Izquierda Unida face aux prochaines élections en Espagne

Devant l’impossibilité manifeste que les partis politiques arrivent à un accord pour pouvoir former un gouvernement stable en Espagne, s’ouvre une nouvelle période électorale qui aboutira à de nouvelles élections. Cette situation s’explique principalement par le refus du PSOE de former un gouvernement progressiste avec les partis situés à sa gauche, ainsi que par la conviction du PP, depuis la publication des résultats des élections, que de nouvelles élections leurs octroieraient de meilleurs résultats.

Izquierda Unida (Gauche Unie), force politique de gauche formée de groupes et de partis politiques (entre autres le PCE – parti communiste espagnol), s’est présenté aux élections sous le nom de « Izquierda Unida – Unidad Popular ». Les résultats ne furent pas ceux attendus. L’apparition d’une nouvelle force politique qui a su regrouper à la fois des anciens électeurs de IU et des groupes issus du 15M (mouvement des « Indignés »), ainsi que certaines personnes pas nécessairement de gauche déçues du bipartisme, à laquelle s’ajoute des problèmes internes à l’organisation, à provoqué de la confusion et un certain découragement au sein de IU.

Néanmoins, il est nécessaire de dire que le système électoral injuste en place en Espagne a à nouveau puni de façon exagérée la formation progressiste.

Comparaison entre le pourcentage de voies et le nombre de sièges obtenus au Congreso de los Diputados:

scores parlement espagnolIzquierda Unida à décidé, après consultation interne de ses affiliés, de dire non à une coalition avec les émergents de Podemos, devant « l’offre » que le mouvement avait présenté. En effet, celle-ci a été considérée injuste et peu respectueuse de l’histoire et de la force politique que l’organisation de gauche représente. C’est le secrétaire général de IU, Alberto Garzon, qui a mené ce processus.

Que représente la perspective de nouvelles élections pour IU-Unidad Popular? Le parti en général et en particulier Alberto Garzon mettront tout en œuvre pour que, suite à de nouvelles élections, il soit possible de former un gouvernement progressiste en Espagne. L’objectif est clair: obtenir des résultats tels que le PSOE doive nécessairement composer avec les forces de gauche.

Cette possibilité pourrait devenir une réalité si une coalition électorale entre Izquierda Unida-Unidad Popular, Podemos ainsi que d’autres groupes ayant déjà participé avec Podemos durant les élections précédentes, se présentaient ensemble lors du processus électoral qui aura lieu en juin. Plusieurs pétitions écrites ont déjà été lancées par des représentants de la culture, qui demandent un accord entre ces organisations.

Pour cela, il est nécessaire qu’à la fois IU et Podemos se souviennent des raisons de l’échec des précédentes négociations. Du côté de IU, concrètement, le PCE, et en particulier ses représentants historiques, doivent se montrer généreux dans ce processus sans pour autant renoncer à l’identité du parti marxiste ni à son nom électoral. Podemos doit de son côté limiter l’arrogance et le dédain avec lesquels il a traité IU et s’engager clairement pour arriver à des accords électoraux, sans laisser de côté sa « transversalité ».

Ce 10 mai, IU et Podemos ont signé un préaccord d’alliance pour les élections du 26 juin. Le début d’une nouvelle dynamique de gauche en Espagne?