Une Europe géopolitique dans un monde multipolaire

Pierre Defraigne est économiste de formation (Universités de Liège, Louvain et Harvard). Il a été fonctionnaire européen de 1970 à 2005, terminant au poste de Directeur général adjoint au Commerce.

Il fut notamment et successivement: Chef de cabinet d’Etienne Davignon alors Vice-Président de la Commission (1977-1983), Directeur des Relations Nord-Sud (1985-1999), Chef de cabinet de Pascal Lamy alors Commissaire européen au Commerce (1999-2002).
Il a aussi fondé « Eur-IFRI », la branche bruxelloise de l’Institut français des relations internationales.

Il est actuellement Directeur exécutif du Centre Madariaga – Collège d’Europe depuis 2008.

Il est professeur invité au Collège d’Europe de Bruges et à Sciences-Po Paris (Paris School of International Affairs).

Publications

Pierre Defraigne publie régulièrement des Opinions, en « contribution externe » à La Libre Belgique, notamment:

  • 28/11/2013: Entre le TTIP et l’Europe, il faut choisir
  • 22/06/2015: TTIP : au Parlement de jouer
  • 28/06/2016: Réintégrer l’Angleterre aux conditions de l’Europe
  • 26/07/2016: Pourquoi l’Europe doit sanctionner Barroso
  • 29/08/2016: Le fiasco turc : un sérieux avertissement pour l’Europe
  • 06/09/2016: La mondialisation brutale : du retour de manivelle à la riposte
  • 30/09/2016: L’industrie européenne prise dans l’étau américain

Voir aussi sur notre site, un long article en 2 parties : 1/ l’analyse; 2/ les propositions.

Ci-dessous le compte-rendu de sa conférence “Une Europe géopolitique dans un monde multipolaire” du 11/10/2016 à Namur.

 

1. Introduction – la géopolitique

La géopolitique se définit par l’étude des rapports de force, l’ordre mondial voulu, l’identification des menaces.

Rapport de force – celui-ci est multifactoriel:

  • La démographie
  • La puissance économique mesurée par le PIB
  • La capacité technologique
  • La puissance financière
  • La dimension culturelle
  • Le poids militaire

La puissance résulte du cumul de ces attributs d’un pays ou d’un ensemble régional.
Les USA cumulent tous ces attributs: ils disposent à la fois du « soft power » = la capacité de diffuser une idéologie et un mode de vie; et ils disposent d’une capacité de dissuasion et de force militaire inégalée.

L’ordre mondial, c’est l’enjeu de la géopolitique. L’ordre actuel est très déséquilibré : dominé par les USA et ajustement des autres à cette hégémonie.

Le seul acteur capable de bouleverser cet ordre mondial, c’est la Chine. Nous y reviendrons.

Les menaces sont, elles aussi multiples: prolifération nucléaire; crises monétaires et financières; cybernétique et numérique; pressions migratoires; terrorisme…

De la guerre froide entre 2 superpuissances, on est passé à l’hégémonie US qui a abusé de cette situation, croyant pouvoir imposer « son » ordre au monde entier. Mais on évolue vers une nouvelle situation bipolaire avec 2 puissances hégémoniques: les USA et la Chine.

Cette nouvelle bipolarité en construction constitue le principal danger.

2. L’état du monde au 21ème siècle

Nous avons connu un changement spectaculaire en 20 ans.

La démographie d’abord: alors que la population mondiale était d’1 milliard 600 millions en 1900, nous sommes passés de l’an 2000 à aujourd’hui (en moins de 20 ans) de 6 à 7,3 milliards et l’on prévoit (mais de telles prévisions sont relativement aléatoires) 11 milliards de terriens en 2100.

