CETA, une journée strasbourgeoise

Strasbourg, mercredi 15 février. Le jour est venu où les parlementaires européens doivent décider d’approuver ou de rejeter le CETA, accord commercial entre l’Union européenne et le Canada. Récit numérique d’une journée lyrique.

Les militants sont venus des quatre coins d’Europe pour redire leur vive opposition au traité, tels les membres d’Acampada València, organisme communautaire de Valence.

Un esprit sain dans un corps sain. La journée démarre par une marche dans les rues de la capitale alsacienne.

Les manifestants en rejoignent d’autres qui campent déjà devant le Parlement européen.

Un comité d’accueil restreint a été prévu.

Quelques «obstacles» se dressent aux abords du bâtiment du Parlement.

Née sous le signe du Zodiac, Greenpeace a des penchants aquatiques et n’y renonce pas. La preuve.

Un rappel salutaire pour les eurodéputés. Plus de 3 millions de citoyens européens ont signé une pétition condamnant les traités transatlantiques.

La séance plénière débute dans l’hémicycle et les prises de parole se succèdent. Une minute, pas davantage, pour chacun des 75 et quelque parlementaires à pouvoir s’exprimer. L’un de ceux-ci pris au hasard. 😉

Dans le hall du Parlement, des protestations s’élèvent encore et toujours.

Pour tuer le temps, Cecilia Malmström pense à révéler le genre de produits qu’exportent 3 villes suédoises vers le Canada. Une info de nature à convaincre jusqu’aux eurosceptiques des bienfaits du CETA pour les PME, assurément.

Fidèles à leur réputation, deux groupes d’Attac parviendront à s’introduire dans l’enceinte du Parlement juste avant que le vote n’intervienne. Et seront applaudis par des parlementaires.

Le résultat tombe, comme le couperet. Accord approuvé.

Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, réagit dans l’heure qui suit le vote.

Jean-Claude Juncker, Cecilia Malmström et la DG Commerce y sont allés de tweets tellement convenus qu’ils ne méritent pas la mention. La communication de la Commission européenne suffira.

A l’instar du Cefic (lobby de la chimie) ou de DrinkFoodEurope (lobby et multinationales de l’alimentaire) parmi d’autres, BusinessEurope, association patronale européenne, se félicite de l’issue.

Les nombreux médias pressent les eurodéputés de questions. Philippe Lamberts, co-président du groupe Verts/ALE, revient notamment sur le rôle regrettable qu’ont tenu les Socialistes & Démocrates alors qu’ils avaient la capacité d’inverser la décision finale.

Marie Arena, autre parlementaire belge opposée à l’accord de longue date, confie sa déception et ses espoirs.

Du côté des ONG et des représentants de la société civile, l’approbation du CETA ne constitue pas une surprise véritable. Le CNCD 11.11.11, fer de lance belge de la lutte contre les traités transatlantiques, reste offensif.

Stop Tafta, qui regroupe 80 associations françaises, ne se décourage pas plus.

Pour tous dont Friends of the Earth Europe ou Campact, le plan B est connu. Haro sur les ratifications par les parlements nationaux et régionaux.

Dans les rangs néerlandais, l’idée d’un référendum pour contrer le traité reste bien d’actualité.

Quant à Amélie Canonne, présidente de l’AITEC, elle pointe un fait qui mérite d’être souligné.

Justin Trudeau, Premier ministre canadien, ne pouvait évidemment manquer de saluer la décision du PE à qui il rendra visite ce jeudi.

Le Conseil des Canadiens, principal mouvement de la société civile au Canada, l’avait devancé. Clin d’œil à Michel Cermak du CNCD, toujours bien présent dans les rassemblements.

Le collectif TTIP Game Over prend congé de l’Alsace. ET si ses militants pacifiques sont prêts à laisser aussi la Lorraine, ils ne lâcheront pas le CETA!