur et un indicateur de la montée de l’autoritarisme et de l’hostilité à l’égard des activistes. Bien que nous nous attendions à d’autres tentatives de répression légale à l’avenir, ce verdict montre qu’en tant que mouvement, nous ne sommes pas impuissant.e.s face au système juridique. »
Lessives – Le projet du “Jardin des Paraboles” lessivé par le Conseil d’Etat
Le Conseil d’État vient de rejeter le recours introduit par le promoteur Christophe Nihon contre le refus de permis de son projet immobilier à Lessive. Cette décision met fin, de manière définitive, au « Jardin des Paraboles », un projet contesté depuis 2017 et qui prévoyait la construction de 283 logements sur le site emblématique des anciennes antennes paraboliques.
Depuis près de huit ans, habitants et associations environnementales dénonçaient l’ampleur et l’inadéquation de ce projet de « village intergénérationnel » au cœur du Bois de la Héronnerie, une forêt bicentenaire de grande valeur écologique. Pas moins de 7 enquêtes publiques ont été menées, mobilisant à chaque fois de nombreux citoyens.
Messancy – L’usine de poulets tuée dans l’œuf
Nous vous avions invités courant janvier 2025 à manifester votre soutien à un collectif naissant luttant contre un projet de poulailler industriel en pleine campagne, dans le hameau de Bébange (Messancy). Ce projet, qui prévoyait l’installation d’un poulailler industriel de 39.000 poulets, a été perçu comme une menace pour la qualité de vie des habitants, une menace environnementale ainsi qu’une atteinte grave au bien-être animal au niveau de l’exploitation du site.
Face à cette pression citoyenne, l’autorité communale a fait part, en mars 2025, de son opposition ferme au projet. Elle a justifié sa position en soulignant que le projet était en totale contradiction avec son engagement électoral axé sur la qualité de vie des habitants, la préservation du cadre rural et le respect de l’environnement.
Le Collège communal a reçu le 21 août une lettre du SPW confirmant le refus notifié par la commune en date du 27 mars.
Nivelles – Le couvent des Récollets (provisoirement) sauvé
Il aura fallu six ans de bataille acharnée, entre pétitions, interpellations publiques et recours en justice, pour bloquer – définitivement, espérons-le – le projet immobilier qui devait défigurer le couvent des Récollets à Nivelles. Des associations de défense du patrimoine réclamaient que le bâtiment soit classé afin de la protéger.
En 2022, l’ancienne ministre régionale en charge du Patrimoine Valérie De Bue (MR) s’était opposée avec acharnement à l’ouverture d’une procédure de classement. En septembre 2025, le Conseil d’Etat a annulé cette décision ministérielle de refus d’ouverture d’une procédure de classement, estimant que la décision de la ministre était insuffisamment motivée. Les défenseurs du patrimoine (autour de Europa Nostra) appellent la nouvelle ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés) d’inscrire en urgence le couvent des Récollets sur la liste de sauvegarde, ce qui assurerait une protection temporaire au bâtiment, en attendant son éventuel classement.
Gedinne – Un projet agrivoltaïque “court-circuité” par le SPW
Au début de l’été, un vaste projet agrivoltaïque de plus de 47.000 panneaux menaçant 60 hectares de terres agricoles a été soumis à l’enquête publique. Une forte mobilisation s’est alors créée autour de l’opposition à ce projet, dénonçant les graves impacts environnementaux de celui-ci.
Fin septembre, le Service Public de Wallonie (SPW) a refusé le permis en tenant compte dans ses motivations des nombreux avis négatifs et des conséquences environnementales et patrimoniales ainsi que sur le foncier des terres agricoles.
Seraing – Le Val Saint-Lambert en voie de sauvetage ?
Lundi 19 octobre, le Conseil communal a voté à l’unanimité deux points essentiels concernant l’avenir du site du Val-Saint-Lambert. Tout d’abord, la Commune, déjà propriétaire du château, va acheter les autres bâtiments patrimoniaux présents sur le site. Ensuite, elle a décidé de programmer une modification du plan de secteur pour tous les terrains qui entourent le site afin de les protéger contre tout projet immobilier.
Une décision qui va dans le (très) bon sens pour le Val et pour Seraing. Et qui pourrait inspirer de nombreux collectifs dans de nombreuses communes !
Arlon – Des propriétaires de terrains déboutés par le Conseil d’Etat
La commune d’Arlon s’est dotée d’un Schéma de développement communal (SDC) qui limite les possibilités d’urbanisation des sols sur le territoire communal. Des propriétaires de parcelles estimaient que ce SDC restreignait les possibilités d’urbanisation de leurs terrains et leur ferait perdre de l’argent. Ils ont déposé un recours au Conseil d’Etat… qui les a déboutés.
