Merci Patron! à l’affiche

Merci Patron! sort sur les écrans belges ce 11 mai.
Et donc dans les salles de nos amis et partenaires des Grignoux, et ce dans le cadre du cycle “La lutte sociale n’est pas morte”.

Séances à Liège: http://grignoux.be/films/4192-merci-patron
Séances à Namur: http://lecameo.be/films/4192-merci-patron

Sur le film

Après avoir fondé Fakir, un journal satirique du Nord de tendance libertaire, François Ruffin se lance dans le cinéma avec un documentaire pugnace à la Michael Moore. Tout comme ce dernier s’en prenait, dans Roger et moi (1989), au PDG de General Motors qui avait mis toute la ville de Flint au chômage, Ruffin s’attaque sur le mode de la dérision à Bernard Arnault, directeur de LVMH, coupable selon lui d’avoir participé au démantèlement du tissu industriel du nord de la France en fermant et délocalisant des usines textiles.

Dans le cas présent, Arnault a déplacé en Pologne l’usine Kenzo de Poix-du-Nord. Ruffin rend visite à divers chômeurs victimes de cette fermeture, jusqu’au jour où il rencontre la famille Klur, à deux doigts de l’expulsion à cause d’une dette d’assurance qu’elle ne peut pas payer. Ruffin, qui n’a peur de rien, conçoit alors avec cette famille un stratagème pour extorquer la somme à Arnault (une goutte d’eau pour la deuxième fortune de France).

Au-delà du résultat, de la revanche de classe, le ton véritablement farcesque du documentaire le distingue du tout-venant des films sociopolitiques. Il y a un vrai sens de la mise en scène dans les tractations du couple Klur avec un émissaire d’Arnault.

À côté de la réflexion sociale réelle, irréfutable, juste, le documentaire Merci patron! a une dimension jouissive en détaillant sur un mode humoristique la victoire inespérée du pot de terre contre le pot de fer. Les dialogues en caméra cachée ont une truculence digne de Molière. D’ailleurs, on verrait très bien cet épisode sous forme de pièce de théâtre. On espère avoir trouvé la relève politico-satirique de Pierre Carles, qui jouait jadis le poil à gratter des puissants.

Les +
Portrait de François Ruffin (francetvinfo)
Interview de François Ruffin (RTBF)
Chronique du film par Frédéric Lordon (Le Monde Diplomatique)