Le progrès technologique: il constitue aujourd’hui un véritable flux continu à grande vitesse. On a connu une puissante accélération avec la révolution numérique et le transport par conteneurs. Et l’on a greffé sur cette évolution technologique la libéralisation à outrance du commerce et de la finance. C’est la grande imprudence commise par les « néolibéraux ».
Sur le plan technologique aussi, la Chine progresse à grande vitesse : elle compte actuellement plus de 2 millions de chercheurs au travail. C’est dire si son retard se réduit à vue d’œil.

La mondialisation: elle a été qualifiée par le grand sociologue français Alain Touraine comme « fait social total ». Sa nouveauté résulte du fait que des firmes transnationales globales, à travers une ‘chaine globale de valeur ‘, distribuent les tâches entre des opérateurs dispersés de par le monde et diffusent ainsi le progrès technique sur la planète. Cela a abaissé le seuil d’industrialisation et fragmenté la production. 40 à 60% du commerce mondial porte sur des composants et s’effectue aujourd’hui au sein des propres réseaux des firmes globales. Cela leur permet également de choisir les lieux de production en fonction des coûts minima de main-d’œuvre, d’approvisionnements, de fiscalité, etc. Cela leur confère un pouvoir exorbitant d’arbitrage entre des territoires (travailleurs et gouvernements), un pouvoir « géoéconomique ».

3. Trois bouleversements de notre système

Sur le plan géoéconomique, le centre de gravité du monde opère un basculement d’Ouest en Est, vers la Chine.

Sur le plan géoécologique, une pression critique s’exerce de plus en plus sur le climat, sur les matières premières avec la rareté relative des ressources naturelles. Elle pose la question: comment répartir ces ressources et de la course aux matières premières?

Quant à la géopolitique, qui nous intéresse particulièrement ce soir, elle suit l’économie, à distance! La Chine est déjà l’égale des USA en pouvoir d’achat, pas encore en termes (monétaires) de PIB. Mais elle dépassera les USA aussi sur le PIB si elle poursuit son actuelle voie de développement. On voit donc naître des géants en développement: en plus des USA et de la Chine, l’Inde puis le Brésil, puis le Nigéria se développent rapidement.

Le risque géopolitique, c’est la nouvelle bipolarité USA-Chine: les USA, une puissance déclinante et la Chine, une puissance montante.

P. Defraigne recommande chaudement la lecture de l’essai de Peter Sloterdijk : « La palais de cristal ». Nous sommes devenus un palais de cristal: le monde entier voit notre vie, notre mode de vie; beaucoup cherchent à émigrer vers l’Ouest.

4. Les acteurs

Les USA possèdent encore beaucoup d’attributs de la superpuissance. Mais ils sont une puissance aux pieds d’argile:

  • Le multiculturalisme qui, en de meilleures circonstances peut être un atout, menace cette puissance. À un horizon proche, les WASP (White Anglo-Saxon Protestants) deviendront minoritaires face aux actuelles minorités en pleine expansion (Afro-Américains et Latinos particulièrement).
  • Le système économique ne se remet pas de la crise financière de 2008, avec une croissance qui atteint tout juste les 2%. Et ce, alors que le prix bas du pétrole et les taux d’intérêts nuls sont des conditions favorables à une reprise forte qui ne vient pas.
  • Quant aux acteurs politiques, Hillary Clinton n’est pas Roosevelt, mais plutôt Blair. De Trump, rien à dire. Mais bien du peuple qui le soutient. Un auteur américain populaire, Douglas Kennedy, dit lui-même ce que nous n’oserions formuler en tant qu’observateur extérieur : « 30% des Américains sont des tarés »!
  • La politique étrangère des USA évolue historiquement entre 3 pôles: l’isolationnisme (doctrine de Monroe, née au XIXe siècle, qui condamne toute intervention européenne dans les affaires « des Amériques » et réciproquement; l’idéalisme du Président Wilson inspirateur de la Société des Nations auquel on peut rattacher le Président Carter. Et enfin la conception hamiltonienne selon laquelle les USA constituent une société d’exception qui porte un modèle universel. Les USA, « voulus par Dieu », sont les messies de la libre entreprise et de la démocratie. Notons cependant que cette conception ne correspond pas du tout à leur réalité économique et politique. Leurs préceptes, en pratique, sont plutôt: « Nos intérêts avant nos valeurs » et « Nos intérêts avant vos intérêts ». Pour les USA, les marchés mondiaux et l’accès aux ressources nécessaires à leur économie sont des intérêts stratégiques. C’est le pays où le droit de propriété est le mieux protégé. Et leur dessein pour le monde est d’établir partout un ordre économique et politique adapté à la ‘libre entreprise’.