Cette décision est importante parce qu’elle démontre que, pour le Conseil d’Etat, le droit de propriété n’est pas absolu et qu’il peut céder face à des plans d’aménagement du territoire correctement justifiés. Une décision à analyser soigneusement et, très certainement, à populariser et utiliser dans d’autres communes.
Liège – Alibaba abandonne Bierset: un bref répit ?
Alibaba (Cainiao) abandonne les phases 2 et 3 de son extension à Liège Airport, gardant seulement les 30.000m² existants. Malgré les promesses non tenues (276 emplois au lieu de 900) et les impacts négatifs (pollution, précarité de l’emploi), le ministre Jeholet (MR) minimise ce recul et appelle d’autres firmes à s’installer.
Stop Alibaba et le GRESEA continuent à dénoncer le modèle destructeur des géants de l’e-commerce et appellent à un moratoire pour des alternatives durables et locales.
Brunehaut – Hollain ne sera pas victime d’un mastodonte noir et blanc
Qui, dans un village tranquille, souhaite voir débarquer un immeuble de 30 mètres de long et 13 de large, peint en noir et blanc, en opposition flagrante au bâti traditionnel? En tout cas, pas les habitants de Hollain qui ont été nombreux à réagir contre ce projet immobilier et qui ont amené la commune à lui refuser le permis.
Cela peut sembler être une victoire très locale sur un projet très local mais celle-ci a pourtant un intérêt qui va bien au-delà, en termes de respect de l’environnement et de l’histoire des lieux.
Ans – Le permis pour le projet Ans Park est refusé par la Région
Ans Park est un projet de gros complexe de commerce, de loisirs, de logement et de bureaux (pas moins !) situé sur la commune d’Ans mais en bordure immédiate du quartier de Rocourt (Liège). Pour les promoteurs et la Ville d’Ans, c’est un magnifique projet. Pour les opposants (ansois et autres) et la Ville de Liège, c’est un projet d’un autre temps dans une zone déjà économiquement et socialement sinistrée par la fermeture des sites de Makro et Cora.
La Région vient de trancher dans le sens des opposants mais des recours sont possibles.
Verviers – Le bois de la Sapinière à nouveau sauvé
C’est l’histoire d’un type, il est promoteur. En 2023, il rentre un projet immobilier incroyablement mal foutu en plein bois de la Sapinière. Ce projet implique deux communes. Pepinster dit oui, Verviers dit non, la Région dit non. Exit le projet. En 2025, le type, il revient avec le même projet. Exactement le même ! Et Pepinster redit oui, Verviers redit non, la Région redit non. En 2027, le type, il va faire quoi?
On voudrait faire chaque fois des articles bien argumentés, sérieux et posés. Mais devant les comportements de certains promoteurs, on se dit que seul Coluche pouvait rendre compte de la situation… Et félicitations au collectif Heusy Grandeur Nature qui tient bon au milieu de tout cela !
Namur – Un bois et une zone Natura 2000 à l’abri
Le 27 novembre, le Collège provincial namurois a tenu une conférence de presse pour présenter son budget et ses projets pour 2026. Au cours de celle-ci, il a annoncé l’abandon du projet d’internat à l’école hôtelière à la Citadelle pour ce qui semble être des raisons financières.
Le premier projet empiétait de manière importante sur la zone Natura 2000 et le second projet revu à la baisse faisait l’objet de recours de la part des riverains pour son impact encore important sur la végétation existante.
Arlon – Une décision du Conseil d’Etat met à mal un gros projet immobilier
En novembre, le Conseil d’Etat a donné raison à la Ville d’Arlon dans son recours contre une décision d’octroi de permis délivré par l’ancien ministre Borsus (MR). Cette décision annule le permis pour le projet d’extension du quartier Schoppach porté par Thomas & Piron.
Le promoteur devra donc soumettre un nouveau projet prenant mieux en compte son intégration dans le paysage et le bâti existant ainsi que les nombreuses préoccupations émises par les riverain.e.s lors de l’enquête publique.
Liège – Nouvelle victoire judiciaire pour les trois activistes anti-pub
La Cour constitutionnelle a validé l’argumentation développée par les trois activistes liégeois qui avaient été arrêtés en 2022 par la police pendant qu’ils enlevaient des bâches publicitaires pour de gros SUV électriques. Si elle rappelle que “le vol est un crime”, la liberté d’expression au moyen d’une désobéissance civile non-violente pour alerter l’opinion publique sur l’urgence du changement climatique est une “excuse” reconnue. Les trois activistes devraient donc échapper à toute peine.
Une décision importante pour eux mais aussi pour de futures actions…
La Roche-en-Ardenne – Projet agrivoltaïque refusé à Ortho : une victoire pour l’Agriculture
A la suite d’un recours introduit par le porteur du projet, le Ministre Desquesnes a confirmé ce mercredi 17 décembre la décision de refuser l’octroi du permis pour un projet agrivoltaïque de plus de 82.000 panneaux sur près de 40 hectares de terres agricoles.
