Des milliards d’animaux vont souffrir

La législation fédérale nord américaine n’inclut pas, dans sa loi sur le bien-être animal, les oiseaux, les poissons, les rats et les souris, qui sont les espèces les plus utilisées en laboratoire.

AGRICULTURE
Prise de position
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Deux visions opposées des normes de protection

Si nous craignons que le Traité transatlantique remette en cause les droits sociaux, environnementaux et démocratiques des citoyens, qu’en est-il des animaux?

Le TTIP, en cherchant à supprimer les barrières commerciales entre l’UE et les États-Unis, tirera vers le bas les normes qui régulent les conditions de vie animale. La situation européenne actuelle en la matière n’est pas idéale mais au moins l’UE a inscrit le bien-être animal comme un de ses principes fondamentaux:

  • L’UE régule la protection des animaux de «la ferme à l’assiette» (élevage, transport et abattage),
  • L’UE interdit les hormones de croissance et est moins tolérante avec les aliments génétiquement modifiés et les antibiotiques.
  • L’UE interdit l’expérimentation animale pour les produits cosmétiques, ainsi que l’importation de produits qui ont été testés sur les animaux.
  • Enfin, la Directive 2010/63/EU appelle à remplacer, réduire et raffiner l’utilisation des animaux à des fins scientifiques.

De son côté, la législation fédérale nord américaine est beaucoup plus pauvre que la législation européenne: il existe une unique régulation fédérale qui inclut quelques aspects de protection lors de l’abattage, mais qui soutient, à l’exception de quelques États:

  • l’utilisation des produits transgéniques pour la consommation humaine et animale,
  • admet le clonage animal pour la consommation humaine,
  • accepte l’expérimentation animale pour les produits cosmétiques et d’hygiène,
  • n’inclut pas dans sa loi sur le bien-être animal les oiseaux, les poissons, les rats et les souris, qui sont les espèces les plus utilisées en laboratoire.

Le TTIP renforcera la marchandisation des êtres vivants.

Et sa législation en matière de transport d’animaux date de 1873!

Étant donné la position dominante des multinationales agroindustrielles au cours des négociations, tout semble indiquer que:

  • Dans le cas d’une convergence normative au sein du TTIP, celle-ci se fera en tirant vers le bas les politiques et régulations sur le bien-être animal en vigueur en Europe, vu qu’il est difficile d’imaginer que les Etats-Unis alignent les leurs sur les européennes.
  • En cas de TTIP sans convergence, nous assisterons à un dumping en matière de protection animale, au sein duquel les entreprises multinationales tenteront de baisser leurs coûts relatifs au bien-être animal, en déménageant leurs productions dans les endroits les moins contraignants.
  • Même si les produits fabriqués par l’Union Européenne respectent la législation européenne, les produits américains sans garantie d’une protection minime des droits des animaux entreront d’autant plus facilement dans les placards et les réfrigérateurs européens que l’UE estime que «les mesures sanitaires et phytosanitaires ne devront pas créer des barrières inutiles au commerce».

Bien au-delà, il ne fait aucun doute que le TTIP renforcera la marchandisation des êtres vivants. Le TTIP renforce l’usage de milliards d’animaux comme simples produits pour la consommation humaine (nourriture, vêtements, divertissement ou expérimentation).

Face à ce panorama édifiant, les personnes et organisations qui défendent le bien-être et le droit des animaux doivent agir en interpellant par e-mails et pétitions leurs responsables locaux, régionaux, nationaux et européens.