La Chine, de son côté, dispose du nombre (près de 1,4 milliard d’habitants) et d’une vitesse de développement exceptionnelle depuis 30 ans. C’est elle aussi qui a le mieux répondu au défi de la globalisation, avec un trend de croissance continue et des percées technologiques impressionnantes (exemple : le plus grand télescope du monde mis en service en septembre 2016). La Chine ne veut pas dépendre des USA.

Dans son histoire, elle a dominé ses voisins, mais n’a jamais développé un projet impérialiste ni créé d’empire colonial.

Mais elle est confrontée à un défi: plus elle croît et plus elle dépend du reste du monde. Avec son renforcement stratégique (marine de guerre en particulier), cela constitue une révolution mentale pour les Chinois.

Depuis 2006, un dialogue économique stratégique est mis en place entre la Chine et les USA. Il est maintenant conduit, pour les USA, par Henk Paulson, ancien Secrétaire du Trésor, qui parle le mandarin. Il est le champion de l’engagement de la Chine dans le système multilatéral.

Les néoconservateurs aux USA souhaitent quant à eux, freiner le développement chinois, dans une perspective géopolitique de « containment » qu’Obama a fait sienne en développant les partenariats transpacifique (TPP) et transatlantique (TTIP) qui visent à isoler la Chine pour la mettre sous pression.

De son côté, la Chine poursuit sa route en jouant sur deux scénarios; d’un côté, la voie multilatérale avec l’OMC(2001), l’inclusion du renminbi dans les SDR du FMI, comme cinquième monnaie aux côtés du dollar US, de l’euro, du yen et de la livre sterling (octobre 2016), et la conclusion de la COP 21( pré-accord avec les USA); et d’autre part avec la voie régionale par les accords de swaps de Chiang Mai (1998), la création, en 2014, de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BIID) et le projet de Route de la Soie (One belt, One road).

La Russie, c’est « l’ours blessé » comme l’a qualifié la revue américaine Foreign affairs. Maltraitée par l’Occident et les USA en particulier après la chute du Mur de Berlin en 1989, l’effondrement de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991, elle est dans la foulée confrontée au maintien et à l’élargissement de l’OTAN jusqu’à ses portes. Les USA en poussant au Big Bang sans l’aide financière promise, ont favorisé en 1991 la conversion brutale des actifs financiers russes qui donne naissance au phénomène des grands oligarques favorisant par la même occasion l’accession de Poutine au pouvoir (2000).

La Russie conserve une puissance militaire énorme, et disproportionnée par rapport à sa puissance économique. Elle constitue une difficulté à gérer, mais pas un grand problème du 21èmè siècle.

5. Quid de l’Europe dans ce contexte?

Elle n’est nulle part. Elle n’est pas un acteur géopolitique. C’est un agrégat d’États souverains. Elle accuse un grand retard technologique avec le raté du tournant numérique. Elle accuse un retard dans l’économie qui se développe en aval du numérique, « l’uberisation ». Ses marchés des télécoms et de l’armement, par exemple, sont fragmentés. L’euro est une monnaie partagée par 19 États, mais pas par les 8 autres de l’UE. Ses résultats économiques sont navrants: le PIB par tête de l’Eurozone 2016 rattrape tout juste celui de 2008 d’avant la crise. Son redressement est beaucoup plus faible que celui des USA. Les écarts se creusent entre les États-membres de l’UE, et même de l’Eurogroupe dominée par l’Allemagne. Une union monétaire dans laquelle se développent des divergences est un non-sens. La divergence entre noyau et périphérie, si elle n’est pas corrigée, condamne l’Eurozone à terme.