Le ministre pointe notamment un projet peu novateur, une pression accrue sur le foncier agricole et l’absence de plus-value agricole d’un projet porté par des non-agriculteurs et qui aurait “chassé” l’exploitant agricole actuel des terres au bon potentiel agronomique.
Une sage décision que nous saluons, tout en allant plus loin dans notre analyse sur l’agrivoltaïsme, qui reste une alternative apparemment positive… mais un piège à refuser.
Liège – Le pin sylvestre vivra. Et la forêt urbaine ?
La Justice a tranché en décembre : le pin sylvestre du quartier du Laveu, menacé d’abattage depuis dix ans suite aux récriminations d’un voisin, est sauvé. Félicitations à la Ville de Liège qui s’est battue pendant huit ans pour le sauver. Mais ce beau conte de Noël sera-t-il le prélude d’un vrai conte de fées où la Ville défendrait ses vastes espaces verts menacés par des projets immobiliers ? Où sera-t-il l’arbre qui cache une forêt urbaine sacrifiée ?
Car, à un petit kilomètre de là, dans le quartier voisin de Burenville, des arbres il y en a beaucoup, en particulier sur un terrain de 12 hectares (120.000 m2). C’est l’ancien siège du charbonnage de Bonne Espérance, abandonné à la fin de l’exploitation de celui-ci il y a 50 ans et qui, depuis lors, a été intégralement reconquis par la nature et transformé en zone verte. Et les arbres qui s’y épanouissent (au moins 10. 000 !), jouent un rôle énorme pour la biodiversité et le rafraîchissement du quartier.
Or, ce terrain est convoité par la société Matexi qui souhaite en faire un énorme lotissement de 420 logements, en défrichant complètement les trois-quarts de la zone. Soit, dans la fourchette la plus basse, la disparition sur ce seul terrain d’un tiers de ce que le Plan Canopée souhaite faire apparaître comme nouveaux arbres sur Liège en 10 ans !
Namur – Château Saint-Marc : la zone plantée est préservée
Dans le cadre d’une importante transformation du bâti existant, un projet de parking avait été proposé le long du mur d’enceinte et à front de la rue du château. Or cette zone est fortement plantée et elle abrite également une plantation de petits fruitiers gérée par un collectif citoyen de Saint Marc (ASBL Rhizome).
Plusieurs réactions dont celle de Ramur ont demandé que les zones de parking soient redirigées dans l’enceinte même du parc (et à proximité des bâtiments) qui dispose de toute la place utile pour le faire.
Cette demande a finalement été entendue et les plans définitifs (voir illustration) renvoient ces zones dédiées aux voitures à l’arrière des bâtiments.
Namur – La saga du Parc Léopold
Enfin, il était impensable de terminer cette rétrospective des victoires 2025 sans évoquer un des plus longs combats, qui a commencé en 2012 (bien avant la naissance d’OLT) et auquel notre réseau apporte tout son soutien depuis sa création en 2018 : le projet « Le Côté Verre » d’un énorme centre commercial en plein centre-ville porté par la société Besix et qui menace le Parc Léopold à Namur.
En février 2025, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté ministériel du 1er août 2022 qui validait définitivement le Périmètre de Remembrement Urbain (PRU) « Quartier Léopold » à Namur. Or, ce document est la base légale qui permettait la destruction du parc et la transformation ou construction de bâtiments. Cette annulation du PRU empêche donc de facto la poursuite du projet.
C’est une décision forte, qui repose sur des manquements graves en matière de procédure et de participation citoyenne et qui aura des conséquences beaucoup plus larges, à Namur et ailleurs.
Mais c’était sans compter sur l’esprit d’entourloupe de la Ville de Namur qui, un mois plus tard, a accordé un nouveau permis à Besix en contournant la décision du Conseil d’Etat. Autre mauvaise nouvelle : en septembre, la Commission des Recours (organe régional) appelée à statuer sur les 16 recours émis à l’encontre de projet par divers riverains et associations a rejeté en bloc les motivations présentées par les plaignants. La Ville ayant déroulé le tapis rouge à Besix, les travaux préparatoires qui incluent l’abattage des arbres du Parc Léopold allaient donc pouvoir débuter. Mais la suite de l’histoire reste dans les mains des avocats et du Conseil d’Etat d’une part, et de la tutelle (régionale) d’autre part.
Et fin décembre 2025, Ramur obtenait une nouvelle victoire par le Conseil d’Etat qui se prononçait pour la suspension du permis accordé par la Ville en attendant qu’une décision soit prise sur le fond (voir notre article dédié dans la rubrique « Victoires »).
15 janvier 2026.































