Ciel bas pour le CETA

Quoi qu’en disent les instances européennes dans toutes les langues, la semaine dernière a été rude pour le TTIP. L’issue du 13ème cycle de négociations où perçait le manque persistant de concessions côté états-unien, la France qui, par Matthias Fekl, François Hollande et Ségolène Royal, a répété son opposition au traité et bien évidemment le TTIPLeaks dévoilé par Greenpeace et dont les ondes de choc se poursuivent.

Le CETA n’est pas à la fête non plus et tant mieux. Après la résolution du parlement de Wallonie, le parlement néerlandais y a été de la sienne, demandant au gouvernement de ne pas se positionner sur l’application provisoire du traité sans l’avis des députés. A la veille de l’Ascension, l’accord avec le Canada baissait encore un peu plus dans l’estime des parlementaires. C’était au tour du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de voter une résolution contre le CETA.

L’émission Le Forum de la RTBF est revenu sur le vote wallon avec “En l’état, pas de CETA”. Fabienne Vande Meerssche recevait Pierre Magos, journaliste politique à la RTBF, Michel Cermak, chargé de recherche au CNCD 11.11.11, Frédéric Bouhon, chargé de cours à l’ULg, et André Antoine, président du parlement de Wallonie.

Du parlement à l’exécutif, le pas a été prestement franchi par Werner Faymann, le chancelier autrichien, premier chef d’un gouvernement européen à exprimer son refus du traité.

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Après Chrystia Freeland, la ministre canadienne du Commerce en tournée bruxelloise mi-avril, c’est Pierre Marc Johnson, négociateur en chef du Québec, qui a débarqué dans la capitale de l’Europe pour calmer les esprits. On a notamment pu l’entendre sur Matin Première. Avec des arguments parfois caricaturaux (l’accord ou le retour aux grottes), parfois fallacieux. Arguer que le Canada se distingue positivement de son encombrant voisin et du TTIP parce que l’accord reconnaît des appellations d’origine protégée auxquels répugnent les USA, c’est une chose. Préciser que 174 appellations sont concernées sur les 1.510 reconnues par l’UE est une autre chose, qui ne produit pas exactement le même effet. N’est-il pas?

Prompt à nous faire la leçon, nous n’aurons par contre pas eu le loisir d’entendre l’ancien Premier ministre québécois s’exprimer sur le rejet dans son propre pays de l’AECG, comme on le nomme plutôt là-bas. Ce rejet est pourtant bien réel, porté entre autres par le plus important organisme citoyen du pays qu’est le Conseil des Canadiens et sa dynamique présidente Maud Barlow.

La contestation s’est également manifestée, comme de juste 😉, dans les rangs syndicaux. Le Congrès du travail du Canada (CTC) et la Confédération européenne des syndicats (CES-ETUC) ont publié une déclaration commune sur 5 points qui doivent être changés. A défaut d’un texte amendé, les deux organisations représentatives font savoir qu’elles devront en appeler aux élus pour rejeter l’accord.

Enfin, last but not least, une étude conséquente a été publiée par l‘Association Internationale des Techniciens, Experts et Chercheurs. Elle analyse l’impact du CETA notamment sur les droits économiques, sociaux et environnementaux des populations. Une saine lecture de 50 pages qui achève de condamner ce traité.