Sans accord sur un modèle social commun ; sans une politique industrielle commune ; sans une politique monétaire et budgétaire solide ; sans un développement technologique à la hauteur, l’Europe perd de son poids économique dans le monde. Elle peut encore un peu freiner les autres en jouant de son inertie, mais l’Europe ne sera pas un architecte géopolitique.

Enfin, il faut se rendre compte qu’il n’y a pas de puissance civile sans puissance militaire, quelles que soient les préventions que l’on ait par rapport à la problématique militaire en raison des souffrances et des destructions que l’Europe a vécues au cours des deux guerres mondiales.

L’Europe doit assurer elle-même la responsabilité de sa sécurité, par la mise en place d’une défense commune. Sans cela, elle se verra dicter ses choix par les États-Unis d’Amérique.
Or les valeurs de l’Europe ne sont pas celles des États-Unis. L’Europe s’est construite dans une confrontation dialectique entre le capitalisme et la démocratie; dans la lutte contre les abus du capitalisme primitif; dans un débat sur le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Alors qu’aux USA capitalisme et démocratie naissent en même temps et surfent l’un sur l’autre.

En Europe, on veut établir un équilibre entre le marché et la politique, par la régulation. Alors qu’aux USA, on achète les lois ou les décisions judiciaires : les juges élus et l’Administration présidentielle répondent à la pression des lobbys et des firmes globales qui pèsent, au profit des possédants, dans la formation des lois et réglementations, voire des décisions judiciaires. Les USA ne sont plus pour le moment une véritable démocratie ; ils sont devenus une société inégale, raciste et violente. La révolution reaganienne, la guerre en Irak (Bush et Blair), et la querelle avec la Russie (calcul US pour éliminer un concurrent) ont été des désastres pour les USA, pour l’Europe et pour le monde.

6. Conclusion

L’orateur plaide finalement pour un monde multipolaire: USA, Chine, Russie, Inde… construit sur des relations fondées sur le droit, avec en arrière-plan un équilibre des rapports de force. C’est l’objectif de la multipolarité et du multilatéralisme.

Mais si l’Europe n’existe pas dans ce concert, il n’y aura pas de multipolarité et ce sera un danger pour le monde.

Une Europe géopolitique dans un monde multipolaire – Le débat

Q: Avec votre perspective, vu l’énorme consommation d’énergie des USA et la dimension de son appareil militaire, si l’Europe veut en faire autant, on peut jeter la COP21?

PRD: Le développement d’une défense commune européenne doit en effet se faire sans dépense supplémentaire, mais par regroupement et rationalisation de nos efforts militaires dispersés. En y ajoutant un impôt sur les profits des firmes globales opérant chez nous, nous pourrions financer la parité politique avec les USA au sein de l’OTAN.

Q: Hillary Clinton a montré précédemment que pour elle OTAN et TTIP (qu’elle qualifia d’OTAN économique) sont stratégiquement liés. Alors Europe dans ou hors OTAN?

PRD: Il ne faut pas sortir de l’OTAN. L’état d’esprit des Européens, après les expériences des deux guerres mondiales, c’est plus jamais de guerre ! Nous vivons dans l’illusion d’un monde ‘post-tragique’. Si nous créons la parité politique avec les USA, alors nous pourrons demander aux USA leur retour à l’équilibre capitalisme-démocratie. Savez-vous que sur 78 Nobels, 56 sont américains? Parce qu’ils sont les meilleurs? Pas du tout, mais parce qu’ils ont gagné la victoire idéologique et que leur pensée (politique) est considérée comme meilleure. C’est le « magistère de la pensée américaine ».

Q: La perception des Africains sur la Chine est relativement positive; ils apprécient l’absence de moralisation et d’interférence des Chinois opérant chez eux. Mais ils restent néanmoins vigilants. Au Moyen-Orient, par contre, il semble que ce soit la haine de l’Occident qui l’emporte. Partagez-vous ces points de vue?

PRD: Je suis d’accord. Les Africains ne sont pas dupes, mais ils apprécient en effet la non-ingérence des Chinois qui sont cohérents politiquement, car ils n’apprécient pas eux-mêmes les tentatives d’ingérence à leur égard. L’impulsion chinoise sur les autres BRICS (Brésil-Russie-Inde-Afrique du Sud; le C représentant la Chine elle-même) est plutôt favorable.

Q: Mais pourquoi les masses arabes détestent-elles a ce point l’Occident?

PRD: Qui connaît l’épisode du croiseur Quincy qui, le 14 février 1945, ramène Roosevelt de Yalta vers les USA? Le Roi Ibn Saoud d’Arabie monte à bord et un deal est conclu entre eux: la sécurité énergétique des États-Unis est assurée en échange de la sécurité dynastique du royaume saoudien. C’est pétrole contre sécurité militaire. Autrement dit l’Occident protège les despotes contre leurs peuples. Cet accord conclu pour 60 ans sera renouvelé par le Président Bush. Et voilà les USA garants d’un système dont ils sont aujourd’hui victimes par le terrorisme!

Q: Le soutien de la chancelière Merkel au TTIP n’est-il pas curieux?

PRD: L’idée du TTIP est en l’air depuis 20 ans. Elle remonte à Leon Brittan, commissaire européen au Commerce en 1995, une caricature de Mrs Thatcher. Voyez si vous le pouvez le petit film de Bruno Poncelet sur le TTIP (ou TAFTA). Il est très instructif sur ce point des 20 années de préparation du TTIP . En réalité, Merkel, inquiète de l’évolution stratégique amorcée par Obama en direction du Pacifique (partenariat transpacifique), veut raccrocher Obama à l’Europe et compenser le TPP par le TTIP.

Q: Pourquoi si peu d’investissement dans la relation sino-européenne?

PRD: La Chine travaille sur le long terme. Elle ne perd pas son temps sur des dossiers peu avancés. Elle est favorable à l’Europe mais, selon son principe de non-intervention, elle ne formule pas de position sur le TTIP, pas plus que sur le TPP d’ailleurs, convaincue que ça ne marchera pas.

Q: D’un côté vous décrivez des USA en perte démocratique, mais avec de puissantes firmes et une énorme capacité technologique ; de l’autre une Europe parcellisée et faible sur les télécoms, le numérique, etc. Quel serait le juste milieu?

PRD: Le retour à la démocratie aux USA implique un démantèlement des plus gros conglomérats américains. Voyez le dossier des « Superstars » dans « The Economist » montrant que le profit de ces géants économiques est de 40% supérieur aux USA par rapport aux profits realisés à l’extérieur. C’est la démonstration d’une situation de rente. C’est la même chose dans l’industrie pharmaceutique. Mais, il faut procéder à une analyse au cas par cas : lorsqu’il y a un besoins d’économie d’échelle, il faut regrouper des opérateurs ; lorsqu’il y a manque de concurrence, il faut découper.

Q: Opérateurs publics ou privés?

PRD: Là non plus pas de réponse standard. L’actionnariat public est valable pour autant que l’État soit capable d’une éthique politique forte, ce qui n’est pas toujours le cas. Ainsi si l’on ne peut réguler un monopole, il faut le nationaliser.

Q: Qui, en Europe, est capable d’incarner et de porter un tel projet? D’où viendra une telle prise de position?

PRD: Logiquement, ce devrait être la Commission. Pour cela, je préconise que son Président soit élu au terme d’une campagne électorale comparable à celle qui élit le Président des USA. D’ici là, un Juncker vaut mieux que deux Barroso! Ensuite, il faudrait réduire la Commission de moitié et que sa composition soit définie par le seul Président et soumise au Parlement européen.